S’ou­vrir pour mieux bâ­tir

Le pro­fes­seur ti­tu­laire de l’uni­ver­si­té de Mon­tréal Gilles Bi­beau ou­vrait le Col­loque in­ter­na­tio­nal du Groupe de recherche sur l’in­ter/trans­cul­tu­ra­li­té et l’im­mi­gra­tion (GRITI) lors d’une confé­rence in­ti­tu­lée « Tra­cer des che­mins plu­riels dans la so­cié­té

Le Franco - - COLLOQUE DU GRITI - Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

D’en­trée de jeu, M. Bi­beau s’est pen­ché sur le sa­voir en lui­même. Il a re­mis en ques­tion les connais­sances avan­cées par la science oc­ci­den­tale. Un mal né­ces­saire pour ar­ri­ver à créer

une so­cié­té in­clu­sive, se­lon lui.

« La science est ap­proxi­ma­tive, tou­jours pro­vi­soire et en plein chan­ge­ment. Ses af­fir­ma­tions sont sou­mises aux idéo­lo­gies », a-t-il af­fir­mé à la cen­taine de cher­cheurs, pro­fes­seurs et agents com­mu­nau­taires ve­nus de par­tout au Ca­na­da et des quatre coins de la pla­nète pour as­sis­ter au col­loque. Ayant voya­gé de par le monde et vé­cu une quin­zaine d’an­nées en Afrique, le pro­fes­seur au dé­par­te­ment d’an­thro­po­lo­gie in­siste sur l’im­por­tance de construire des concepts au­tour de ce qui est uni­ver­sel et com­mun au genre hu­main. C’est du­rant une étude sur les thé­ra­pies afri­caines que Gilles Bi­beau a réa­li­sé qu’il n’y a pas que dans les uni­ver­si­tés que l’on fait avan­cer le sa­voir et que les connais­sances in­ven­tées dans les com­mu­nau­tés entrent sou­vent en com­pé­ti­tion à celles mises de l’avant par le mi­lieu aca­dé­mique. « Nous ne pour­rons pas for­mer une so­cié­té plu­rielle mon­dia­li­sée si les uni­ver­si­tés ne se mon­dia­lisent pas », dé­nonce ce der­nier. Il prône, pour ce­la, une re­struc­tu­ra­tion pro­fonde des som­maires uni­ver­si­taires. « La com­mu­nau­té scien­ti­fique es­telle her­mé­tique », s’in­ter­roge M. Bi­beau.

Hé­gé­mo­nie oc­ci­den­tale

Si l’oc­ci­dent a le mé­rite d’avoir ap­por­té une vague de mo­der­nisme au ni­veau mon­dial, en contre­par­tie, il a éga­le­ment im­po­sé au reste du monde ses concepts de tra­di­tion bri­tan­nique. Les so­cié­tés ont alors em­prun­té ces no­tions pour ten­ter de se dé­fi­nir. « Il est im­por­tant que les dif­fé­rents groupes cultu­rels in­ventent eux-mêmes les concepts à par­tir des­quels ils se pensent », croit Gilles Bi­beau, qui avance l’idée que plu­sieurs mo­der­ni­tés co­ha­bitent dans le monde.

Gilles Bi­beau

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