Paul à la mai­son

★★★ BD MI­CHEL RABAGLIATI

Le Droit - - ARTS VISUELS - ÉRIC MOREAULT

Ce neu­vième tome des pé­ri­pé­ties or­di­naires de l’al­ter ego de Mi­chel Rabagliati au­rait tout aus­si bien pu s’in­ti­tu­ler, si ça se pou­vait, Paul à

la dé­prime. Ça ne va pas bien pour le bé­déiste : sa femme est par­tie, sa fille Rose quitte le nid fa­mi­lial et veut s’en­vo­ler vers l’Angleterre, les bo­bos de la cin­quan­taine le tour­mentent et sa mère vit ses der­niers jours (as­sez se­rei­ne­ment). Al­bum du deuil, donc, ce­lui du pa­rent, mais aus­si d’un style de vie qui se désa­grège sous les yeux de l’an­ti­hé­ros. Ce qui per­met à Paul de pes­ter contre les sites de ren­contres où il ne trouve per­sonne, les zom­bies qui ont les yeux ri­vés sur leur té­lé­phone au dé­tri­ment de toute com­mu­ni­ca­tion en per­sonne, les désa­gré­ments du voi­si­nage… Pas de doute, notre homme a la ban­lieue triste. Rabagliati a le sens de l’ob­ser­va­tion tou­jours aus­si ai­gui­sé et uti­lise une belle mé­ta­phore avec le dé­clin de ce pom­mier qui suit le rythme des sai­sons. Paul à la mai­son se ré­vèle un al­bum cré­pus­cu­laire, avec une belle touche d’es­poir à la fin. Di­sons que ce n’est pas la lec­ture idéale en no­vembre...

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