Gros plan sur la san­té des fran­co­phones

Chaque an­née, plu­sieurs re­cherches sur la san­té des fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire sont me­nées par des pro­fes­seurs du Cam­pus Saint-Jean (CSJ). En 2012, un groupe de recherche a été mis sur pied afin de maxi­mi­ser leur por­tée.

Le Franco - - AGA DE LA GIRANDOLE -

La recherche sur la san­té des fran­co­phones vise à aug­men­ter notre connais­sance et notre com­pré­hen­sion sur les dé­ter­mi­nants de la san­té des com­mu­nau­tés fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire, les in­éga­li­tés et les obs­tacles à l’ac­cès aux ser­vices de san­té en fran­çais dans ces com­mu­nau­tés, et fi­na­le­ment, les liens entre la langue, la culture et la san­té. Comme l’ex­plique Pau­lin Mu­la­tris, pro­fes­seur agré­gé au Cam­pus Saint-Jean et membre du groupe de recherche, l’ob­jec­tif du groupe est de sou­te­nir une ap­proche mul­ti­dis­ci­pli­naire de recherche sur tous les en­jeux re­la­tifs à la san­té des fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire. « Ces re­cherches couvrent plu­sieurs as­pects, al­lant de la psy­cho­lo­gie à la san­té glo­bale. Le but est de mon­ter un réseau de par­te­na­riats avec le mi­lieu com­mu­nau­taire », com­mence-t-il. Se­lon lui, en oeu­vrant sous la forme d’un groupe, il est plus fa­cile de dé­ve­lop­per des pro­jets mul­ti­dis­ci­pli­naires, en im­pli­quant les gens dans la recherche de fonds, par exemple. Le groupe en est à sa pre­mière an­née d’exis­tence et se­ra ap­pe­lé à évo­luer, se­lon le contexte. « C’est une struc­ture de base qui s’adapte. Le groupe n’est pas exclusif et nous pou­vons faire des par­te­na­riats avec d’autres mi­lieux », conti­nue-t-il. Sa­mi­ra Ela­tia, Sri­la­ta Ra­vi, Pau­lin Mu­la­tris. Boniface Ba­hi, Ro­ger Pa­rent, Re­né Lan­ge­vin, Hé­lène La­mou­reux, Fran­cis Da­voine, An­gé­lique Laurent et Éva Lemaire forment la pre­mière co­horte. Le groupe per­met d’of­frir un cadre de concer­ta­tion aux cher­cheurs pour contri­buer à l’avan­ce­ment du sa­voir dans le do­maine de la san­té et du bien- être des fran­co­phones. « Il fa­ci­lite aus­si la collaboration avec des cher­cheurs d’autres fa­cul­tés et avec des in­ter­ve­nants com­mu­nau­taires qui s’in­té­ressent à la san­té et ses dé­ter­mi­nants, conti­nue M. Mu­la­tris. Le groupe as­sure éga­le­ment le trans­fert des connais­sances et l’ap­pli­ca­tion des ré­sul­tats de recherche afin de contri­buer à l’amé­lio­ra­tion de la san­té et du bien-être des fran­co­phones. » Mais pour­quoi est-ce im­por­tant de faire des re­cherches sur la san­té des fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire? Au dé­but des an­nées 2000, un in­té­rêt de recherche par­ti­cu­lier sur la san­té des fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire au Ca­na­da s’est dé­ve­lop­pé après que le Co­mi­té consul­ta­tif des com­mu­nau­tés fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire de San­té Ca­na­da ait ré­vé­lé que 55 % des fran­co­phones de ses com­mu­nau­tés avaient ra­re­ment, voir ja­mais ac­cès aux ser­vices de san­té en fran­çais. Pour Has­san Sa­fou­hi, pro­fes­seur au CSJ, l’ac­cès aux ser­vices de soins de san­té est donc la prin­ci­pale rai­son de ces re­cherches. « Nous avons ten­dance à ou­blier l’exis­tence des mi­no­ri­tés. Or, les fran­co­phones de l’Al­ber­ta sont cultu­rel­le­ment dif­fé­rents des an­glo­phones. La com­mu­nau­té est mul­ti­cul­tu­relle et pré­sente des be­soins spé­ci­fiques aux­quels il faut ré­pondre. La recherche en ce sens doit donc être main­te­nue », in­siste-t-il. Le di­rec­teur des pro­grammes de sciences de la san­té du CSJ, Ghislain Sang­wa Lu­go­ma, abonde dans le même sens. À son avis, le groupe de recherche in­ter­vient comme ca­ta­ly­seur et agent de liai­son pour faire avan­cer la recherche au sein des com­mu­nau­tés fran­co­phones, et ce, à tra­vers di­vers axes, dont l’aug­men­ta­tion des connais­sances, la sen­si­bi­li­sa­tion des cher­cheurs sur la recherche sur la san­té, le ré­seau­tage et la fa­ci­li­ta­tion de l’im­pli­ca­tion de la com­mu­nau­té à la recherche. Pour lui, pa­ral­lè­le­ment à la for­ma­tion des pro­fes­sion­nels de san­té, la san­té a émer­gé comme pro­blé­ma­tique de recherche au sein des ins­ti­tu­tions de for­ma­tion du CNFS. « Le groupe se pen­che­ra donc sur dif­fé­rents as­pects de la san­té des fran­co­phones. C’est le cas des études me­nées ré­cem­ment par des cher­cheurs du CSJ sur la po­li­tique de san­té en Al­ber­ta, la presse fran­co­phone et l’ac­cès aux soins dans les com­mu­nau­tés fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire pen­dant une crise sa­ni­taire, soit pen­dant la crise du H1N1 de 2009-2010 », an­nonce-t-il. Par ailleurs, au CSJ, le dé­ve­lop­pe­ment pro­gres­sif d’un in­té­rêt et d’une vo­lon­té de s’im­pli­quer dans la recherche en san­té est pal­pable au­près des cher­cheurs. « LE CSJ en­cou­ra­ger les ini­tia­tives de re­cherches mul­ti­dis­ci­pli­naires tou­chant aux dif­fé­rents dé­ter­mi­nants de la san­té et à l’amé­lio­ra­tion de l’ac­cès aux ser­vices de san­té », es­time Ghislain Sang­wa Lu­go­ma. D’autres re­cherches tour­ne­ront donc au­tour de la ques­tion du fi­nan­ce­ment de la san­té, de l’hy­giène et de l’ac­cès des fran­co­phones à des soins de san­té en fran­çais dans les ser­vices hos­pi­ta­liers. « Il y au­ra des son­dages de me­nés et des ana­lyses sta­tis­tiques pour éva­luer la si­tua­tion ac­tuelle », avance Has­san Sa­fou­hi. Ce der­nier es­père que les pre­mières ap­pli­ca­tions des re­cherches sortent ra­pi­de­ment. « D’autres pro­jets se­ront en­ta­més dans les pro­chaines an­nées, et nous au­rons alors plu­sieurs ana­lyses pour les sup­por­ter », ter­mine-t-il.

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