Plus qu’un in­cen­die cri­mi­nel

Le Droit - - ACTUALITÉS - LOUIS-DE­NIS ÉBACHER lde­ba­cher@le­droit.com

Ra­va­gé par un in­cen­die cri­mi­nel dans la nuit du 24 au 25 oc­tobre der­nier, le 33, rue Fron­te­nac, dans le Vieux-Hull, avait dé­jà un pas­sé trouble bien avant le si­nistre. D’ailleurs, cette adresse est re­ve­nue sur le ta­pis, au pa­lais de jus­tice de Ga­ti­neau, au dé­but de la se­maine.

Dé­jà en jan­vier 2010, Le Droit rap­por­tait le cas trou­blant de cinq consom­ma­teurs de drogues in­jec­tables dé­cé­dés à la suite de sur­doses. Des consom­ma­teurs avaient même dé­non­cé leur four­nis­seur, qui avait ven­du de la mor­phine ar­ti­sa­nale et mor­telle.

Ri­chard La­fre­nière avait été re­con­nu cou­pable de tra­fic de drogue. Se­lon le re­por­tage du Droit, cinq toxi­co­manes ont tous pé­ri d’une sur­dose de mor­phine dans ce qui ser­vait alors de pi­que­rie, au centre-ville, entre 2007 et 2010.

2015-2018

Bien qu’on n’y rap­porte plus de sur­dose mor­telle, il semble que le 33, Fron­te­nac de­meure une adresse très bien connue des po­li­ciers de Ga­ti­neau.

C’est ce qui res­sort de la ré­cente en­quête pré­li­mi­naire de Jor­dy La­fond, un de ses ré­si­dents ar­rê­tés pour des voies de faits sur­ve­nus au cours des der­nières se­maines.

Son avo­cat, Me Ro­main Goyard, a bien pré­ci­sé que son client n’était pas ac­cu­sé d’in­cen­die cri­mi­nel.

D’ailleurs, la po­lice tente tou­jours de re­trou­ver le sus­pect.

Se­lon les in­for­ma­tions trans­mises au tri­bu­nal, M. La­fond s’est bat­tu avec une connais­sance, qui au­rait per­du l’usage de sa main gauche à la suite d’une grave al­ter­ca­tion. Le conflit, tour­nant au­tour de la garde d’un chien, a vi­ré à l’agres­sion à la ma­chette, au 33, Fron­te­nac. M. La­fond ré­cla­mait la pro­prié­té de l’ani­mal. La vic­time al­lé­guée s’est ré­fu­giée dans une épi­ce­rie de quar­tier pour faire le 9-1-1.

Quelques jours plus tard, le 33, Fron­te­nac a pris feu. L’ac­cu­sé et la vic­time se sont re­trou­vés sans lo­ge­ment, se­lon le po­li­cier qui a té­moi­gné pour la Cou­ronne, lors de l’en­quête pré­li­mi­naire.

Les deux se sont croi­sés à nou­veau au bar L’Ori­gi­nal, sur la rue Ed­dy, après l’in­cen­die de l’édi­fice à lo­ge­ments. Une ba­garre a écla­té et les deux ont été ex­pul­sés.

M. La­fond a sou­vent eu af­faire à la po­lice de Ga­ti­neau, de­puis 2016, sou­vent pour avoir été im­pli­qué dans des ba­garres avec des voi­sins.

En 2016, deux portes de la même adresse ont été souillées d’ex­cré­ments de chien.

Des ba­garres im­pli­quant le même in­di­vi­du ont surgi au re­fuge pour iti­né­rants Le Gîte Ami, ain­si qu’au 33, Fron­te­nac, en 2016, 2017, et 2018. Les po­li­ciers au­raient sou­vent été confron­tés à des oc­cu­pants hos­tiles et in­toxi­qués.

Au té­lé­phone, la porte-pa­role de la po­lice de Ga­ti­neau, l’agente An­drée East confirme que l’en­quête sur l’in­cen­die cri­mi­nel du 33, Fron­te­nac se pour­suit.

« Ce­pen­dant, pré­cise-t-elle, ce bra­sier n’est pas re­lié à la vague d’in­cen­dies cri­mi­nels sur­ve­nus dans le même quar­tier, les 19, 20 et 21 oc­tobre der­niers. »

— PA­TRICK WOODBURY, LE DROIT

Le 33, rue Fron­te­nac, a une longue his­toire.

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