Ro­berge veut moins de pro­grammes sé­lec­tifs

Le Droit - - ACTUALITÉS - STÉ­PHA­NIE MA­RIN

MON­TRÉAL — Le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Jean-Fran­çois Ro­berge, ai­me­rait qu’il y ait moins de pro­grammes par­ti­cu­liers sé­lec­tifs dans les écoles pu­bliques, comme c’est le cas pour ceux axés sur les sports ou les sciences, et qui sont sou­vent as­sor­tis d’une fac­ture pour les pa­rents.

Il veut voir de plus en plus d’écoles pu­bliques avec des pro­grammes spé­ciaux — « des pro­fils, des pas­sions, des cou­leurs », dit-il — qui se­raient ou­verts à tous les élèves, peu im­porte le quar­tier où ils ha­bitent et peu im­porte leurs ré­sul­tats sco­laires en fran­çais.

« J’ai l’am­bi­tion qu’il y en ait moins dans les pro­chaines an­nées de ces pro­grammes sé­lec­tifs », a-t-il dé­cla­ré jeu­di en marge d’une confé­rence à la­quelle il par­ti­ci­pait avec le mi­nistre fran­çais de l’Édu­ca­tion, Jean-Mi­chel Blan­quer, or­ga­ni­sée par le Conseil des re­la­tions in­ter­na­tio­nales de Mon­tréal (CORIM).

Ces écoles qui offrent de tels pro­grammes s’ajoutent aux écoles pu­bliques qui n’offrent que des pro­grammes ré­gu­liers et aux écoles pri­vées sub­ven­tion­nées.

Des ex­perts ont dé­non­cé dans le pas­sé la créa­tion de ce sys­tème sco­laire « à trois vi­tesses ».

Le mi­nistre Ro­berge dit vou­loir of­frir un maxi­mum à tous les élèves.

Mais sur­tout, se­lon lui, il y a une autre fa­çon d’ac­cé­der à ce­la.

Il mise sur le dé­ploie­ment du pa­ra­sco­laire gra­tuit dans toutes les écoles pu­bliques se­con­daires : il parle de cinq heures par se­maine d’arts, de science, de sport et de toutes sortes d’ac­ti­vi­tés cultu­relles.

Cette ini­tia­tive a com­men­cé à être im­plan­tée cette an­née, et se fe­ra sur trois ans, dit-il.

« Je suis convain­cu que ça va être un vrai fac­teur d’in­clu­sion, a-t-il dé­cla­ré. Parce qu’on n’au­ra plus be­soin d’ins­crire nos jeunes dans un pro­gramme spé­ci­fique pour avoir un en­ri­chis­se­ment. »

Quant aux pro­grammes par­ti­cu­liers sé­lec­tifs, il a in­di­qué que son mi­nis­tère est en train de réa­li­ser un por­trait de la si­tua­tion, in­cluant un re­le­vé des frais fac­tu­rés aux pa­rents.

Ce­la se­ra ren­du pu­blic et se­ra très trans­pa­rent, a-t-il pro­mis.

Va-t-il di­mi­nuer le fi­nan­ce­ment de ces écoles pu­bliques of­frant des pro­grammes spé­ciaux qui en­voient mal­gré tout des fac­tures aux pa­rents ?

« Mon in­ten­tion n’est pas de m’at­ta­quer à ce qui marche, mais de ré­pa­rer ce qui ne marche pas », a-t-il ré­pon­du.

« Le ré­seau pu­blic non sé­lec­tif n’avait pas les moyens de se battre à armes égales, mais là on le fi­nance mieux, on ré­nove nos écoles, on in­ves­tit, on va amé­lio­rer aus­si gra­duel­le­ment les condi­tions d’em­plois de tous ceux qui sont dans nos écoles, c’est cer­tain, et on va dé­ployer notre ré­seau d’ac­ti­vi­tés pa­ra­sco­laires.

«On est convain­cus qu’au fil des an­nées, avec toutes ces ac­tions­là, le pu­blic va re­ve­nir dans le pu­blic non sé­lec­tif.»

Les pro­grammes par­ti­cu­liers sont des concen­tra­tions ou pro­fils, axés sur les sports, les arts ou les sciences par exemple, qui per­mettent aux élèves de consa­crer un plus grand nombre d’heures à ces dis­ci­plines que dans le cadre du pro­gramme ré­gu­lier. Ils re­quièrent sou­vent des exa­mens d’en­trée.

— ERICK LABBÉ, LE SO­LEIL

Jean-Fran­çois Ro­berge mise sur le dé­ploie­ment du pa­ra­sco­laire gra­tuit dans toutes les écoles pu­bliques se­con­daires : il parle de cinq heures par se­maine d’arts, de science, de sport et de toutes sortes d’ac­ti­vi­tés cultu­relles.

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