Les Au­to­ma­tistes en fran­çais

C’est de­vant un maigre pu­blic de trois per­sonnes que Me­gan Ber­ta­gnol­li a conduit la vi­site gui­dée en fran­çais de l’ex­po­si­tion, Au­to­ma­tistes de Mon­tréal 1941-1960, à l’art Gal­le­ry of Al­ber­ta (AGA), le 29 juillet der­nier.

Le Franco - - PETITES ANNONCES - Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

Pre­mier mou­ve­ment ar­tis­tique en­tiè­re­ment abs­trait au Ca­na­da, les Au­to­ma­tistes se sont ins­pi­rés du mou­ve­ment sur­réa­liste qui avait cours en Eu­rope à cette époque. « Le groupe tire leur nom de leur tech­nique ar­tis­tique. Ils créent de fa­çon au­to­ma­tique, leurs mou­ve­ments n’ont pas de di­rec­tion pré­cise. Les peintres n’illus­trent pas de fi­gures, ils jouent avec la pein­ture pour elle-même », a af­fir­mé Mme Ber­ta­gnol­li au dé­but de la vi­site. Le groupe for­mé en 1942, sous l’égide du pro­fes­seur à l’école du meuble de Mon­tréal, PaulÉmile Bor­duas, est long­temps res­té in­con­nu au pays. « Le Qué­bec était une so­cié­té très conser­va­trice dans les an­nées 1940 et les oeuvres étaient sur­tout des pay­sages du ter­roir. Les gens étaient cho­qués de voir ce type d’art », ex­plique la guide. L’ex­po­si­tion re­groupe une soixan­taine d’oeuvres sé­lec­tion­nées par le spé­cia­liste de l’art abs­trait au Ca­na­da, Roald Nas­gaard. Ce der­nier vou­lait don­ner une bonne re­pré­sen­ta­tion de ce mou­ve­ment mé­con­nu au Ca­na­da et dé­mon­trer l’évo­lu­tion de leur ap­proche. « Il ne s’agit pas d’un mou­ve­ment iso­lé. Ils ont tou­ché à tous les as­pects de la culture, soit la pein­ture, la danse et la lit­té­ra­ture, qui étaient aus­si des élé­ments im­por­tants pour le mou­ve­ment », pré­cise Mme Ber­ta­gnol­li. L’ex­po­si­tion compte, d’ailleurs, un des 1000 exem­plaires ori­gi­naux du Re­fus glo­bal, pu­blié en 1955. Un manifeste qui cri­tique la main­mise de l’État et de la re­li­gion dans la vie pu­blique et pri­vée des gens de l’époque. Ce livre, as­so­cié au mou­ve­ment des Au­to­ma­tismes, est consi­dé­ré comme le pré­cur­seur de la Ré­vo­lu­tion tran­quille au Qué­bec (en­ta­mée en 1966). Deux de ses si­gna­taires ont d’ail- leurs été contraints de s’exi­ler à la suite de sa pa­ru­tion contro­ver­sée.

Paul-Émile Bor­duas par­tit pour New York, tan­dis que Jean-Paul Rio­pelle se re­trou­ve­ra à Paris.

À l’ex­po­si­tion

L’éta­blis­se­ment a vou­lu of­frir ce tour en spécial pour ces ar­tistes de Mon­tréal, d’ori­gine fran­co­phone. La bé­né­vole à l’AGA, Lin­da Jen­nings, et son époux, Fa­bian Jen­nings, y ont vu une bonne oc­ca­sion de pra­ti­quer la langue de Mo­lière. « Je ne connais­sais pas beau­coup de mou­ve­ment et j’ai bien ai­mé que les oeuvres soient mises en contexte au Ca­na­da, mais aus­si au ni­veau in­ter­na­tio­nal, à Paris et New York », té­moigne Mme Jen­nings. Fa­bian Jen­nings, pour sa part, a été char­mé par l’ex­po­si­tion. « C’est sans au­cun doute quelque chose qui a de la va­leur », a-t-il lais­sé en­tendre. Afin de créer des ponts avec les dif­fé­rentes com­mu­nau­tés de la ville et dans l’op­tique d’in­clure les fran­co­phones dans les ac­ti­vi­tés du mu­sée, l’AGA a or­ga­ni­sé un deuxième tour gui­dé en fran­çais le 19 aout der­nier. Tour qui n’a pu avoir lieu, faute de vi­si­teurs. No­tons que la fon­da­trice de la danse mo­derne au Qué­bec, Fran­çoise Sullivan, se­ra à l’AGA, le 13 oc­tobre pro­chain, en compagnie d’une dan­seuse, afin de re­créer son oeuvre, Danse dans la neige, réa­li­sée en 1948 à Mon­tréal et im­mor­ta­li­sée par Mau­rice Per­ron sur une sé­rie pho­to­gra­phique que l’on peut aper­ce­voir à l’AGA. L’ex­po­si­tion se tien­dra jus­qu’au 14 oc­tobre 2012.

Pho­to : Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

Me­gan Ber­ta­gnol­li of­frait la vi­site gui­dée en fran­çais à l’AGA, le 29 juillet der­nier. Des tours gui­dées en fran­çais sont dis­po­nibles oc­ca­sion­nel­le­ment, ain­si que sur de­mande.

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