Trou­ver le match par­fait

Le Droit - - AFFAIRES - ISA­BELLE HOUDE [email protected]­so­leil.com

Il y a plu­sieurs matchs par­faits dans la jeune his­toire de Hyuman. D’abord, ce­lui des deux fon­da­teurs, qui ont trou­vé une mis­sion com­mune un peu par ha­sard. Puis, ce­lui d’un ma­riage utile avec le Sa­lon Car­rière For­ma­tion de Qué­bec. Pour une en­tre­prise qui vise à de­ve­nir le «Tin­der de l’em­ploi», l’art de bien s’as­so­cier semble cou­ler de source.

Les cher­cheurs d’em­plois qui se ren­dront ven­dre­di et sa­me­di au Sa­lon Car­rière For­ma­tion de Qué­bec (SCFQ) au­ront le pri­vi­lège d’es­sayer Hyu­meet, la toute nou­velle créa­tion de Hyuman, une jeune pousse de Qué­bec. La com­pa­rai­son avec l’ap­pli­ca­tion de ren­contre amou­reuse Tin­der n’est pas ano­dine. Si la na­ture des ren­contres est pu­re­ment pro­fes­sion­nelle, le prin­cipe der­rière les as­so­cia­tions entre en­tre­prises et cher­cheurs d’em­plois sort du par­cours ha­bi­tuel d’em­bauche. «On in­verse le pro­ces­sus», lance An­to­nio Ale­man, co­fon­da­teur et pré­sident de Hyuman.

L’idée est celle-ci : les en­tre­prises se créent un pro­fil, où elles dé­taillent leurs va­leurs, leur vi­sion, et la per­son­na­li­té re­cher­chée pour un em­ploi à com­bler, se­lon dif­fé­rents cri­tères. Les cher­cheurs d’em­plois se créent aus­si un pro­fil, où ils parlent des mêmes choses : leurs va­leurs, leur per­son­na­li­té, leurs be­soins, leurs mo­ti­va­tions. L’ap­pli­ca­tion s’oc­cupe de faire le ma­riage entre les deux, de fa­çon ano­nyme. Après, quand ils ob­tiennent des

matchs, em­ployeurs et cher­cheurs d’em­plois peuvent se con­tac­ter et en­tre­prendre un pro­ces­sus plus for­mel d’em­bauche.

«C’est du re­cru­te­ment à par­tir de l’hu­main, de l’in­di­vi­du der­rière le CV», ex­plique An­to­nio Ale­man.

Le jeune di­plô­mé de l’Uni­ver­si­té La­val en tech­no­lo­gies de l’in­for­ma­tion a été mo­ti­vé dans la créa­tion de l’en­tre­prise par le vé­cu de ses pa­rents im­mi­grants, qui ont eu bien des dif­fi­cul­tés à faire re­con­naître leurs com­pé­tences une fois ar­ri­vés au pays. Et il a trou­vé une as­so­ciée idéale en la per­sonne de Line La­croix, la mère de sa conjointe. L’autre co­fon­da­trice de Hyuman a connu son propre par­cours du com­bat­tant quand elle a dû se ré­orien­ter après une longue car­rière au­près du même em­ployeur. «On a vrai­ment trou­vé une mis­sion com­mune», ex­plique-t-elle.

Tous deux croient beau­coup à l’ano­ny­mat en dé­but de pro­ces­sus, qui per­met­tra se­lon eux d’abattre cer­taines bar­rières dans le pro­ces­sus d’em­bauche, no­tam­ment en ce qui a trait à l’ori­gine eth­nique et à l’âge.

Avec trois autres as­so­ciés et deux em­ployés, le duo planche sur l’ap­pli­ca­tion Hyu­meet de­puis près de deux ans. Ils ont pu comp­ter sur une aide de 50 000 $ de la Ville de Qué­bec via son ap­pel de pro­jet Qué­bec, ville en­tre­pre­neu­riale.

JOUR J

Main­te­nant, c’est le jour J pour l’ap­pli­ca­tion. Le Sa­lon Car­rière For­ma­tion se­ra un ter­reau idéal pour tes­ter son ef­fi­ca­ci­té. Les em­ployeurs pré­sents au Sa­lon ont tous pu s’ins­crire gra­tui­te­ment sur l’ap­pli­ca­tion, et les vi­si­teurs à la re­cherche d’un em­ploi pour­ront le faire aus­si. S’ils ob­tiennent des matchs avec des en­tre­prises sur place, ils pour­ront pro­fi­ter d’une zone de ren­contre dé­diée près du kiosque de Hyuman. «Nous avons aus­si une zone d’aide à l’em­ploi où ils pour­ront s’y pré­pa­rer», note Ca­ro­line Pot­vin, di­rec­trice gé­né­rale du SCFQ.

Pour elle, l’as­so­cia­tion avec Hyuman était toute na­tu­relle. En contexte de pé­nu­rie de maind’oeuvre, la re­cherche d’em­ploi de­vient un vo­let de plus en plus im­por­tant du sa­lon, mais ce n’est pas tou­jours fa­cile pour les deux par­ties de se trou­ver ef­fi­ca­ce­ment. «Les en­tre­pre­neurs me disent que c’est plus fa­cile de trou­ver quel­qu’un qui par­tage la phi­lo­so­phie de l’en­tre­prise et de le for­mer dans les com­pé­tences qu’il ne pos­sède pas, que d’es­sayer d’in­té­grer quel­qu’un de com­pé­tent qui ne pos­sède pas les mêmes va­leurs», sou­tient-elle.

C’est exac­te­ment le but de Hyuman. Après ce pre­mier test au SCFQ, l’en­tre­prise en­tre­pren­dra le lan­ce­ment of­fi­ciel de l’ap­pli­ca­tion. Elle tra­vaille aus­si avec des agences comme Qué­bec In­ter­na­tio­nal pour pou­voir étendre le re­cru­te­ment à l’étran­ger, avec les mêmes prin­cipes.

— YAN DOU­BLET, LE SO­LEIL

Line La­croix et An­to­nio Ale­man, co­fon­da­teurs de Hyuman, ont éta­bli un par­te­na­riat avec Ca­ro­line Pot­vin (au centre), di­rec­trice gé­né­rale du Sa­lon Car­rière For­ma­tion de Qué­bec, pour tes­ter leur ap­pli­ca­tion Hyu­meet, une nou­velle ap­proche dans la re­cherche d’em­ploi.

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