Le cur­ling dans le sang

Le Droit - - LES PETITES ANNONCES - JO­NA­THAN HUDON jhu­[email protected]­quo­ti­dien.com

La pré­sence de Col­leen Jones au Foyer des loi­sirs d’Ar­vi­da pour le Cham­pion­nat ca­na­dien de cur­ling mixte ne passe pas in­aper­çue. Double cham­pionne du monde, sex­tuple cham­pionne ca­na­dienne au Tour­noi des Coeurs Scot­ties et une fois cham­pionne mon­diale se­nior, entre autres titres, la cur­leuse de la Nou­velle-Écosse conserve la même pas­sion en­vers un sport qui lui a fait vivre de grandes émo­tions.

À l’aube de la soixan­taine, Mme Jones passe la se­maine à Ar­vi­da dans le but clair d’ajou­ter un deuxième titre na­tio­nal en cur­ling mixte. Elle forme une équipe avec son fis Luke Saun­ders, en plus de Pe­ter et Lind­say Bur­gees, un duo oncle et nièce.

« On veut ga­gner », a lan­cé en riant Col­leen Jones, lun­di, lorsque ren­con­trée quelques mi­nutes après une vic­toire, la pre­mière dans le tour­noi, ac­quise dif­fi­ci­le­ment contre les Ter­ri­toires du Nord-Ouest au compte de 7-5 après neuf bouts. Les Néo-Écos­sais montrent main­te­nant une fiche d’une vic­toire en deux ren­contres.

« Ça se­rait in­croyable de l’em­por­ter et de se qua­li­fier pour les mon­diaux, a-t-elle ajou­té. Je sais qu’il y a plu­sieurs équipes qui veulent ga­gner, mais je n’ai pas peur de dire qu’on veut le titre. Avoir de grandes at­tentes et ne pas les com­bler peut ap­por­ter une grande dé­cep­tion, mais ça fait par­tie du sport. On n’est pas ve­nus ici pour ne pas perdre ! »

C’est donc cette soif de vic­toire qui gal­va­nise la mul­tiple cham­pionne, d’au­tant plus qu’elle ne se voit pas du tout à la re­traite, elle qui cu­mule plus de 30 ans d’ex­pé­rience à l’an­tenne de Ra­dio-Ca­na­da à titre de re­por­ter, no­tam­ment aux Jeux olym­piques d’hi­ver à PyeongC­hang, en 2018.

Jones était d’ailleurs à Chi­cou­ti­mi, en 1988, pour cou­vrir le Brier, cham­pion­nat na­tio­nal de cur­ling pré­sen­té au Centre Georges-Vé­zi­na.

« Je suis très heu­reuse d’être ici, d’abord parce que je vais bien­tôt avoir 60 ans (le 16 dé­cembre) et j’ai une nou­velle chance de me battre pour un titre na­tio­nal, a-t-elle par­ta­gé. Je suis ici avec mon fils Luke et notre équipe a une belle dy­na­mique fa­mi­liale. Je ché­ris le mo­ment, tout sim­ple­ment. »

Col­leen Jones n’a pu s’em­pê­cher de rire lorsque le jour­na­liste du Quo­ti­dien lui a de­man­dé pour­quoi elle conti­nuait de jouer, mal­gré un CV bien gar­ni.

« C’est dans mes os et c’est au plus pro­fond de mon âme », a-t-elle ré­pon­du. C’est dif­fi­cile de s’ar­rê­ter, parce que je sens que je peux en­core jouer. Sur­tout, j’aime ab­so­lu­ment me re­trou­ver sur les glaces. Tou­te­fois, après un match ser­ré comme ce­lui qu’on vient de jouer, je me dis par­fois que c’est as­sez ! Ça me per­met de de­meu­rer ac­tive et ça m’offre toute la mo­ti­va­tion né­ces­saire. Je pense que lorsque Dieu te donne un cer­tain ta­lent, tu l’uti­lises le plus long­temps pos­sible. Le fait de jouer avec mon fils me donne éga­le­ment de gros fris­sons et je ne me vois sur­tout pas re­gar­der Net­flix 24 heures par jour, sept jours par se­maine. Me pré­pa­rer pour un match et jouer me pro­cure en­core d’in­croyables pa­pillons, au­tant que lorsque j’avais 25 ans. »

Con­cer­nant l’his­toire de fa­mille qui lie la Nou­velle-Écosse, Col­leen Jones croit qu’elle peut, en com­pa­gnie de Pe­ter Bur­gess, of­frir un brin de sa­gesse aux plus jeunes joueurs que sont Luke Saun­ders, son fils, et Lind­sey Bur­gess, la nièce de M. Bur­gess.

« Je pense qu’on peut les ai­der à pro­gres­ser dans leur jeu et leur of­frir une pers­pec­tive dif­fé­rente, a fait va­loir Mme Jones. Pe­ter et moi avons pro­ba­ble­ment vé­cu tous les scé­na­rios et cir­cons­tances qu’il est pos­sible de voir, donc on peut agir à titre de men­tors du­rant une com­pé­ti­tion im­por­tante comme un cham­pion­nat ca­na­dien. »

Pour les in­té­res­sés, Col­leen Jones et la Nou­velle-Écosse jouent leur pro­chain match sur la glace du Foyer des loi­sirs, mar­di ma­tin, à 9 h 30, contre Terre-Neuve/ La­bra­dor.

JEANNOT LÉVESQUE — PHO­TO LE QUO­TI­DIEN,

Col­leen Jones n’a rien per­du de son amour pour le cur­ling après toutes ces an­nées.

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