BULLES DOUILLETTE­S À L’EU­RO­PÉENNE

UNE BOÎTE ET SES PRO­JETS

Le Droit - - DÉCORATION - JOSIANNE DESLOGES jdes­[email protected]­so­leil.com On peut consul­ter son site Web à l’adresse www.skea­de­si­gner.com

Ti­phaine Tho­mas a fait ses pre­mières armes au Louvre avant de se lan­cer en af­faires et de créer Skéa De­si­gner. La jeune Lyon­naise mène une car­rière des deux cô­tés de l’At­lan­tique, entre sa ville na­tale et Qué­bec, où elle s’est amé­na­gé un stu­dio au coeur du quar­tier Saint-Jean-Bap­tiste.

Elle crée des in­té­rieurs lé­gers, où des touches de cou­leurs, du mo­bi­lier mo­bile et des plantes vertes com­posent des bulles confor­tables et pim­pantes. Chaque pro­jet qu’elle pré­sente com­mence par un por­trait de ses clients, qu’elle a ap­pris à connaître pour concoc­ter des aires de vie et des dé­cors qui leur res­semblent.

On sent qu’elle a trou­vé sa voie, après un dé­tour par le gra­phisme et les re­la­tions de presse, qui l’ont me­née à tra­vailler au pres­ti­gieux Mu­sée du Louvre. Elle y as­sis­tait les ar­chi­tectes (ici on di­rait de­si­gners d’ex­po­si­tion), choi­sis­sait les cou­leurs des murs. «J’ai eu un coup de coeur pour la scé­no­gra­phie, dit-elle. J’ai com­pris que je pré­fé­rais tout ce qui était vo­lume, dé­cli­nai­son de cou­leurs et de ma­té­riaux dans l’es­pace.»

Cette ex­pé­rience dans le mi­lieu mu­séal l’a ame­né à tra­vailler sur des es­paces pu­blics. «Ça m’a don­né des ap­ti­tudes pour tra­vailler sur des es­paces très va­riés. Je pour­rais ou­vrir mes com­pé­tences à nou­veau vers tout ce qui est lieu d’ex­po­si­tion et lieu de com­merce», note-t-elle. Elle a, par exemple, fait la scé­no­gra­phie de deux salles de jeux d’éva­sion : une sur le thème de No­stra­da­mus et une sur la pré­his­toire.

Ce sont tou­te­fois sur­tout des par­ti­cu­liers qui ont fait ap­pel à ses ser­vices jus­qu’à main­te­nant. «Quand j’ai com­men­cé à mon compte, les ex­po­si­tions du Mu­sée du Louvre, ça ne par­lait pas du tout à mes clients. Alors je me suis jointe à un col­lec­tif de de­si­gners, ce qui m’a per­mis de com­men­cer quelque part, ex­pli­quet-elle. Puis j’ai eu mes propres pro­jets et j’ai nour­ri mon site.»

DÉPAYSEMEN­T VO­LON­TAIRE

Elle était bien éta­blie à Lyon, sa ville na­tale, lorsque son conjoint lui a fait part de son en­vie d’ex­plo­rer de nou­velles ave­nues pro­fes­sion­nelles au Qué­bec. «Je ne suis pas le genre de fille qui suit sans y trou­ver son compte», in­dique Ti­phaine Tho­mas, at­ti­rée par la pers­pec­tive de voya­ger et ras­su­rée par la pa­no­plie de moyens mo­dernes qui lui per­met­taient de tra­vailler à dis­tance. «J’ai ap­pris à mé­lan­ger plu­sieurs in­fluences et j’ai une ma­nière de tra­vailler plus ou­verte au­jourd’hui, grâce à cette ex­pé­rience qué­bé­coise», constate-t-elle.

Au coeur de sa pra­tique, il y a le sou­ci de créer des in­té­rieurs qui nour­rissent le bon­heur. «On ha­bite dans son co­con et quand on sort de chez soi, on est mieux ar­mé pour af­fron­ter le contexte dif­fi­cile qu’il peut y avoir en France ou le froid ca­na­dien. En gros, tout le monde cherche à avoir une sphère pro­tec­trice à la mai­son.»

MARQUES LO­CALES

De chaque cô­té de l’océan, elle as­sor­tit des marques de meubles et d’ac­ces­soires lo­cales, un pa­ra­mètre qui lui tient au­tant à coeur qu’à ses clients. Elle af­fec­tionne les bou­tiques Coeur d’Ar­ti­chaut à Mon­tréal, Fo­lia De­si­gn à Qué­bec et Zone Mai­son, qu’on re­trouve un peu par­tout dans la pro­vince. Cô­té meubles, la marque amé­ri­caine Her­man Miller et ca­na­dienne EQ3 lui plaisent beau­coup.

«Au Qué­bec, je plais parce que j’ajoute une touche eu­ro­péenne au de­si­gn qué­bé­cois. Les pièces que je crée sont plus lé­gères, moins denses, très épu­rées, a-telle consta­té. J’ap­prends tous les jours parce que dans les deux pays on ne parle pas de la même ma­nière de nos pro­jets.»

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