Ot­ta­wa, le 26 juillet 2012

Le Franco - - ÉDITORIAL -

Mon­sieur Pierre Blais, pré­sident Con­seil de la ra­dio­dif­fu­sion et des té­lé­com­mu­ni­ca­tions ca­na­diennes Les Ter­rasses de la Chau­dière, Édi­fice Cen­tral 1, Pro­me­nade du Por­tage Ga­ti­neau ( Qué­bec) J8X 4B1

Mon­sieur Blais, C’est avec éton­ne­ment que j’ai ap­pris que le Con­seil de ra­dio­dif­fu­sion et des té­lé­com­mu­ni­ca­tions ca­na­diennes ( CRTC) abo­li­ra le Fonds pour l’amé­lio­ra­tion de la pro­gram­ma­tion lo­cale ( FAPL) d’ici le 31 août 2014. Je suis très pré­oc­cu­pée par­ti­cu­liè­re­ment au su­jet des consé­quences né­fastes qu’au­ra la sup­pres­sion de ce fonds sur la pro­gram­ma­tion ré­gio­nale de Ra­dio- Ca­na­da dans les com­mu­nau­tés fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire à tra­vers le Ca­na­da. Par consé­quent, je sou­hai­te­rais que la dé­ci­sion du CRTC soit re­vue le plus ra­pi­de­ment pos­sible. Con­si­dé­rant que Ra­dio- Ca­na­da a réel­le­ment ac­cru sa pré­sence ré­gio­nale en y of­frant une pro­gram­ma­tion en fran­çais plus élar­gie de­puis la créa­tion de ce fonds et que cette dé­ci­sion n’ayant pas fait l’una­ni­mi­té par­mi vos com­mis­saires, ce­la m’amène à me ques­tion­ner sur les cri­tères qui ont été éva­lués pour la prise de cette dé­ci­sion. Ma sur­prise face à cette dé­ci­sion s’ex­plique en par­tie, qu’à titre de membre du Co­mi­té sé­na­to­rial per­ma­nent des langues of­fi­cielles, j’ai en­ten­du des té­moi­gnages très po­si­tifs au su­jet des réa­li­sa­tions de dif­fu­sion en fran­çais en ré­gion qui n’au­raient pas été pos­sible sans l’aide de ce fonds. De­vant les membres du Co­mi­té, le 26 mars 2012, ma­dame Pa­tri­cia Plesz­cyns­ka, di­rec­trice gé­né­rale et di­rec­trice de la pro­gram­ma­tion, Ser­vices ré­gio­naux à CBC/ Ra­dio- Ca­na­da dé­cla­rait que le FAPL avait été un le­vier pour étendre l’offre de nou­velles régionales en fran­çais sept jours sur sept aux té­lé­spec­ta­teurs de la Co­lom­bie- Bri­tan­nique, de l’Al­ber­ta, de la Sas­kat­che­wan et du Ma­ni­to­ba. Le FAPL avait aus­si per­mis de dé­ve­lop­per des émis­sions régionales qui contri­buent au rayon­ne­ment de la réa­li­té des fran­co­phones sur le réseau. Le 23 avril 2012, ma­dame Ma­rie- France Ken­ny, pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne du Ca­na­da men­tion­nait de­vant le Co­mi­té que c’était grâce en bonne par­tie au FAPL que Ra­dio- Ca­na­da avait pu main­te­nir son em­preinte ré­gio­nale par­tout au pays dans la fou­lée des com­pres­sions bud­gé­taires. Sans le FAPL l’im­pact de ces com­pres­sions au­rait pu être plus sé­vère. On sait que les res­sources dont dis­posent les sta­tions régionales de Ra­dio Ca­na­da de­meurent très li­mi­tées et que la sup­pres­sion d’un poste sur quatre dans une sta­tion ré­gio­nale, par exemple, peut être ca­tas­tro­phique. De plus, il est re­con­nu que les sta­tions régionales en fran­çais dans les com­mu­nau­tés fran­co­phones sont de­ve­nues des par­te­naires es­sen­tiels pour dif­fu­ser l’in­for­ma­tion dans tous les do­maines. De toute évi­dence, la si­tua­tion fi­nan­cière des ra­dio­dif­fu­seurs s’est amé­lio­rée au cours des der­nières an­nées. Tou­te­fois, se­lon mon­sieur Hu­bert La­croix, pré­sident di­rec­teur gé­né­ral de CBC/ Ra­dio- Ca­na­da, les rai­sons qui on jus­ti­fié la créa­tion de ce fonds sont tou­jours va­lables compte te­nu des im­por­tantes com­pres­sions bud­gé­taires qu’a dû su­bir la so­cié­té et j’ajou­te­rais même, de la faible re­prise éco­no­mique au Ca­na­da qui est as­su­jet­tie à une éco­no­mie mon­diale moins dy­na­mique que pré­vue tel que le sou­ligne ré­cem­ment le gou­ver­neur de la Banque du Ca­na­da. Vous sa­vez sans doute que le CRTC a re­çu un nombre im­por­tant d’in­ter­ven­tions qui ne de­man­dait pas l’abo­li­tion de ce fonds. De plus, je crois que les opi­nions dis­si­dentes de­vraient être prises en compte lors d’une ré­vi­sion de cette dé­ci­sion. Mal­heu­reu­se­ment je constate que les droits des com­mu­nau­tés fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire sont sou­vent igno­rés, ne sont pas sé­rieu­se­ment consi­dé­rés et ne re­tiennent pas tou­jours l’at­ten­tion qu’ils mé­ritent. Voi­là une oc­ca­sion pour le CRTC de dé­mon­trer sa bonne foi à l’égard de ses obli­ga­tions en ver­tu de la Loi sur les langues of­fi­cielles en ré­vi­sant cette dé­ci­sion. En es­pé­rant que vous por­te­rez une at­ten­tion par­ti­cu­lière à ma re­quête, veuillez agréer, Mon­sieur Blais, l’ex­pres­sion de mes sen­ti­ments les meilleurs.

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