Be­soin de ten­dresse

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L’ar­ri­vée des mé­di­ca­ments pour le trai­te­ment de la dys­fonc­tion érec­tile a ou­vert une nou­velle ère pour la vie sexuelle de la po­pu­la­tion vieillis­sante. Ce­pen­dant, il est per­ti­nent de sa­voir que les ver­tus des Via­gra et Cia­lis de ce monde ne fonc­tionnent qu’en pré­sence de sti­mu­la­tion sexuelle, la­quelle est par­fois dif­fi­cile à pro­vo­quer après plu­sieurs an­nées de vie com­mune ou pour d’autres rai­sons.

Le dé­sir, l’ex­ci­ta­tion et la sti­mu­la­tion sont des états dif­fé­rents et ils va­rient en fonc­tion de l’âge. Ce fai­sant, même si l’en­vie d’avoir une re­la­tion sexuelle est pré­sente, les per­cep­tions et les sen­sa­tions phy­siques qui y sont liées peuvent faire dé­faut. Chez l’homme, la sti­mu­la­tion se­ra plus longue pour que l’ex­ci­ta­tion en­traîne une bonne ré­ponse cor­po­relle. Chez la femme, la mé­no­pause au­ra de l’im­pact au ni­veau du dé­sir et de l’at­teinte de l’or­gasme. Heu­reu­se­ment, l’ex­pres­sion de la sexua­li­té ne se li­mite pas qu’au coït.

Plai­sir in­in­ter­rom­pu

Main­te­nant que vous êtes à la re­traite, les contrainte­s d’in­ti­mi­té et de temps sont dis­pa­rues et c’est tant mieux, car vous pou­vez en pro­fi­ter pour ai­gui­ser tous vos sens : « On a ten­dance à ima­gi­ner la sexua­li­té comme une per­for­mance phy­sique, mais en vieillis­sant, elle se trans­forme et prend di­verses formes. On peut prendre le temps de se re­gar­der, se tou­cher dou­ce­ment, créer des am­biances ol­fac­tives et vi­suelles, etc. », pro­pose France Du­bé, sexo­logue cli­ni­cienne et psy­cho­thé­ra­peute à Ga­ti­neau.

L’ex­pres­sion de soi

Même en étant seul on peut avoir une vie sexuelle : « On peut s’au­to­sti­mu­ler, prendre le temps de s’ar­ran­ger, s’ex­pri­mer dans sa fé­mi­ni­té et sa mas­cu­li­ni­té », af­firme France Du­bé. Et si ces pe­tites at­ten­tions me­naient à la ren­contre d’un nou­veau par­te­naire? Et pour­quoi pas! Veuve de­puis plu­sieurs an­nées, Ma­dame Le­febvre a fait la ren­contre d’un nou­veau conjoint à l’âge de 75 ans :

« Je dois avouer que j’ai en­core le goût de m’épa­nouir sexuel­le­ment, même si je suis bien consciente que je n’ai plus l’éner­gie de mes 20 ans ».

Certes, avec l’âge sortent les pe­tits et gros bo­bos, la mo­bi­li­té di­mi­nue et la prise de mé­di­ca­ments in­flue, mais le be­soin de ten­dresse et d’in­ti­mi­té ne changent pas. Il vient un temps où la sexua­li­té passe avant tout par des ma­ni­fes­ta­tions d’af­fec­tion et ce­la, vous sa­vez, est plu­tôt très agréable.

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