La pe­tite his­toire d’elles

Le Franco - - MUSIQUE - Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

La grande suite pour choeur, Elles s’ap­pe­laient Ma­rie, écrite par la pro­fes­seure émé­rite et écri­vaine en ré­si­dence du Cam­pus Saint-Jean, Fran­ceLe­vas­seur-Oui­met, a été chan­tée en Bre­tagne, en France, au prin­temps der­nier, par l’en­semble vo­cal de Tré­guier, sous la di­rec­tion de Fran­çoise Le Bol­loc’h, pro­fes­seure ho­no­raire de l’école de mu­sique du Tré­gor.

« Le

ré­cit

était nar­ré par une dame de l’On­ta­rio et les femmes de la cho­rale por­taient toutes un ta­blier pour l’oc­ca­sion. Ce­la a hu­ma­ni­sé l’his­toire et les gens étaient re­mués. J’en étais sur­prise », té­moigne Mme Le­vas­seur-Oui­met. In­ter­pré­tée 11 fois de­puis sa créa­tion en 2007, la suite se­ra chan­tée, au mois de mai pro­chain à Van­cou­ver, en Co­lom­bie-Bri­tan­nique, pour en­suite se faire en­tendre en Gas­pé­sie, au Qué­bec. Ces re­pré­sen­ta­tions sont le fruit du Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal des Cho­ra­lies, te­nu à Ed­mon­ton, en juillet der­nier, où l’oeuvre avait été ré­ci­tée lors du concert de clô­ture. La chan­teuse fran­co-al­ber­taine, Ma­rie-Jo­sée Oui­met, fille de Mme Le­vas­seur-Oui­met, in­car­ne­ra Ma­rie pour la suite à ces deux oc­ca­sions. « C’est pour mes en­fants que j’ai écrit cette pièce », ad­met l’au­teure, émue. Le ré­ci­tal qui se tien­dra en Gas­pé­sie re­vêt une im­por­tance in­édite pour cette der­nière. « C’est très in­té­res­sant puisque l’oeuvre se­ra chan­tée lors de l’inau­gu­ra­tion d’une sta­tue of­ferte en l’hon­neur des femmes de l’his­toire, par un groupe de ci­toyens, nes, conjoin­te­ment avec le mu­sée de la Gas­pé­sie. Ce­la tombe tel­le­ment bien », par­tage Mme Le­vas­seur-Oui­met. Ce n’est pas la pre­mière fois que des oeuvres de France Le­vas­seur-Oui­met sont chan­tées de par le monde à tra­vers la Cho­rale Saint-Jean. Celle qui se consi­dère comme une pe­tite fille de l’Ouest est im­pres­sion­née de sa­voir que l’his­toire des femmes pion­nières est à ce point uni­ver­selle. D’au­tant plus que l’au­teure af­firme s’ins­pi­rer de vé­ri­tables anec­dotes qu’elle en­tend de gens qu’elle cô­toie dans la com­mu­nau­té. « Les gens me ra­content beau­coup de choses et tran­quille­ment, ce­la se ré­vèle dans mes pièces. C’est une fa­çon de pro­pa­ger notre his­toire. Je les en­cou­rage à par­ler d’eux, c’est une fa­çon de mieux nous connaitre », as­sure-t-elle. À titre d’exemple, Mme Le­vas­seur-Oui­met cite un pas­sage dans la suite où une jeune femme de 17 ans se rend au vil­lage pour ache­ter du tis­su et se faire une nou­velle robe pour son an­ni­ver­saire. Un mo­ment mar­quant dans la vie d’une jeune fille de l’époque. « Dans la vraie his­toire que j’ai en­ten­due, le ma­ri re­fuse de lui ache­ter le tis­su. Alors je me suis dit : dans mon ora­to­rio pro­fane, tu au­ras ta robe », confie France Le­vas­seure-Oui­met.

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