Les fran­co­phones à la fois plus nom­breux et moins re­pré­sen­tés

Le Franco - - RECENSEMENT 2011 - Pas­cale Cas­ton­guay

Le nombre de Ca­na­diens ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle est à la hausse, pas­sant de 6 892 230 à 7 172 560 per­sonnes de 2006 à 2011. Tou­te­fois, le poids de ce groupe au sein de la population ca­na­dienne est moindre en at­tei­gnant 21,7 % com­pa­ra­ti­ve­ment à 22,1 % en 2006. Ces constats sont ti­rés du vo­let Ca­rac­té­ris­tiques lin­guis­tiques des Ca­na­diens du Re­cen­se­ment de la population de 2011 ren­du pu­blic par Sta­tis­tique Ca­na­da le 24 oc­tobre. Cette aug­men­ta­tion du nombre de per­sonnes qui ont le fran­çais comme langue ma­ter­nelle ne se li­mite pas qu’à la pro­vince de Qué­bec. En fait, en ex­cluant le Qué­bec, le nombre de per­sonnes ayant iden­ti­fié le fran­çais comme langue ma­ter­nelle au Ca­na­da se chiffre à 1 007 815, soit 32 425 per­sonnes de plus que les 975 390 per­sonnes qui avaient fait de même en 2006. « Il n’y a pas de sur­prise dans le Re­cen­se­ment. Même qu’il y a une cer­taine sta­bi­li­té. L’aug­men­ta­tion du nombre de fran- co­phones n’est pas aus­si forte que celle de la ma­jo­ri­té ce qui dé­montre qu’il y a du tra­vail à faire du cô­té de l’im­mi­gra­tion fran­co­phone », fait re­mar­quer la pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne (FCFA) du Ca­na­da, Ma­rie-France Ken­ny. Si le pour­cen­tage de per­sonnes ayant l’an­glais comme langue ma­ter­nelle est res­té stable à 57,8 %, ce­lui des gens ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle at­teint 21,7 % tan­dis que 20,6 % de la population ca­na­dienne a une autre langue que le fran­çais et l’an­glais comme langue ma­ter­nelle. Mme Ken­ny n’est pas in­quiète de voir les fran­co­phones et les al­lo­phones être sé­pa­rés par une marge de plus en plus mince. « L’al­lo­pho­nie n’est pas une langue, c’est un en­semble de langue. Chez les im­mi­grants la trans­mis­sion de la langue ma­ter­nelle se fait beau­coup moins que chez les fran­co­phones chez qui on re­trouve un ef­fort de trans­mis­sion de la langue », pour­suit-elle.

D’une pro­vince à l’autre

C’est dans les pro­vinces maritimes que ces sta­tis­tiques frappent le plus dur. Au Nou­veau-Bruns­wick, le nombre de per­sonnes ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle re­pré­sente dé­sor­mais 32,5 % de la population alors qu’en 2006, il était ques­tion de 33 %. Du cô­té de l’Île-du-Prin­ceÉ­douard, la population ayant iden­ti­fié le fran­çais comme langue ma­ter­nelle a une pro­por­tion de 4,1 % alors qu’elle re­pré­sen­tait 4,4 % en 2006. On re­trouve un scé­na­rio si­mi­laire en Nou­velle-Écosse où on re­marque que 335 per­sonnes de moins ont le fran­çais comme langue ma­ter­nelle. Ces deux pro­vinces sont les seules à avoir vu le nombre de fran­co­phones des­cendre alors que les autres pro­vinces et ter­ri­toires ont en­re­gis­tré une hausse. Si c’est l’On­ta­rio qui dé­note la plus grande aug­men­ta­tion du nombre de per­sonnes ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle avec une hausse de 28 290 per­sonnes, l’Al­ber­ta et la Co­lom­bie-Bri­tan­nique suivent dans la même li­gnée. On compte res­pec­ti­ve­ment 12 650 et 7465 per­sonnes sup­plé­men­taires qui dé­clarent avoir le fran­çais comme langue ma­ter­nelle dans ces deux pro­vinces. « Le boum éco­no­mique at­tire les gens des autres pro­vinces et les an­glo­phones font preuve de da­van­tage d’ou­ver­ture en­vers la dua­li­té lin­guis­tique », in­dique Mme Ken­ny pour ex­pli­quer ce phé­no­mène de mi­gra­tion des fran­co­phones d’est en ouest.

Com­pa­ti­bi­li­té des don­nées

L’abo­li­tion du ques­tion­naire long et l’in­té­gra­tion de trois ques­tions por­tant sur les langues of­fi­cielles dans le ques­tion­naire court du Re­cen­se­ment 2011 n’au­ront pas été sans consé­quence pour la fiabilité des don­nées re­cueillies par Sta­tis­tique Ca­na­da au su­jet des langues of­fi­cielles. « Sta­tis­tique Ca­na­da a consta­té des chan­ge­ments dans la fa­çon dont les Ca­na­diens ont ré­pon­du aux ques­tions sur la langue ma­ter­nelle et la langue par­lée à la mai­son. (...). Il en ré­sulte que les Ca­na­diens semblent avoir été moins por­tés, que lors des re­cen­se­ments an­té­rieurs, à dé­cla­rer une langue autre que le fran­çais ou l’an­glais comme seule langue ma­ter­nelle », peu­ton lire dans le rap­port Ca­rac­té­ris­tiques lin­guis­tiques des Ca­na­diens.

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