L’AR­BI­TRAGE «PER­TURBE» AN­DER­SON

Le Droit - - LA UNE - SYL­VAIN ST-LAURENT sst­laurent@le­droit.com

TAM­PA — Craig An­der­son n’a pas ren­con­tré les jour­na­listes, après le match de jeu­di soir. Ça ne lui res­semble pas du tout.

« J’étais un peu per­tur­bé », re­con­naît-il, avec un sou­rire un peu gê­né.

Ça, on le sa­vait.

Le mot « per­tur­bé » est peut-être même un peu faible. Sur la glace, quand les Gol­den Knights de Ve­gas ont mar­qué leur cin­quième but, le vé­té­ran gar­dien des Sé­na­teurs d’Ot­ta­wa a ex­plo­sé de co­lère.

Il était convain­cu — comme une bonne par­tie de la foule — qu’on l’avait em­pê­ché de faire son tra­vail. Il s’at­ten­dait à ce que le but soit re­fu­sé pour cause d’obs­truc­tion contre le gar­dien.

Les of­fi­ciels ne l’en­ten­daient pas ain­si.

« Écou­tez... En fin de compte, ce but n’a rien chan­gé. C’était leur cin­quième but de la par­tie. Nous en avons mar­qué seule­ment trois », a-t-il rap­pe­lé.

« Nous avons quand même per­du un peu de mo­men­tum à la suite de cette dé­ci­sion cont­ro­ver­sée. C’est ça qui me dé­çoit le plus », a-t-il ajou­té.

La conver­sa­tion se dé­rou­lait dans un cou­loir du Ama­lie Are­na. Les Sé­na­teurs s’y sont en­traî­nés, ven­dre­di après-mi­di. Ils en­tre­prennent un voyage-éclair dans le­quel ils af­fron­te­ront les deux prin­ci­paux clubs de ho­ckey de la Flo­ride, ce week-end.

An­der­son se grat­tait tou­jours le crâne. Comme bien des gens, dans le monde du ho­ckey, il a du mal à suivre.

Il ne sait plus trop ce que consti­tue une in­frac­tion pour obs­truc­tion contre le gar­dien.

« J’ai bien re­gar­dé, sur vi­déo, la sé­quence qui mène au cin­quième but des Knights. On voit, clai­re­ment, que j’es­saie de contrô­ler la ron­delle. Je suis dans mon de­mi­cercle. Pour moi, tout ce­ci est clair. »

« D’autres per­sonnes ont pro­ba­ble­ment in­ter­pré­té cette vi­déo dif­fé­rem­ment. »

« Je peux com­prendre les gens, dans le monde du ho­ckey, qui ex­priment leur confu­sion quant à ce rè­gle­ment. Il ne me sert à rien de conti­nuer à pen­ser au but de jeu­di. Je ne peux plus rien chan­ger. Je veux juste que les choses soient plus claires. Où est tra­cée la ligne ? Peut-on m’ex­pli­quer, clai­re­ment, com­ment je dois faire mon tra­vail ? Tous les gar­diens se posent les mêmes ques­tions. »

CONGÉ

Craig An­der­son a ob­te­nu congé d’en­traî­ne­ment, ven­dre­di.

Les Sé­na­teurs ont fait ap­pel à un vi­sage connu pour le rem­pla­cer. L’an­cien gar­dien qué­bé­cois Ma­thieu Ga­ron, qui est âgé de 40 ans et qui vit en Flo­ride, s’est fait un plai­sir d’en­fi­ler ses jam­bières le temps d’un après-mi­di.

« J’étais content de le re­voir », a sou­ri Guy Bou­cher.

Les deux hommes ont tra­vaillé en­semble, dans l’or­ga­ni­sa­tion du Light­ning, du­rant la sai­son 2011-2012.

« Ma­thieu vit ici, main­te­nant. Il pro­fite du so­leil. Il est heu­reux. Il mène une belle vie avec sa fa­mille. Il mé­rite tout ce qui lui ar­rive », a en­chaî­né Bou­cher.

An­der­son risque d’un peu moins ap­pré­cier la Flo­ride. Il se­ra d’of­fice, sa­me­di soir, face à l’équipe qui pré­sente l’at­taque la plus dy­na­mique de toute la LNH.

Per­sonne n’a ou­blié ce qui s’est pas­sé di­manche der­nier, lors du der­nier choc entre les Sé­na­teurs et le Light­ning. Ça se pas­sait au Centre Ca­na­dian Tire. Le club vi­si­teur a éga­li­sé la marque dans la der­nière mi­nute de la troi­sième pé­riode avant de se pous­ser avec la vic­toire, en pro­lon­ga­tion.

« Un match comme les autres. Ce qui s’est pas­sé la se­maine der­nière est dé­jà ou­blié », as­sure An­der­son.

Mike McKen­na se­ra d’of­fice, di­manche soir, quand les Sé­na­teurs com­plè­te­ront leur court voyage en ren­dant vi­site aux Pan­thers de la Flo­ride.

— PA­TRICK WOODBURY, AR­CHIVES, LE DROIT

Craig An­der­son croit que le cin­quième but de Ve­gas au­rait dû être re­fu­sé.

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