Des en­sei­gnants ini­tiés à la pé­da­go­gie en plein air

Le Droit - - ACTUALITÉS - BE­NOIT SABOURIN bsa­bou­[email protected]­droit.com Correspond­ant ré­gio­nal

Un groupe com­po­sé de 20 en­sei­gnants ve­nant des quatre coins de l’Ou­taouais a mis les voiles vers le do­maine Ke­nauk Na­ture, ven­dre­di après-mi­di, dans le but de vivre une « ex­pé­rience plein air » de trois jours qui leur per­met­tra, es­père l’or­ga­nisme Loi­sir Sport Ou­taouais (LSO), d’in­té­grer la na­ture à leur tra­vail quo­ti­dien de pé­da­gogue.

Le Camp des profs, pro­jet pi­lote lan­cé par LSO et fi­nan­cé par le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion et de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur, per­met­tra aux en­sei­gnants en ques­tion de se fa­mi­lia­ri­ser avec les bien­faits de l’édu­ca­tion dans un contexte ex­té­rieur et na­tu­rel.

« L’ob­jec­tif est de trou­ver une fa­çon de sti­mu­ler l’in­té­rêt des en­sei­gnants à se ser­vir plus sou­vent de la na­ture et des ac­ti­vi­tés de plein air comme ou­tils pé­da­go­giques. On veut com­battre le fa­meux ‘‘dé­fi­cit na­ture’’ chez nos jeunes et faire naître la flamme chez le pro­fes­seur. On peut lit­té­ra­le­ment tout en­sei­gner de­hors et c’est prou­vé que le plein air a un ef­fet bé­né­fique réel sur l’ap­pren­tis­sage et la concen­tra­tion de l’élève, mais aus­si pour l’en­sei­gnant. On peut aus­si se ser­vir de l’en­vi­ron­ne­ment ex­té­rieur, par exemple du pa­tri­moine na­tu­rel, pour l’in­té­grer au conte­nu de ce qui est en­sei­gné », ex­plique Charles Antoine Rioux, char­gé de pro­jet plein-air pour Loi­sir Sport Ou­taouais.

Les can­di­dats de cette pre­mière cu­vée du Camp des profs sont des en­sei­gnants qui ont peu ou pas d’ex­pé­rience avec le fait d’of­frir des cours en plein air.

Ils ont été sé­lec­tion­nés à tra­vers les quatre com­mis­sions sco­laires de l’Ou­taouais et pour­ront pro­fi­ter du tout nou­veau site per­ma­nent de for­ma­tion en plein air de Ke­nauk Na­ture, cette vaste ré­serve na­tu­relle pri­vée lo­ca­li­sée à un jet de pierres de Mon­te­bel­lo, dans la Pe­tite-Na­tion.

« On part vrai­ment de la base. On in­tègre une for­ma­tion re­con­nue qui cible spé­ci­fi­que­ment le lea­der­ship en plein air et l’en­ca­dre­ment de groupe. On veut faire tom­ber les peurs et les freins chez les pro­fes­seurs qui n’ont ja­mais vou­lu en­sei­gner de­hors », pré­cise M. Rioux.

Au terme de l’ac­ti­vi­té et de la for­ma­tion, di­manche soir, les 20 en­sei­gnants

de­vraient avoir en poche un bre­vet d’ac­com­pa­gna­teur de Ran­do Qué­bec, la fé­dé­ra­tion qué­bé­coise de ran­don­née, de même qu’un bre­vet de lea­der ter­rain de ni­veau1 du Conseil ca­na­dien du plein air.

Ces re­con­nais­sances d’ac­quis per­met­tront à leurs dé­ten­teurs de dé­mon­trer à leur di­rec­tion d’école res­pec­tive qu’ils dé­tiennent les com­pé­tences pour ef­fec­tuer des sor­ties d’une jour­née sans nui­tée, avec leurs élèves.

Comme il s’agit d’un pro­jet pi­lote, LSO fe­ra un bi­lan de l’ac­ti­vi­té afin d’éva­luer si celle-ci peut de­ve­nir an­nuelle.

« On va me­su­rer avant et après l’ex­pé­rience leurs sen­ti­ments de com­pé­tences per­son­nelles en lien avec le fait de gé­rer une classe à l’ex­té­rieur. On va éva­luer, après un an, s’ils sont al­lés jouer plus sou­vent de­hors avec leurs élèves. Si les ré­sul­tats sont concluants, on va ten­ter d’ini­tier 20 nou­veaux pro­fes­seurs chaque an­née », note M. Rioux.

Qué­bec a ac­cor­dé une en­ve­loppe d’en­vi­ron 30 000 $ pour la mise sur pied de cette pre­mière mou­ture.

« L’ob­jec­tif est (...) de sti­mu­ler l’in­té­rêt des en­sei­gnants à se ser­vir (...) des ac­ti­vi­tés de plein air comme ou­tils pé­da­go­giques. »

— Charles Antoine Rioux, Loi­sir Sport Ou­taouais

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