«Oui, j’ai eu peur»

Le Droit - - ACTUALITÉS - BE­NOIT SA­BOU­RIN bsa­bou­[email protected]­droit.com Cor­res­pon­dant ré­gio­nal

Même si la dé­faite laisse un goût amer chez Yves Des­trois­mai­sons, qui a chauf­fé le li­bé­ral Sté­phane Lauzon jus­qu’à la toute fin du dé­pouille­ment des votes, lun­di soir, le can­di­dat blo­quiste es­time que la deuxième place qu’il a dé­cro­ché dans Ar­gen­teuil La Pe­tite-Na­tion re­pré­sente « une vic­toire mo­rale » pour son par­ti et pour lui-même.

« Mal­gré tout, je suis très content des ré­sul­tats. On a réus­si à faire une cam­pagne ex­cep­tion­nelle avec très peu de moyens. C’était Da­vid contre Go­liath. Nous n’avions pas une grosse ma­chine contrai­re­ment aux Li­bé­raux. Pour moi, c’est une vic­toire mo­rale, et pour M. Lauzon, on ne peut pas dire qu’il a eu une vic­toire écla­tante quand on com­pare avec les 9000 votes d’avance qu’il avait ob­te­nu la der­nière fois ver­sus les 672 votes d’avance de cette fois », a dé­cla­ré M. Des­trois­mai­sons au Droit, mar­di ma­tin, au len­de­main d’une longue soi­rée mar­quée par une course ser­rée entre les deux ad­ver­saires.

Au fi­nal, le dé­pu­té sor­tant et can­di­dat li­bé­ral, Sté­phane Lauzon, a été dé­cla­ré vain­queur vers 1h du ma­tin, mar­di, lors du dé­compte des der­nières urnes de la cir­cons­crip­tion qui en comp­tait 249 au to­tal. M. Lauzon a ter­mi­né la course avec 37,8 % des voix contre 36,4 % pour Yves Des­trois­mai­sons.

La conser­va­trice Ma­rie Louis-Seize (12,1 %), la néo-dé­mo­crate Char­lotte Bou­cher-Smo­ley (7,5 %), la porte-cou­leurs du Par­ti vert du Ca­na­da Mar­jo­rie Va­li­quette (4,8 %), et le can­di­dat du Par­ti po­pu­laire du Ca­na­da, Sher­win Ed­wards (1,4 %), ont fer­mé la marche der­rière.

M. Des­trois­mai­sons a confir­mé mar­di qu’il ne de­man­de­ra pas de re­comp­tage puisque l’écart au ni­veau des ré­sul­tats est suf­fi­sam­ment im­por­tant.

Le score ré­col­té par son équipe laisse ce­pen­dant pré­sa­ger que « le Bloc qué­bé­cois est là pour res­ter », a sou­li­gné M. Des­trois­mai­sons dont le par­ti avait ter­mi­né troi­sième en 2015, dans le com­té.

« Ce que les gens me disent, c’est que nous avons réus­si à prou­ver que c’était pos­sible d’avoir du chan­ge­ment dans la cir­cons­crip­tion. On nous dit ‘‘à la pro­chaine fois’’. [...] Dans les pro­chains mois, avant la pro­chaine élec­tion, c’est clair qu’on va pré­pa­rer le ter­rain. Avant que j’ar­rive comme can­di­dat, il n’y avait pas eu de pré­pa­ra­tion, de mi­li­tan­tisme et de fi­nan­ce­ment qui avait été fait. Avec les ré­sul­tats ob­te­nus, on peut être en­cou­ra­gés pour la pro­chaine fois », a-t-il dit.

À ce su­jet, le blo­quiste ne ferme pas la porte à un re­tour comme can­di­dat lors du pro­chain scru­tin fé­dé­ral qui sur­vien­dra au mo­ment où le gou­ver­ne­ment mi­no­ri­taire de Jus­tin Tru­deau tom­be­ra. Il sou­haite ce­pen­dant at­tendre avant de se pro­non­cer de fa­çon dé­fi­ni­tive sur cette ques­tion.

« Si j’avais per­du par 5000 votes, je di­rais que je ne re­viens plus et que je ne m’im­pli­que­rai plus, mais compte te­nu de la si­tua­tion, je vais ré­flé­chir à ça pour voir si ce se­ra moi ou quel­qu’un d’autre la pro­chaine fois », a-t-il lais­sé en­tendre.

STÉ­PHANE LAUZON AVOUE AVOIR EU PEUR

Quelques ins­tants après avoir été dé­cla­ré ga­gnant, vers 1h, mar­di, Sté­phane Lauzon n’a pas ca­ché avoir eu des sueurs froides lors­qu’il s’est adres­sé aux jour­na­listes pré­sents à son ras­sem­ble­ment qui se te­nait au Cha­let en bois rond, à Mon­te­bel­lo. L’an­cien conseiller mu­ni­ci­pal à la Ville de Gatineau a par­lé d’une « vague blo­quiste » dans la po­pu­la­tion, par­ti­cu­liè­re­ment dans les Lau­ren­tides, pour ex­pli­quer les ré­sul­tats de sa for­ma­tion po­li­tique à l’échelle pro­vin­ciale.

« Oui, j’ai eu peur. Sa­vez-vous, de­puis à peu près trois se­maines que j’ai peur. De­puis trois se­maines qu’on vit l’an­goisse, qu’à tous les soirs on se pose la ques­tion ‘‘est-ce qu’on va être frap­pé par le Bloc, estce que le Bloc va ve­nir tou­cher la cou­ronne 450?’.’ Tous mes col­lègues des Lau­ren­tides ont été af­fec­tés. J’ai de la peine pour mes bons col­lègues. Je suis le seul sur­vi­vant des Lau­ren­tides et j’en suis fier. Je vais dé­fendre les Lau­ren­tides becs et ongles dans les pro­chains quatre ans », a-t-il lan­cé.

Même s’il sié­ge­ra cette fois dans un gou­ver­ne­ment mi­no­ri­taire, M. Lauzon a sou­te­nu qu’il al­lait tra­vailler dès au­jourd’hui sur les enjeux du com­té.

« J’ai deux usines qui viennent de fer­mer. J’ai Agro­pur (à La­chute) et j’ai l’usine de Thur­so (For­tress). Il faut in­ter­ve­nir im­mé­dia­te­ment avec ces gens-là. J’ai mis ma cam­pagne de cô­té pour ren­con­trer cer­taines per­sonnes pour in­fluen­cer la re­lance de ces usines. On a le ca­nal de Gren­ville, le dé­ploie­ment d’In­ter­net (haute vi­tesse), on a des mu­ni­ci­pa­li­tés qui sont à la file pour m’at­tendre avec de beaux pro­jets d’in­fra­struc­ture pour ré­in­ves­tir dans la com­mu­nau­té », a-t-il af­fir­mé.

À no­ter que 49 623 des 80 202 élec­teurs ins­crits dans Ar­gen­teuil La Pe­tite-Na­tion, soit 61,87 % de l’élec­to­rat, ont exer­cé leur droit dé­mo­cra­tique.

— BE­NOIS SA­BOU­RIN, LE DROIT

Le li­bé­ral Sté­phane Lauzon a dû at­tendre jus­qu’à la toute fin de la soi­rée élec­to­rale pour confir­mer sa vic­toire dans la cir­cons­crip­tion d’Ar­gen­teuil-La Pe­tite-Na­tion.

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