Tout le monde est malheureux

Le Droit - - THÉÂTRE - CA­THE­RINE MORASSE cmo­rasse@le­droit.com

Du 17 oc­tobre au 17 no­vembre, le Théâtre de l’Île échap­pe­ra à la gri­saille sai­son­nière avec La Dé­prime, une pro­duc­tion com­mu­nau­taire drô­le­ment co­lo­rée.

Écrite en 1981, la pièce de De­nis Bou­chard, Ré­my Gi­rard, Ray­mond Le­gault et Ju­lie Vincent avait connu un énorme suc­cès po­pu­laire à sa créa­tion. La dis­tri­bu­tion avait alors pas­sé plus de trois ans à faire rire les pu­blics par­tout au Qué­bec.

Pour sa ver­sion ga­ti­noise, la met­teure en scène Sa­sha Do­mi­nique avait choi­si l’oeuvre par­mi trois op­tions. Ayant vu La Dé­prime lors de sa vague de suc­cès, c’est celle dont elle gar­dait la meilleure sa­veur. « J’adore la créa­tion de per­son­nages, ex­plique-t-elle. Chan­ger la voix, la fa­çon de se po­si­tion­ner, le rythme… et c’est ça, La Dé­prime. C’est le jack­pot ; la pa­no­plie de per­son­nages ! »

Qu’y a-t-il de dé­pri­mant dans La Dé­prime ? Pas grand-chose, convient Sa­sha Do­mi­nique. La co­mé­die tra­gi­co-lou­foque pro­pose les tranches de vie de quelque 51 per­son­nages qui dé­filent l’ins­tant d’une jour­née dans un ter­mi­nus d’au­to­bus. Une mo­saïque d’anec­dotes tan­tôt drôles, tan­tôt tou­chantes, qui pro­pose les por­traits d’au­tant de cu­rieux qui­dams qu’on pour­rait croi­ser dans n’im­porte quel lieu pu­blic.

Pour la ver­sion ga­ti­noise, les 51 per­son­nages ont été ré­duits à près de 40. Les rôles sont cam­pés par 10 co­mé­diens bé­né­voles, cer­tains avec peu ou pas d’ex­pé­rience, qui doivent chan­ger d’iden­ti­té et de cos­tume à plu­sieurs re­prises au fil de la pièce. Le tra­vail ayant com­men­cé en juillet, la troupe a eu près de quatre mois pour peau­fi­ner le tout, à rai­son de deux soirs se­maine et d’un sa­me­di sur deux.

VER­SION 2018-ISÉE

Sa­sha Do­mi­nique s’est amu­sée avec ce que le théâtre com­mu­nau­taire lui ap­por­tait. La pièce ori­gi­nale se dé­roule dans un contexte qué­bé­cois « pure laine », avec des per­son­nages tous blancs, tous fran­co­phones, ma­jo­ri­tai­re­ment mas­cu­lins. En 2018, le por­trait de so­cié­té pro­po­sé ne fonc­tionne plus. La vague d’au­di­tions lui a ap­por­té une dis­tri­bu­tion aus­si va­riée que la faune ga­ti­noise. Par­mi les co­mé­diens, on compte des gens d’ori­gine russe, al­le­mande, fran­çaise… Et cer­tains ac­cents et par­celles de textes ont été adap­tés en con­sé­quence. « C’est ça, main­te­nant, la so­cié­té ! s’en­thou­siasme la met­teure en scène. Pour­quoi ne pas prendre avan­tage de ça ? »

Autre adap­ta­tion, la pièce avait été écrite par des au­teurs qui fai­saient sou­vent le tra­jet Mon­tréal-Qué­bec en bus. Cette fois, le patch­work d’his­toires a été trans­po­sé à la Sta­tion cen­trale d’Ot­ta­wa, ques­tion de lui don­ner une sa­veur lo­cale. Il pa­raît même que des ac­cents fran­co-on­ta­riens flot­te­ront dans l’air de l’édi­fice (fic­tif) du 265 rue Ca­the­rine.

La dis­tri­bu­tion compte Kons­tan­tin Bai­ba­kov, Oli­ver Baus, Fa­bienne Breuil, Au­drée Bru­neau-Ber­thiaume, Ro­ger Labelle, Claude La­roche, Chan­tal Le­clerc, Luce Le­gres­ley, Ju­lie Lo­ck­man et Jean-Paul Tou­ri­gny.

— COUR­TOI­SIE

Sa­sha Do­mi­nique, met­teure en scène, et Ro­ger Labelle, co­mé­dien dans La Dé­prime.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.