Sa­bry­na Mon­geon bien­tôt ma­man

Une chro­nique de De­nis Grat­ton

Le Droit - - LA UNE - DE­NIS GRAT­TON dgrat­[email protected]­droit.com

La Ga­ti­noise Sa­bry­na Mon­geon s’est cou­ra­geu­se­ment ac­cro­chée à la vie dans la nuit de Noël de 2017. Le 5 no­vembre pro­chain, elle don­ne­ra la vie. « Le mi­racle de Noël », comme l’ont sur­nom­mée les mé­de­cins, de­vien­dra ma­man d’un gar­çon.

« La date pré­vue était le 8 no­vembre, a dit sa mère, So­phie Ro­bert­son. Mais le 8 tombe la fin de se­maine (un ven­dre­di). Alors ils ont de­van­cé l’ac­cou­che­ment au (mar­di) 5 no­vembre afin que tous les mé­de­cins et les spé­cia­listes y soient pour Sa­bry­na, au cas où. Mais Sa­bry­na va bien. Ça “re­garde” bien », a-t-elle ajou­té d’un ton confiant.

Dans une en­tre­vue ex­clu­sive ac­cor­dée au Droit en sep­tembre 2018, neuf mois après son grave ac­ci­dent, Sa­bry­na Mon­geon a dé­voi­lé qu’elle avait ren­con­tré l’amour de sa vie à l’Ins­ti­tut de ré­adap­ta­tion Gin­gras-Lind­sayde-Mon­tréal, là où elle a ha­bi­té pen­dant quatre mois pour se ré­ta­blir et ap­prendre à maî­tri­ser ses pro­thèses de jambes et de bras.

Voi­ci ce qu’elle avait ré­pon­du à la ques­tion « où te vois-tu dans cinq ou dix ans Sa­bry­na ? » :

« J’ai hâte d’avoir un em­ploi. Je veux re­tour­ner aux études, j’ai vrai­ment le goût d’ap­prendre. Et je ne veux cer­tai­ne­ment pas res­ter à la mai­son à ne rien faire. J’ai hâte d’avoir ma pe­tite fa­mille, mes en­fants. »

« J’ai ren­con­tré quel­qu’un au centre de ré­adap­ta­tion il y a quatre mois, avait-elle pour­sui­vi. Il se nomme Jo­na­than (Pri­meau), il est membre des Forces ar­mées ca­na­diennes. Il était at­teint d’une rare ma­la­die au­to-im­mune et il avait per­du l’usage de ses jambes pen­dant six mois. On a com­men­cé à se par­ler, puis à se rap­pro­cher. Un soir, on s’est em­bras­sés. Et le len­de­main, il s’est re­mis à mar­cher ! De­puis ce temps-là, nous sommes tout le temps en­semble. Il est très présent, il m’aide beau­coup. Il fait une grosse dif­fé­rence dans ma vie. Plein de ques­tions me pas­saient par l’es­prit. Vais-je in­té­res­ser quel­qu’un un jour ? Est-ce que je pour­rai fon­der une fa­mille ? Jo­na­than a ré­pon­du à toutes mes ques­tions et à toutes mes in­quié­tudes. On parle de ma­riage, lui et moi, d’avoir des en­fants. C’est le grand amour, vrai­ment. »

La se­maine pro­chaine, les deux tour­te­reaux de­vien­dront pa­rents d’un gar­çon.

À sou­li­gner que Sa­bry­na a sui­vi des cours à la cli­nique Pa­rentP­lus du Centre Lu­cie-Bru­neau à Mon­tréal au cours des der­niers mois afin d’être en me­sure de prendre soin de son bé­bé. Ces cours sont dé­diés aux fu­turs pa­rents qui pré­sentent une dé­fi­cience mo­trice ou neu­ro­lo­gique.

L’AC­CI­DENT

Sa­bry­na Mon­geon, rap­pe­lonsle, a été am­pu­tée de ses bras et de ses jambes à la suite d’un ac­ci­dent sur­ve­nu dans la nuit de Noël, il y a un peu moins de deux ans. Lorsque la voi­ture qu’elle condui­sait sur un che­min si­nueux et en­nei­gé entre Lusk­ville et Ga­ti­neau a heur­té un po­teau d’Hy­dro Qué­bec, elle en est des­cen­due, elle a ac­ci­den­tel­le­ment po­sé le pied sur un fil d’élec­tri­ci­té tom­bé au sol et elle a été élec­tro­cu­tée. La fou­droyante dé­charge l’a pro­je­tée au sol, dans la neige et par un froid gla­cial, la lais­sant in­cons­ciente pen­dant ap­proxi­ma­ti­ve­ment quatre heures avant qu’un pas­sant l’aper­çoive et lui porte se­cours. Elle a été trans­por­tée d’ur­gence à l’Hô­pi­tal de Hull, puis im­mé­dia­te­ment trans­fé­rée au Centre hos­pi­ta­lier de l’Uni­ver­si­té de Mon­tréal (CHUM) où elle a été soi­gnée à l’uni­té des grands brû­lés pen­dant deux mois, su­bis­sant plus d’une di­zaine d’in­ter­ven­tions chi­rur­gi­cales.

Une cam­pagne de so­cio­fi­nan­ce­ment lan­cée quelques jours plus tard par sa soeur, Sa­man­tha Mon­geon, a per­mis d’amas­ser tout près de 200 000 $. Cette gé­né­ro­si­té de mil­liers de gens a per­mis à Sa­bry­na de s’ache­ter une mai­son adap­tée à ses be­soins et à sa condi­tion, à La­val, près de chez son père.

« C’est grâce à tous ces gens qui ont gé­né­reu­se­ment don­né si je me sens bien au­jourd’hui et si je suis heu­reuse, a-t-elle dit lorsque ren­con­trée en sep­tembre 2018. Leur amour et leur em­pa­thie ont fait toute une dif­fé­rence dans ma vie et ils peuvent en être fiers », a ajou­té la fu­ture ma­man au­jourd’hui âgée de 20 ans.

— PHO­TO TI­RÉE DE FA­CE­BOOK

Sa­bry­na Mon­geon, «le mi­racle de Noël», a ren­con­tré le grand amour à l’Ins­ti­tut de ré­adap­ta­tion Gin­gras-Lind­sayde-Mon­tréal. Son ami de coeur Jo­na­than Pri­meau et elle at­tendent un en­fant.

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