Un évè­ne­ment in­time au suc­cès rayon­nant

La grande suite pour choeur, Elles s’ap­pe­laient Ma­rie, de France Le­vas­seur-Oui­met et les chants com­muns pré­sen­tés par le grand choeur des Cho- ra­lies clô­tu­raient le fes­ti­val des Cho­ra­lies Ed­mon­ton 2012, de­vant une salle comble au Fran­cis Wins­pear Cen­ter f

Le Franco - - CHORALIES EDMONTON 2012 -

L’un des mo­ments forts du fes­ti­val, se­lon le di­rec­teur ar­tis­tique de l’évè­ne­ment, Lau­rier Fa­gnan. « Ça a été un suc­cès au­quel je n’avais même pas rê­vé », ad­met ce der­nier.

Le concert dé­voi­lait, du même coup, la chan­son La mai­son du peuple/House of the people, écrite par Mme Le­vas­seurOui­met pour sou­li­gner le 100e an­ni­ver­saire de la lé­gis­la­ture al­ber­taine.

Avec la chan­son thème des Cho­ra­lies, Toi, moi, tout un monde et Je te re­trouve, « ce­la fai­sait beau­coup de moi, j’étais très pré­sente », avance hum­ble­ment France Le­vas­seur-Oui­met.

Reste qu’elle consi­dère im­por- tant que les ar­tistes lo­caux écrivent de la mu­sique qui re­flète leur terre na­tale, mais plus en­core, que cette mu­sique soit re­con­nue par des gens de l’ex­té­rieur. « Il y avait plu­sieurs mu­si­ciens ca­pables de por­ter un ju­ge­ment sur mon oeuvre et je suis contente qu’elle ait été bien re­çue. Pour moi, mais sur­tout pour ma com­mu­nau­té », té­moigne l’au­teure. Le pré­sident de la So­cié­té Cho­ra­lies Ed­mon­ton 2012, Jean John­son, abonde dans le même sens. « C’était une fa­çon de dé­mon­trer notre ap­port au dé­ve­lop­pe­ment de la so­cié­té ci­vile al­ber­taine d’un point de vue po­li­tique, éco­no­mique et cultu­rel. Pen­dant une se­maine, nous étions pré­sents de fa­çon évi­dente et notre pré­sence a re­çu une ap­pré­cia­tion pro­non­cée. C’est gé­nial! »

Or­ga­ni­sa­tion hou­leuse

Le di­rec­teur ar­tis­tique ne cache pas que l’or­ga­ni­sa­tion d’un tel évè­ne­ment n’a pas été de tout re­pos. Beau­coup de chan­ge­ments ont dû être ap­por­tés lors­qu’il a été éta­bli que le nombre de par­ti­ci­pants se­rait moindre que ce qui avait été es­ti­mé au dé­part. « J’ai eu des mo­ments de clar­té et d’autres d’obs­cu­ri­té. Jus­qu’au jour avant l’ou­ver­ture, je me ques­tion­nais à sa­voir si les gens al­laient ai­mer ce qu’on avait pré­pa­ré pour eux, mais nous nous étions ba­sés sur un nombre plus que sur une ex­pé­rience », avoue Lau­rier Fa­gnan. M. John­son im­pute cette baisse au cout de la vie plus élevé et au dol­lar ca­na­dien plus haut qu’en 1973, an­née du­rant la­quelle les Cho­ra­lies s’étaient dé­rou­lées à Ed­mon­ton pour la pre­mière fois et avaient ac­cueilli plus de 1200 cho­ra­listes. « C’est la réa­li­té éco­no­mique de l’Al­ber­ta, nous avons fait ce qui était pos­sible de faire », avance-t-il. Un nombre plus res­treint de cho­ristes au­ra tou­te­fois per­mis à ces der­niers de vivre une ex­pé­rience pé­da­go­gique plus riche, mais sur­tout de créer des liens du­rables entre eux. Une ex­pé­rience qui a été ap­pré­ciée des cho­ra­listes. « Un par­ti­ci­pant m’a fait sa­voir qu’il va­lait mieux être 200 amis que 1000 in­con­nus », se console le di­rec­teur ar­tis­tique. Pour ce qui est des ate­liers, Lau­rier Fa­gnan a sé­lec­tion­né des chefs au­da­cieux, dis­po­nibles, mais sur­tout des gens d’ex­pé­rience avec un ba­gage mu­si­cal étof­fé. « Je dois dire que j’ai fait un très bon choix puisque tout le monde était em­bal­lé par les chefs », avance M. Fa­gnan, vi­si­ble­ment heu­reux de sa sé­lec­tion. En tout, six ate­liers ont été dis­pen­sés à en­vi­ron 230 cho­ra­listes.

Chan­ter en com­mun à Ed­mon­ton

L'une des par­ti­cu­la­ri­tés des Cho­ra­lies Ed­mon­ton 2012 était l’ac­cent mis sur le ré­per­toire des chants com­muns, qui de­man­dait une cer­taine pré­pa­ra­tion. « La pré­sen­ta­tion des chants com­muns dans un grand choeur à la fin du concert de clô­ture a été un mo­ment vrai­ment spécial pour les gens », sou­ligne le pré­sident, Jean John­son. M. Fa­gnan pré­cise que le nombre ré­duit de par­ti­ci­pants per­met­tait cette ap­proche quelque peu dif­fé­rente des Cho­ra­lies à Vai­son-la-Ro­maine, où les chants com­muns ne sont pas pré­sen­tés en concert.

Sup­port de la com­mu­nau­té

« Un autre de mes sou­cis était de faire chan­ter les cho­ristes de­vant une salle vide », a sou­le­vé Lau­rier Fa­gnan. Ce qu’a dé­men­ti la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine qui a ré­pon­du à l’ap­pel et rem­pli les églises et le Fran­cis Wins­pear centre for Mu­sic. M. Fa­gnan s’est ras­su­ré dès le pre­mier concert. « J’ai sen­ti cette beau­té hu­maine et cette ou­ver­ture d’es­prit. J’ai sen­ti qu’ils étaient ve­nus vivre quelque chose de beau. Chaque concert était de plus en plus fort et c’était vrai­ment au-de­là de mes es­pé­rances » se ré­jouit Lau­rier Fa­gnan. « Ce­la a eu un re­flet très po­si­tif en­vers la fran­co­pho­nie al­ber­taine, et la Cho­rale Saint-Jean au ni­veau na­tio­nal », ajoute Jean John­son. La Cho­rale Saint-Jean a d’ailleurs re­çu quelques in­vi­ta­tions pour chan­ter à l’ex­té­rieur, no­tam­ment à Ber­lin en 2015 et en On­ta­rio la même an­née afin de sou­li­gner le 400e an­ni­ver­saire de l’ar­ri­vée de Sa­muel de Cham­plain dans la pro­vince.

- L. S. M.

Pho­to : Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

Lau­rier Fa­gnan di­rige le grand choeur des Cho­ra­lies.

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