Ma­rie-Anne Gra­vel

Le Franco - - AVANT QUE J'OUBLIE -

Ma­rie-Anne Gra­vel, cette vaillante pion­nière, est née à Prin­ce­ville, QC, le 26 juillet 1880. En jan­vier 1896, ses pa­rents, Té­les­phore et Ma­rie Le­blanc im­mi­grèrent à La­wrence, Mass., avec leurs huit en­fants. En 1905, Ma­rie-Anne, l’ai­née, épou­sa Noël Le­blanc. Ce jeune couple al­la à St-Eu­gene, QC afin d’ou­vrir un ter­rain. C’est là que son ma­ri est dé­cé­dé, vic­time d’un ac­ci­dent. Elle dé­ci­da alors d’al­ler à Cla­re­mont, N.H., avec ses deux jeunes en­fants pour y ga­gner sa vie en tra­vaillant dans une ma­nu­fac­ture de laine. En 1912, ré­pon­dant aux sol­li­ci­ta­tions du Père Jean-Bap­tiste Gi­roux, o.m.i. mis­sion­nai­re­co­lo­ni­sa­teur, elle se ren­dit dans l’Ouest pour prendre un « ho­mes­tead ». Elle fai­sait par­tie du pre­mier contin­gent de co­lons pour le Nord. Ma­rie-Anne Le­blanc fut la pre­mière femme pion­nière de Don­nel­ly. La fa­mille vé­cut dans une tente en at­ten­dant que fût bâ­ti un « shack ». Peu après, deux morts tra­giques ve­naient en­do­lo­rir le coeur de cette jeune ma­man. Son fils Al­bert, âgé de deux ans et de­mi, et son frère Ulric, âgé de 14 ans, avaient bu de l’eau conta­mi­née et suc­com­bèrent tous les deux. Ils furent en­ter­rés dans la même fosse à Grouard le 16 aout. Les souf­frances de cette brave femme furent nom­breuses, mais en vraie chré­tienne, elle se sou­mit sans mur­mure à la vo­lon­té di­vine. Le 17 sep­tembre 1914, à Ed­mon­ton, Ma­rieAnne épou­sa Eu­gène Gra­vel, veuf avec deux en­fants : Victor et Blanche. Eu­gene était né le 15 mai 1879. Il était le fils d’Al­phé Gra­vel et d’El­mire Le­boeuf de St-Pros­père com­té Cham­plain. L’unique en­fant né de cette union le 9 dé­cembre 1922, Mar­cel, fut le pre­mier à être bap­ti­sé à la nou­velle pa­roisse de Don­nel­ly. En 1918, l’in­fluen­za vint ra­va­ger la ré­gion. Comme il n’y avait ni hô­pi­tal, ni mé­de­cin, dans cette lo­ca­li­té, la salle d’im­mi­gra­tion ser­vit de dor­toir pour hé­ber­ger 21 hommes bru­lants de fièvre. Ma­rie-Anne s’im­pro­vi­sa garde-ma­lade et les soi­gna avec l’aide d’une in­fir­mière ve­nue d’Ed­mon­ton. Mal­gré la pau­vre­té de la co­lo­nie, tous ses ma­lades gué­rirent sauf deux. On re­prit cou­rage et la co­lo­nie se mit au tra­vail de dé­fri­che­ment. Ma­rie-Anne elle-même tra­vailla de ses mains pour ob­te­nir la pa­tente de sa terre. Voi­là qu’une nou­velle épi­dé­mie se dé­clare. Cette fois, c’était la grosse va­riole. Ma­rie-Anne soi­gna les ma­lades qui furent iso­lés dans une mai­son dis­po­nible. En peu de temps, grâce à Dieu et à ses soins dé­voués, elle réus­sit à vaincre le fléau. Plus tard, la salle bâ­tie pour re­ce­voir les co­lons de­vint « Hô­tel Gra­vel ». C’était un lieu de ren­contre que tous ap­pré­ciaient. On y ve­nait se désen­nuyer sur­tout pen­dant les longues veillées d’hi­ver et les jours de fête. Tous for­maient une grande fa­mille. En 1924, les pa­rents de Ma­rie-Anne vinrent de­meu­rer avec leur fille qui prit soin d’eux jus­qu’à leur dé­cès. En 1944, Ma­rie-Anne eut à su­bir un autre grand deuil. Son fils Mar­cel, of­fi­cier-pi­lote dans l’Avia­tion Royale du Ca­na­da, après plu­sieurs mis­sions de guerre ac­com­plies avec suc­cès, ne re­vint pas de l’ex­pé­di­tion d’un bom­bar­dier par­ti d’une base en Angleterre. En 1961, elle quit­ta Don­nel­ly pour al­ler de­meu­rer à Ed­mon­ton avec sa soeur Mme Gas­pard Dan­du­rand, veuve elle aus­si. Elles ont vé­cu heu­reuses et em­ployaient leur temps à tri­co­ter des mi­taines en fai­sant à elles deux une cen­taine de paires par an­née pour les pauvres du Centre Ma­rial. Ma­rie-Anne Gra­vel est dé­cé­dée à l’âge de 99 ans, à Ed­mon­ton, le 12 mars 1979 et fut in­hu­mée à Don­nel­ly, AB.

Mme Pa­quette, Ma­rie-Anne Gra­vel et Ma­don­na Mai­son­neuve.

Ma­rie-Anne et Mar­cel.

Ma­rie-Anne avec Noel Le­blanc.

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