Price en congé thé­ra­peu­tique

Le Droit - - SPORTS - RI­CHARD LAB­BÉ

BROS­SARD — Ca­rey Price a bien pris le temps de re­ti­rer son équi­pe­ment, ven­dre­di ma­tin à Bros­sard. En­suite, il s’est mis à par­ler à son co­équi­pier Ant­ti Nie­mi, à un gé­rant de l’équi­pe­ment, puis aux membres des mé­dias. Non, il n’a pas par­lé à un psy­cho­logue. En tout cas, pas dans le ves­tiaire.

Voi­ci donc où on en est dans le cas de Ca­rey Price : à se de­man­der si les séances quo­ti­diennes de re­mise en forme psy­cho­lo­gique avec un ex­pert ne se­raient pas une bonne idée. Ce­la fait suite à son jeu­di soir dif­fi­cile, contre les Sabres de Buf­fa­lo au Centre Bell. Un to­tal de six buts ac­cor­dés, dont ce­lui en pro­lon­ga­tion sur un tir d’en­vi­ron 40 pieds. Après le match, le gar­dien ve­dette a ad­mis que son pro­blème se si­tuait « en haut ».

Dans une ville lé­gè­re­ment folle de ho­ckey, ce fut bien as­sez pour que tous les ex­perts en psy­cho­lo­gie spor­tive, sou­dai­ne­ment très nom­breux, se ma­ni­festent en même temps sur les ré­seaux so­ciaux lors d’un ven­dre­di un peu long. Claude Ju­lien en a en­suite ra­jou­té, bien mal­gré lui, en ex­pli­quant que c’est Nie­mi, et non Price, qui al­lait faire face aux tirs des Gol­den Knights de Ve­gas, sa­me­di au Centre Bell.

« On veut lui don­ner la chance de re­prendre ses bonnes ha­bi­tudes », a te­nu à dire l’en­traî­neur-chef. « La chance de re­prendre sa confiance, sans qu’il res­sente la pres­sion de se re­prendre en se di­sant qu’il doit re­bon­dir. »

Que peut-on ajou­ter dans le cas du gar­dien de 31 ans, qui n’af­fiche plus sa forme de Vé­zi­na ? Peut-être que si la sai­son pre­nait fin au­jourd’hui, en ce mo­ment même, Price af­fi­che­rait son pire taux d’ef­fi­ca­ci­té (,892) de­puis que sa car­rière a com­men­cé ? Peut-être que sa moyenne ac­tuelle de 3,07 res­semble à sa moyenne de la sai­son der­nière (3,11), qui fut la pire de toute sa car­rière ?

Au­tant de chiffres, on en convien­dra, qui ne res­semblent guère aux chiffres d’un homme qui touche 15 mil­lions $ cette sai­son. Il s’agit du deuxième sa­laire en im­por­tance dans la LNH en 2018-2019, à éga­li­té avec ce­lui de Con­nor Mc­Da­vid, et tout juste der­rière ce­lui du plus riche, John Ta­vares, qui pos­sède 15,9 mil­lions de rai­sons de sou­rire chaque jour.

PAS DE PA­NIQUE

Mais bon. Ven­dre­di, c’est Price lui­même qui a par­lé de psy­cho­lo­gie, une fois de plus. « Je l’ai dit, je dois re­mettre de l’ordre dans ma tête. Je pense que le cô­té tech­nique de mon jeu est tou­jours au point... Mais je ne verse pas dans la pa­nique, et j’es­saie seule­ment de m’en sor­tir. Nous avons une très bonne équipe, qui va m’ai­der à sur­mon­ter tout ça. »

La di­rec­tion du Ca­na­dien a dé­jà par­lé de mé­na­ger son gar­dien ve­dette, ce qui tombe un peu mal avec le lourd contrat que l’on sait. Et puis, un sa­me­di soir au Centre Bell sans Ca­rey Price, ex­cep­tion faite des ab­sences pour cause de san­té, ce n’est pas ar­ri­vé si sou­vent de­puis qu’il s’est joint à l’équipe en 2007-2008. Mais nous y voi­ci.

« Il faut prendre une dé­ci­sion et on a cru que c’était la meilleure dé­ci­sion dans la si­tua­tion ac­tuelle », a ajou­té Ju­lien. « Ca­rey est un bon gar­dien, il va être bon en­core. Il y a une se­maine et de­mie, son taux d’ar­rêts était au-des­sus de ,920 et il était dans la bonne di­rec­tion, mais il a tré­bu­ché un peu. On va le re­mettre à point et il va re­ve­nir en force. »

En at­ten­dant, le prin­ci­pal in­té­res­sé va de­voir pas­ser un peu de temps sur le ta­bou­ret du ré­ser­viste, sa­me­di. Pour se re­trou­ver, et aus­si pour faire le mé­nage « en haut », comme il l’a dit lui-même. Un mé­nage qui au­ra un im­pact sur la suite des choses, as­su­ré­ment.

— PHO­TO LA PRESSE CA­NA­DIENNE, PAUL CHIAS­SON

Ca­rey Price a connu une soi­rée dif­fi­cile contre les Sabres, jeu­di, avec un to­tal de six buts ac­cor­dés, dont ce­lui de Ras­mus Ris­to­lai­nen en pro­lon­ga­tion sur un tir d’en­vi­ron 40 pieds.

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