Con­sul­ta­tion bâ­clée, tein­tée de vert

Le Droit - - ACTUALITÉS - BRIGITTE BRETON bbre­[email protected]­so­leil.com

Ces­sons de vé­hi­cu­ler que le gou­ver­ne­ment de Fran­çois Le­gault a peu de sou­ci pour l’en­vi­ron­ne­ment. Il en a tel­le­ment qu’il sug­gère la ré­duc­tion des ef­fets sur l’en­vi­ron­ne­ment et du gas­pillage dans les prin­cipes à ap­pli­quer dans le fu­tur en­ca­dre­ment des frais sco­laires dans les écoles pri­maires et se­con­daires. Du grand n’im­porte quoi!

Qui doit payer la note pour les or­di­na­teurs por­tables, les ta­blettes élec­tro­niques, les sor­ties aux mu­sées pen­dant les heures de classe, l’ad­mis­sion et la fré­quen­ta­tion d’un pro­gramme par­ti­cu­lier (sports, arts, langues), les ca­hiers d’exer­cices, les ar­ticles liés à la sé­cu­ri­té, les cours d’été pour les élèves en échec, la sur­veillance à l’heure du dî­ner, le trans­port sco­laire?

Le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion a lan­cé en dé­but de se­maine une con­sul­ta­tion en ligne afin de gui­der le mi­nistre Jean-Fran­çois Ro­berge. Ce­lui-ci veut fixer pour la pro­chaine ren­trée des ba­lises claires aux frais que doivent as­su­mer les pa­rents.

Dans le ques­tion­naire que la po­pu­la­tion peut rem­plir d’ici le 25 jan­vier, le mi­nis­tère évite d’uti­li­ser le mot gra­tui­té, pour­tant pré­sent dans la Loi sur l’ins­truc­tion pu­blique. Ça doit faire rin­gard en 2019 de par­ler de gra­tui­té de l’ins­truc­tion pu­blique ou de s’in­quié­ter, comme le Conseil su­pé­rieur de l’édu­ca­tion, que le sys­tème sco­laire qué­bé­cois soit de­ve­nu le plus in­éga­li­taire au Ca­na­da.

Le mi­nis­tère pré­fère par­ler d’ac­cès. Un ac­cès gra­tuit? Un ac­cès à 150 $ par an­née ou à 3000 $? Mys­tère.

Con­trai­re­ment aux bonnes pra­tiques ob­ser­vées pour me­ner une con­sul­ta­tion pu­blique en ligne, il n’y a pas pour celle-ci de mise en contexte. Quelques pa­ra­graphes seule­ment pour ex­pli­quer l’ob­jet de l’exer­cice. Pas de do­cu­men­ta­tion de qua­li­té, pas de rap­pel de ce que pré­voit la Loi sur l’ins­truc­tion pu­blique, pas de por­trait de l’évo­lu­tion de la fac­ture des frais sco­laires, pas de scé­na­rios en­vi­sa­gés pour évi­ter que d’autres pa­rents doivent avoir re­cours aux tri­bu­naux.

Le mi­nistre veut pré­sen­ter ra­pi­de­ment un pro­jet de loi et la con­sul­ta­tion est ma­ni­fes­te­ment réa­li­sée à la va-vite.

Le mi­nistre n’a pas non plus en­core dé­ci­dé si les ré­sul­tats se­ront pu­blics ou non.

À ses ques­tions, Qué­bec de­mande de dé­ter­mi­ner les deux prin­cipes qu’il de­vrait ap­pli­quer en prio­ri­té. Les choix de ré­ponses sont tou­jours les mêmes. Qu’im­porte la ques­tion. • Tous les élèves doivent y avoir

ac­cès. • La dé­ci­sion doit se prendre à l’échelle de l’école. • On doit ré­duire les ef­fets sur l’en­vi­ron­ne­ment et évi­ter le gas­pillage.

• Le coût doit être le moins éle­vé pos­sible et cor­res­pondre aux frais réels. • L’ap­pli­ca­tion doit être la même

dans toutes les écoles pu­bliques. • Ce ser­vice ou ce bien pour­rait oc­ca­sion­ner cer­tains frais. • Une opé­ra­tion ad­mi­nis­tra­tive ne de­vrait pas oc­ca­sion­ner de frais. • Je ne sais pas. Autre prin­cipe?

Pré­ci­sez.

Heu­reu­se­ment, les par­ti­ci­pants à la con­sul­ta­tion peuvent à la fin de l’exer­cice for­mu­ler des re­com­man­da­tions.

Des gens «ben or­di­naires» et de la classe moyenne in­di­que­ront peu­têtre au gou­ver­ne­ment ca­quiste qu’ils ai­me­raient ça eux aus­si que leurs en­fants aient ac­cès à des pro­grammes in­té­res­sants et dy­na­miques, aux sor­ties cultu­relles, aux classes vertes, aux plus ré­centes tech­no­lo­gies et aus­si, aux études su­pé­rieures.

L’en­jeu est très large et com­plexe, convient le ca­bi­net du mi­nistre Ro­berge. Ce­lui-ci a vou­lu prendre le pouls de la po­pu­la­tion.

L’in­ten­tion est certes bonne, mais la ma­nière de pro­cé­der et la mé­tho­do­lo­gie uti­li­sée n’im­pres­sionnent pas Louis Si­mard. Pro­fes­seur à l’École d’études po­li­tiques de l’Uni­ver­si­té d’Ot­ta­wa spé­cia­li­sé dans les

ques­tions de par­ti­ci­pa­tion pu­blique, co­au­teur de The Pro­fes­sio­na­li­za­tion of Pu­blic Par­ti­ci­pa­tion et père d’en­fants d’âge sco­laire, M. Si­mard a ré­pon­du au ques­tion­naire.

S’il avait à éva­luer le mi­nis­tère pour cette con­sul­ta­tion, la note ne se­rait pas près éle­vée.

Si le gou­ver­ne­ment compte réel­le­ment sur la par­ti­ci­pa­tion du pu­blic pour dé­ga­ger un consen­sus so­cial, pour dé­fi­nir des pro­jets de loi ou des po­li­tiques pu­bliques, il de­vra me­ner ses consul­ta­tions plus sé­rieu­se­ment.

— PHOTOTHÈQUE LE SOLEIL

Le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion a lan­cé en dé­but de se­maine une con­sul­ta­tion en ligne afin de gui­der le mi­nistre Jean-Fran­çois Ro­berge. Ce­lui-ci veut fixer pour la pro­chaine ren­trée des ba­lises claires aux frais que doivent as­su­mer les pa­rents.

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