Ver­dict nul et émo­tions

Le Droit - - SPORTS - MAR­TIN COMTOIS mcom­[email protected]­droit.com

Jean-Yves Thé­riault a plei­ne­ment sa­vou­ré son re­tour dans le ring, l’ins­tant d’une soi­rée qu’il n’ou­blie­ra pas.

Le « Ice­man » a li­vré un ver­dict nul à son pro­té­gé Be­noit La­dou­ceur dans un com­bat d’ex­hi­bi­tion qui était fort at­ten­du, tard ven­dre­di soir, au Pa­lais des congrès. La der­nière sor­tie de la lé­gende du kick­boxing re­mon­tait au 1er dé­cembre 1995 au Co­li­sée de Ver­dun quand il avait dé­fait Mar­cus Reed.

Plus de 1500 per­sonnes ont as­sis­té à cet af­fron­te­ment entre Thé­riault, qui a été 23 fois cham­pions du monde, et La­dou­ceur, ac­tuel cham­pion du monde chez les ama­teurs. Une dif­fé­rence d’âge de deux dé­cen­nies sé­pa­rait les deux amis de­ve­nus ad­ver­saires du­rant les trois rounds.

« Ce fut vrai­ment un bon com­bat. Be­noit a une belle tech­nique. Il est propre. Il y a eu de bons échanges », a sou­li­gné Thé­riault, âgé de 64 ans. La bonne nou­velle ?

« Je ne me suis pas fait mal, lui non plus. »

L’ath­lète fran­co-on­ta­rien de­ve­nu pro­mo­teur et en­traî­neur a vite réa­li­sé que les an­nées loin de la com­pé­ti­tion l’ont rat­tra­pé.

« Il faut ac­cep­ter le pas­sage du temps. J’étais moins flexible, même si j’ai sur­pris en ef­fec­tuant un coup de pied à la hau­teur de la tête. Je ne me dé­place pas aus­si bien. Ma dé­fen­sive était très ser­rée. »

GÉ­NÉ­RO­SI­TÉ

Ce que le « Ice­man » re­tien­dra sur­tout de cette aven­ture qui a per­mis d’amas­ser plus de 20 000 $ pour la Fon­da­tion Fais-Un-Voeu ?

D’abord la gé­né­ro­si­té des gens. Mais aus­si les émo­tions fortes que les ama­teurs lui ont fait vivre.

Que ce soit avec l’ac­cueil ré­ser­vé quand il s’est poin­té sous la trame so­nore du film 2001 Space Odys­sey. La même mu­sique qui ré­son­nait lors­qu’il mar­chait vers le ring dans les an­nées 1980 et 1990 avant de ta­po­cher un ad­ver­saire.

« Les gens se sont le­vés et ap­plau­dis. C’est ce qu’on vou­lait. Nous vou­lions re­créer les émo­tions de l’époque », a-t-il avoué.

« Ce qui m’a plus vrai­ment, c’est qu’il y avait une belle at­mo­sphère dans la salle. J’ai vu plu­sieurs sou­rires. C’était comme de grandes re­trou­vailles. Il y a des gens que je n’avais pas vus de­puis mon der­nier com­bat. »

Un autre truc l’a ému. Ses deux filles Bri­gitte et Chan­tal l’ont ac­com­pa­gné dans sa marche vers le ring.

« C’était im­por­tant. Elles n’avaient ja­mais vé­cu mes an­nées de com­pé­ti­tions. Je ne les lais­sais pas ve­nir dans le temps à l’arène. Là, elles étaient même dans mon coin. Je pen­sais de leur of­frir une part de cette his­toire. Elles ont beau­coup ai­mé. »

Quant à La­dou­ceur, le Ga­ti­nois âgé de 41 ans a ado­ré af­fron­ter le « Ice­man », un ami de la fa­mille de­ve­nu son en­traî­neur.

« J’avais as­sis­té à son der­nier com­bat en car­rière en 1995 à Ver­dun. J’avais 16 ou 17 ans », a-til rap­pe­lé.

« Il n’y a pas de mots pour ex­pri­mer à quel point je suis ho­no­ré d’avoir af­fron­té ven­dre­di Jean-Yves. Il y a un pa­quet de gens qui au­rait ai­mé être à ma place. J’ai eu beau­coup de plai­sir. »

— MAR­TIN ROY, LE DROIT

Jean-Yves Thé­riault (droite), alias le «Ice­man», a li­vré un ver­dict nul face à son pro­té­gé Be­noit La­dou­ceur dans un com­bat d’ex­hi­bi­tion ven­dre­di soir.

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