Les mai­sons de pro­duc­tion fran­co­phone y trou­ve­raient leur compte fi­nan­ciè­re­ment

Le Franco - - ÉDITORIAL -

En plus d’être une chaine de té­lé­vi­sion des­ti­née aux fran­co­phones des com­mu­nau­tés en si­tua­tion mi­no­ri­taire, Ac­cents, dans la me­sure où le Con­seil de la ra­dio­dif­fu­sion et des té­lé­com­mu­ni­ca­tions ca­na­diennes (CRTC) y donne son aval au terme des au­diences pu­bliques de l’au­tomne, pré­voit de­ve­nir un ac­teur éco­no­mique im­por­tant pour les mai­sons de pro­duc­tion. D’ici la mise en onde d’Ac­cents qui pour­rait avoir lieu en sep­tembre 2013, si tout va comme pré­vu pour fran­chir les dif­fé­rentes étapes de l’ob­ten­tion de li­cence, une cer­taine adap­ta­tion se­ra né­ces­saire de la part de l’in­dus­trie des pro­duc­teurs té­lé­vi­suels. Il est en­vi­sa­gé qu’entre 15 et 17 millions $ se­raient in­ves­tis dans la pro­duc­tion et que cette somme pour­rait être ac­com­pa­gnée d’autres formes de fi­nan­ce­ment. « On peut fa­ci­le­ment gé­né­rer un vo­lume de pro­duc­tion de peut-être 25 millions $. C’est énorme, on n’a pas ce vo­lume dans la pro­duc­tion fran­co­phone hors Qué­bec », pré­cise le di­rec­teur gé­né­ral d’Ac­cents, Pierre Tou­chette. « Les mai­sons de pro­duc­tions de­vront pro­duire 10 fois plus de ma­té­riel que ce qu’elles pro­duisent main­te­nant. Il va fal­loir trou­ver ra­pi­de­ment les in­fra­struc­tures et le per­son­nel pour pou­voir faire ça. Ce se­ra ça le dé­fi », men­tionne Pierre Tou­chette. Pour ré­pondre à la de­mande que pour­rait en­trai­ner cette nou­velle chaine, ac­tuel­le­ment, il man­que­rait quelques mai­sons de pro­duc­tion. Tou­te­fois la si­tua­tion n’in­quiète pas M. Tou­chette. Ce der­nier es­time que ce qu’il fau­dra prin­ci­pa­le­ment dé­ve­lop­per est le per­son­nel qua­li­fié qui tra­vaille dans ces mai­sons. Ce­lui-ci compte entre autres in­ci­ter les étu­diants qui ter­minent leurs études dans le do­maine de la pro­duc­tion à se di­ri­ger dans des mai­sons de pro­duc­tion fran­co­phones éta­blies à l’ex­té­rieur du Qué­bec. « Quand ils vont sor­tir de l’école, on va leur faire voir les pos­si­bi­li­tés dans d’autres ré­gions du Ca­na­da et il y a bien des jeunes qui vont être contents de pou­voir res­ter dans leur pro­vince ou leur pa­te­lin », sou­ligne M. Tou­chette. L’in­dus­trie de la pro­duc­tion in­dé­pen­dante per­çoit ce nou­veau joueur comme une oc­ca­sion de croitre. « Pour eux, c’est une pos­si­bi­li­té de pou­voir dé­ve­lop­per d’autres ex­per­tises et de voir aug­men­ter leur vo­lume de pro­duc­tion. » Les dif­fé­rentes as­so­cia­tions des ar­tistes fran­co­phones du pays ont d’ailleurs fait par­ve­nir des lettres d’ap­pui afin d’épau­ler la chaine Ac­cents dans ses dé­marches. Si ce der­nier af­firme que les dis­cus­sions avec les in­ter­ve­nants sont dé­jà en­ta­mées afin de mettre sur pied les in­fra­struc­tures né­ces­saires, il n’ex­clut pas que le conte­nu jour­na­lis­tique et tech­nique soient dé­ve­lop­pés sur une base de réseau. « Sur une base an­nuelle, on va vi­ser une grille de dif­fu­sion ori­gi­nale de deux pour un, soit deux dif­fu­sions ori­gi­nales pour une re­prise », af­firme Serge Tou­chette. D’ailleurs, Ac­cents s’en­gage à ce que 75 % de ce qui se­ra mis en ondes soit des pro­duc­tions ori­gi­nales ca­na­diennes.

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