La Cou­ronne de­mande un mi­ni­mum de 50 ans

Le Droit - - ACTUALITÉS - STÉ­PHA­NIE MARIN

MON­TRÉAL — La Cou­ronne va de­man­der qu’Ugo Fredette purge de fa­çon consé­cu­tive les peines pour les deux meurtres qu’il a com­mis, et qu’il passe un mi­ni­mum de 50 ans der­rière les bar­reaux.

Sa­me­di der­nier, l’homme de 44 ans a été re­con­nu cou­pable par un ju­ry du meurtre au pre­mier de­gré de son ex-conjointe Vé­ro­nique Barbe et de ce­lui d’Yvon La­casse, tous deux tués le 14 sep­tembre 2017.

Pour un meurtre au pre­mier de­gré, la peine est au­to­ma­ti­que­ment la pri­son à vie, sans pos­si­bi­li­té de li­bé­ra­tion condi­tion­nelle avant 25 ans.

Mais dans le cas de Fredette, il y a eu deux meurtres. Un ar­ticle du Code cri­mi­nel per­met dé­sor­mais d’ad­di­tion­ner les deux pé­riodes d’in­ad­mis­si­bi­li­té de 25 ans dans les cas de meurtres mul­tiples — ce qui donne ici un to­tal de 50 ans — avant que Fredette n’ait le droit de de­man­der une li­bé­ra­tion condi­tion­nelle, a ex­pli­qué en en­tre­vue té­lé­pho­nique Me Steve Ba­ri­beau, le pro­cu­reur de la Cou­ronne qui a plai­dé cette af­faire.

Il a aus­si in­di­qué que l’avo­cat d’Ugo Fredette, Me Louis-Alexandre Mar­tin, conteste que les peines soient pur­gées de fa­çon consé­cu­tive, et qu’il va aus­si de­man­der à ce que la dis­po­si­tion du Code cri­mi­nel qui per­met ce cu­mul soit dé­cla­rée in­cons­ti­tu­tion­nelle.

Ces re­pré­sen­ta­tions ont été faites de­vant le tri­bu­nal mer­cre­di ma­tin.

Re­joint au té­lé­phone, Me Mar­tin n’a pas vou­lu com­men­ter, di­sant pré­fé­rer s’en te­nir à ses re­pré­sen­ta­tions faites de­vant la juge.

La Cour d’ap­pel doit dé­jà se pen­cher sur la va­li­di­té de cet ar­ticle du Code cri­mi­nel dans le dos­sier d’Alexandre Bis­son­nette, qui a abat­tu six hommes à la mos­quée de Qué­bec en jan­vier 2017.

Les proches des vic­times d’Ugo Fredette pour­ront se faire en­tendre les 12 et 13 no­vembre pro­chain de­vant la juge My­riam Lachance de la Cour su­pé­rieure, au pa­lais de jus­tice de Saint-Jé­rôme.

Ils pour­ront alors té­moi­gner des im­pacts de ces crimes sur leur vie.

Dans cette af­faire, la pour­suite avait plai­dé que Fredette a tué Vé­ro­nique Barbe de 17 coups de cou­teau parce qu’il n’ac­cep­tait pas que la femme de 41 ans le quitte.

L’ac­cu­sé a fait va­loir qu’il n’avait ja­mais eu l’in­ten­tion de tuer qui que ce soit ce jour-là et a plai­dé la dé­fense de pro­vo­ca­tion et donc l’ho­mi­cide in­vo­lon­taire.

Il avait at­teint son « point de rup­ture », après des gestes vio­lents de Vé­ro­nique Barbe à son égard, le jour où elle est morte, et alors qu’il en­cais­sait ses in­sultes et ses mé­di­sances de­puis un bon mo­ment, avait-il té­moi­gné.

Quant au meurtre d’Yvon La­casse, la pour­suite a mis de l’avant cette théo­rie : Fredette a pris la fuite avec un en­fant de six ans après le meurtre de Vé­ro­nique Barbe, à bord du ca­mion de son em­ployeur.

Puis­qu’il était trop fa­ci­le­ment re­pé­rable sur les routes du Qué­bec, il a tué le sep­tua­gé­naire pour lui vo­ler sa voi­ture et pour­suivre sa cavale plus dis­crè­te­ment.

Mais l’ac­cu­sé a plu­tôt ex­pli­qué avoir été dans un état de pa­nique après avoir vu son ex-conjointe en sang sur le plan­cher de la cui­sine.

Ar­rê­té à la halte rou­tière de La­chute pour faire ses be­soins, il a cru qu’Yvon La­casse ten­tait d’en­le­ver l’en­fant et l’a at­ta­qué pour pro­té­ger le bam­bin.

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