Les Stars re­tombent sur leurs pattes

Le Droit - - LE CANADIEN - GUILLAUME LEFRANÇOIS La Presse

FRISCO — As­sis­ter à un en­traî­ne­ment des Stars de Dal­las est une ex­pé­rience plu­tôt unique. Jour­na­listes et em­ployés de l’équipe se mêlent dans une convi­via­li­té que l’on voit très peu ailleurs dans la Ligue na­tio­nale. Le fait qu’il n’y a qu’une de­mi-dou­zaine de re­por­ters contri­bue évi­dem­ment à dé­tendre l’at­mo­sphère.

En ce jeu­di ma­tin en­so­leillé, même le di­rec­teur gé­né­ral de l’équipe, Jim Nill, vient faire un tour. Il s’ex­cuse pra­ti­que­ment au nom de la ville de Dal­las pour le temps fris­quet qui nous at­tend. En fin de ma­ti­née, le mer­cure in­dique 6 °C.

« Nor­ma­le­ment, par ici, les en­fants passent l’Hal­lo­ween en short, nous lance-t-il. C’est vrai­ment froid au­jourd’hui !

— Ce n’est pas vrai­ment mieux chez nous. La ville est en ébul­li­tion parce que les au­to­ri­tés ont de­man­dé de re­por­ter l’Hal­lo­ween d’une jour­née ! »

La conver­sa­tion dé­vie vite sur ce qu’on ap­pelle le « ca­len­drier Jo­na­than Toews ». À la suite des do­léances de Toews, des col­lègues de The Ath­le­tic ont con­çu un ca­len­drier de la LNH en s’ins­pi­rant de ce qui se fait au ba­se­ball ma­jeur, avec des sé­ries de deux ou trois matches contre chaque équipe, afin de ré­duire le nombre de voyages.

« Ça ne chan­ge­rait presque rien pour nous, ça ré­dui­rait seule­ment notre dis­tance par­cou­rue de 2000 milles ! », sou­ligne Nill. (En fait, le nombre de milles par­cou­rus par les Stars pas­se­rait de 43 000 à 38 000, une baisse re­la­ti­ve­ment mi­neure.)

D’ailleurs, après l’en­traî­ne­ment, les Stars s’en­vo­laient pour le Co­lo­ra­do pour y af­fron­ter l’Ava­lanche ven­dre­di soir, pour en­suite re­ve­nir après le match et af­fron­ter le Ca­na­dien sa­me­di soir. On parle ici d’un vol de près de 2 heures, et il n’y a que 22 heures entre les deux matches.

« C’est ça, la di­vi­sion Cen­trale ! », dé­plore un em­ployé de l’équipe.

DÉ­PART FOU

Cette ques­tion des dé­pla­ce­ments et de la fa­tigue est cru­ciale, car elle est au coeur du mau­vais dé­but de sai­son des Stars.

Mau­vais, vous dites ? Le 19 oc­tobre der­nier, leur fiche in­di­quait 1-7-1 après neuf matches, une grave ano­ma­lie pour une équipe qui a at­teint le deuxième tour des sé­ries l’an der­nier.

Mais en re­gar­dant le ca­len­drier des Stars de plus près, on re­marque que les 11 pre­miers matches de la sai­son ont été joués en seule­ment… 18 jours !

« On a seule­ment eu un en­traî­ne­ment au cours des 18 pre­miers jours de la sai­son ! On était très fa­ti­gués avec le voya­ge­ment. On au­rait pu avoir un deuxième en­traî­ne­ment, mais on l’a an­nu­lé. Là, ça fait quatre en­traî­ne­ments der­niè­re­ment et ça s’en vient », fait va­loir Jim Mont­go­me­ry, l’en­traî­neur-chef des Stars.

Im­pos­sible de contre­dire Mont­go­me­ry sur ce der­nier point. Main­te­nant que son ca­len­drier est plus rai­son­nable, la for­ma­tion texane a rem­por­té quatre de ses cinq der­niers matches. Un ho­raire moins char­gé a per­mis à Mont­go­me­ry d’or­ga­ni­ser quelques en­traî­ne­ments, et donc d’ap­por­ter les cor­rec­tifs né­ces­saires.

« C’était frus­trant, a lan­cé le Qué­bé­cois en en­tre­vue in­di­vi­duelle en fran­çais après son point de presse. Tu veux ai­der les joueurs, mais tu n’as pas le temps de le faire. Au­jourd’hui, on a tra­vaillé sur des choses sur les­quelles on n’a pas eu le temps [de s’at­tar­der] jus­qu’ici, parce que ce sont des chan­ge­ments qui sont durs à ap­por­ter pen­dant les matches. »

Ré­sul­tat : les Stars sont dé­jà en mode rat­tra­page. Avant les ren­contres de jeu­di, ils se re­trou­vaient à quatre points d’une place en sé­ries, et ce, après avoir dis­pu­té plus de matches que la plu­part des autres équipes.

« On a le temps de se rat­tra­per parce qu’on est en­core en oc­tobre. Il nous reste 68 matches. On a du temps, mais on ne peut pas avoir un seg­ment de 10 matches avec cinq vic­toires et cinq dé­faites », pré­vient Mont­go­me­ry.

L’an der­nier, au 1er no­vembre, cinq équipes étaient à quatre points ou plus d’une place en sé­ries. De­troit, Los An­geles et la Flo­ride ont fi­ni par être ex­clus, tan­dis que Ve­gas et St. Louis étaient par­ve­nus à com­bler l’écart et à se qua­li­fier. Par contre, le ca­rac­tère ex­cep­tion­nel de la sai­son des Blues a été maintes fois dé­crit ; aus­si bien ne pas y voir un mo­dèle à suivre.

On a seule­ment eu un en­traî­ne­ment au cours des 18 pre­miers jours de la sai­son !

— Jim Mont­go­me­ry, l’en­traî­neur-chef des Stars

Il fau­dra tou­te­fois que les té­nors de l’équipe se mettent en marche. Le dé­fen­seur John Kling­berg (trois points en 14 matches, dif­fé­ren­tiel de - 10) est le cas le plus in­quié­tant. Mais Ja­mie Benn ne donne pas sa place non plus : un seul but, six pe­tits points en 14 matches, tout ça après une dé­ce­vante cam­pagne de 53 points la sai­son der­nière. Avec un contrat de 9,5 mil­lions par sai­son va­lide jus­qu’en 2025.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.