Les fran­co­phones et Al­ber­ta Health Ser­vices

Plu­sieurs membres qui siègent aux Conseils consul­ta­tifs en san­té d’Al­ber­ta Health Ser­vices (AHS) ter­minent leur man­dat en dé­cembre pro­chain et AHS lan­ce­ra, en aout, un ap­pel aux can­di­da­tures pour re­cru­ter de nou­veaux membres qui dé­si­rent s’im­pli­quer.

Le Franco - - NEWS -

Pour l’ins­tant, trois ré­gions sont re­pré­sen­tées par un fran­co­phone qui siège à ce con­seil, soit Fort McMur­ray, Saint-Paul et Grande Prai­rie. « On ai­me­rait faire va­loir la dua­li­té lin­guis­tique. La pré­sence fran­co­phone est im­por­tante pour ame­ner les gens à pen­ser au fran­çais lors­qu’on parle de ser­vices spé­ciaux comme la di­ver­si­té lin­guis­tique. Pour l’heure, on ignore les fran­co­phones à cause du nombre peu élevé », dé­plore le di­rec­teur gé­né­ral de RSA, Luc Therrien. Les conseils consul­ta­tifs en san­té d’AHS ont été créés en 2010 dans le but d’en­ga­ger un dia­logue avec la population et d’al­ler cher­cher la pers­pec­tive du pu­blic concer­nant les be­soins du sys­tème de san­té. Au to­tal, 12 conseils où y siègent entre 10 à 15 membres sé­lec­tion­nés pour un man­dat de trois ans, couvrent l’éten­due du ter­ri­toire de la pro­vince. Les membres du con­seil se réunissent au mi­ni­mum six fois par an­née.

Stra­té­gie im­par­faite, mais fruc­tueuse

Ces conseils n’ont ce­pen­dant pas de pou­voir dé­ci­sion­nel et les membres qui y siègent ne peuvent qu’émettre des sug­ges­tions au­près d’AHS. Un dé­fi, se­lon M. Therrien qui se ques­tionne à sa­voir s’il s’agit du bon vé­hi­cule pour faire va­loir les droits des fran­co­phones. La di­rec­trice gé­né­rale de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne-fran­çaise (ACFA) ré­gio­nale de Grande Prai­rie, Mi­chelle Mar­ga­rit, siège au con­seil de la ré­gion Peace, pour la ville de Grande Prai­rie de­puis trois ans. Elle abonde aus­si en ce sens. « Ces conseils ont un im­pact, sauf que nous sommes un peu comme des chiens de garde, nous as­su­rons le lien entre AHS et la com­mu­nau­té, mais nous n’avons pas beau­coup de pou­voir. Il s’agit sur­tout d’un bon échange », pré­cise cette der­nière. Mme Ma­ra­ga­rit reste tout de même ca­té­go­rique. « En tant que fran­co­phone il est ab­so­lu- ment cri­tique de s’im­pli­quer à tous les ni­veaux de vie com­mu­nau­taire. Du­rant la réunion, je parle aux membres et aux re­pré­sen­tants de la com­mu­nau­té fran­co­phone, de ses be­soins et ses es­poirs, mais aus­si des sa­tis­fac­tions et des suc­cès. Nous nous sommes fait beau­coup d’al­liés et une bonne par­tie du con­seil au­quel je siège nous sup­porte et s’in­té­resse à nous », sou­ligne la di­rec­trice. Elle re­marque, d’ailleurs, des im­pacts concrets de sa contri­bu­tion au sein des struc­tures, en ci­tant un épi­sode où un poste de co­or­don­na­teur des ser­vices en fran­çais dans sa ré­gion tar­dait à être pour­vu. Une in­ter­ven­tion de sa part au con­seil au­ra bous­cu­lé les choses puisque 10 jours plus tard une offre d’em­ploi pour ce poste ap­pa­rais­sant sur le site d’AHS. « Ces in­ter­ven­tions res­tent im­por­tantes pour gar­der les ser­vices en fran­çais dé­jà exis­tants », in­siste-t-elle. Le di­rec­teur de RSA sou­ligne que ces conseils sont aus­si une oc­ca­sion pour la com­mu­nau­té fran­co­phone de se faire va­loir en tant que par­te­naire cré­dible au sein de la struc­ture mé­di­cale de la pro­vince. « Il y a quelques an­nées, RSA avait conduit un ate­lier d’au­to­ges­tion du dia­bète qui s’est avé­ré un suc­cès. Cette réus­site a été no­tée au sein d’un con­seil en pro­vince. Il s’agit aus­si d’un vé­hi­cule où l’on peut se mon­trer comme por­teurs de so­lu­tions », laisse-t-il en­tendre.

Tac­tique mul­tiple

Or, Luc Therrien sou­tient que la seule pré­sence fran­co­phone à ces conseils n’est pas suf­fi­sante pour faire avan­cer la cause des soins de san­té en fran­çais en Al­ber­ta. « Nous avons be­soin d’autres mé­ca­nismes et nous cher­chons pré­sen­te­ment une ave­nue pour col­la­bo­rer avec les dé­ci­deurs », as­sure le di­rec­teur gé­né­ral. À ce pro­pos, plus de publicité se­ra faite au­tour de la cam­pagne d’épin­glettes Bon­jour/french, lan­cée par RSA, en oc­tobre der­nier, en marge du Rond Point. « Nous res­tons dé­li­cats dans notre ap­proche puisque la pro­vince ne re­con­nait pas les ser­vices en fran­çais. Toute stra­té­gie ne peut qu’ajou­ter du poids à notre cause », conclut M. Therrien.

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