Le «dji­ha­diste de Ga­ti­neau» en Cour d’ap­pel

Le Droit - - ACTUALITÉS - LOUIS-DE­NIS ÉBACHER lde­ba­[email protected]­droit.com

Is­maël Ha­bib, cet in­di­vi­du ar­rê­té à Ga­ti­neau avant d’être re­con­nu cou­pable d’avoir ten­té de quit­ter le Ca­na­da pour joindre l’État is­la­mique (ÉI), ré­clame un nou­veau pro­cès. Ses avo­cates ont fait en­tendre leurs ar­gu­ments de­vant la Cour d’ap­pel, lun­di.

Me Ma­rie-Hé­lène Gi­roux et son col­lègue, Me Maxime Che­va­lier, contestent au­tant la dé­cla­ra­tion de la culpa­bi­li­té que la peine de neuf ans de pri­son ré­ser­vée à M. Ha­bib en 2017.

L’in­di­vi­du a d’abord fait la man­chette lorsque Le Droit a rap­por­té qu’il était ac­cu­sé dans une af­faire de vio­lence conju­gale à Ga­ti­neau. Les pre­mières al­lé­ga­tions de son al­lé­geance au groupe ter­ro­riste ont été confir­mées par son ex­con­jointe et des en­quê­teurs du Ser­vice de po­lice de la Ville de Ga­ti­neau.

Il fai­sait l’ob­jet d’une opé­ra­tion de type Mr. Big, dans la­quelle des agents se fai­saient pas­ser pour des sym­pa­thi­sants du groupe ar­mé prêts à al­ler com­battre en Sy­rie.

Se­lon Me Gi­roux, le jeune homme a été in­fluen­cé par des agents lors de cette opé­ra­tion. Il avait alors confié qu’il était prêt à mou­rir pour sa cause.

Is­maël Ha­bib a été re­con­nu cou­pable de vio­lence conju­gale le 26 sep­tembre 2017. Il a re­çu une peine de neuf mois de pri­son, au pa­lais de jus­tice de Ga­ti­neau.

Dans la même se­maine, Is­maël Ha­bib a re­çu sa sen­tence de neuf ans pour ter­ro­risme, au pa­lais de jus­tice de Mon­tréal.

Sa cause a été en­ten­due par trois juges de la Cour d’ap­pel, lun­di ma­tin.

Ses avo­cats contestent la culpa­bi­li­té sur les trois chefs re­te­nus par le tri­bu­nal de pre­mière ins­tance, soit d’avoir com­mis une in­frac­tion au pro­fit d’un groupe ter­ro­riste, d’avoir ten­té de quit­ter le Ca­na­da afin de par­ti­ci­per à une ac­ti­vi­té du groupe ar­mé État is­la­mique, et d’avoir fait une fausse dé­cla­ra­tion re­la­tive à un pas­seport.

Se­lon eux, le juge de pre­mière ins­tance au­rait dû dou­ter des aveux du sus­pect aux agents res­pon­sables de l’opé­ra­tion Mr.Big.

Si la dé­ci­sion sur la culpa­bi­li­té est re­te­nue, la sen­tence de­meure trop éle­vée, tou­jours se­lon les avo­cats du prin­ci­pal in­té­res­sé.

Les trois juges de la Cour d’ap­pel ont pris l’af­faire en dé­li­bé­ré.

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