Les débuts de la Fé­dé­ra­tion des pa­rents fran­co­phones de l’Al­ber­ta

Le Franco - - AVANT QUE J'OUBLIE -

La Fé­dé­ra­tion des pa­rents fran­co­phone de l’Al­ber­ta (FPFA) est née lors d’une pé­riode par­ti­cu­liè­re­ment mou­ve­men­tée. Pour mieux com­prendre les dé­fis de l’époque, il est im­por­tant de ré­su­mer briè­ve­ment quelques-uns

des évè­ne­ments qui se pro­duisent de 1985 à 1989, alors que la FPFA fait ses pre­miers pas.

...la si­tua­tion de 1985 à 1989

Sur la scène ca­na­dienne, l’En­tente du lac Meech fait cou­ler beau­coup d’encre tout comme l’adop­tion, en 1988, de la nou­velle Loi sur les langues of­fi­cielles, la dé­ci­sion de la Cour su­prême concer­nant la loi 101 du Qué­bec et l’adop­tion d’une loi fé­dé­rale sur le mul­ti­cul­tu­ra­lisme. L’af­faire Pi­quette bat son plein de­puis le 7 avril 1987 et l’Al­ber­ta at­tend la dé­ci­sion de la Cour su­prême dans le cas Mer­cure pour ré­gler la ques­tion du sta­tut de la langue fran­çaise à la Lé­gis­la­ture al­ber­taine. En fé­vrier 1988, la Cour su­prême dé­clare que l’ar­ticle 110 de la Loi des Ter­ri­toires du NordOuest est tou­jours en vi­gueur, mais que l’Al­ber­ta et la Sas­kat­che­wan ont le droit de l’abro­ger uni­la­té­ra­le­ment. L’ACFA met alors sur pied « l’Opé­ra­tion survie », mais n’ar­rive pas à évi­ter l’adop­tion, en juillet 1988, de la Loi lin­guis­tique 60 qui fait de l’Al­ber­ta une pro­vince uni­lingue an­glaise. Sur le plan com­mu­nau­taire, la Caisse Fran­cal­ta d’Ed­mon­ton vient de perdre son autonomie et le Con­seil al­ber­tain de la Co­opé­ra­tion a fer­mé ses portes. Les pa­roisses fran­co­phones, centres ras­sem­bleurs des fran­co­phones, dis­pa­raissent à vue d’oeil. Dans le do­maine des com­mu­ni­ca­tions, le rap­port Ca­plan-Sau­va­geau re­com­mande que le centre ad­mi­nis­tra­tif du réseau fran­çais et que tous les centres de pro­duc­tion de la té­lé­vi­sion soient si­tués à l’est du pays. Dans le dos­sier de l’édu­ca­tion, les pro­grès sont lents. Le cas Bu­gnet s’ache­mine len­te­ment vers la Cour su­prême. Entre temps, l’ACFA et la FPFA com­plètent les études Des­jar­lais et La­mou­reux/ Tar­dif dans le but d’en ar­ri­ver à un mo­dèle de ges­tion sur le­quel toute la com­mu­nau­té fran­coal­ber­taine peut s’en­tendre. Le 6 juillet 1988, l’As­sem­blée lé­gis­la­tive de l’Al­ber­ta adopte une nou­velle loi sco­laire. En ce qui a trait aux droits des fran­co­phones, la loi se li­mite à dire que ceux qui ont des droits, ont des droits. Nulle part ne fait-on men­tion de la ges­tion sco­laire. En 1985, il n’y a que deux écoles élé­men­taires fran­co­phones en Al­ber­ta. Et si la ques­tion de l’école se­con­daire fran­co­phone semble se ré­soudre à Cal­ga­ry dès 1987, ce­la n’est pas le cas à Ed­mon­ton où les fran­co­phones de­vront oc­cu­per les lo­caux de la Com­mis­sion sco­laire ca­tho­lique le 7 mars 1988 pour avoir gain de cause. Et même à ce­la, ils de­vront at­tendre en­core huit mois avant que l’on dé­cide de re­grou­per tous les élèves fran­co­phones à l’école Mau­rice-La­val­lée. Une nou­velle école pri­maire fran­çaise ou­vri­ra ses portes dans l’ouest de la ville pour sep­tembre 1989. À Fort McMur­ray, les pa­rents ont ob­te­nu la mise sur pied d’un programme fran­çais pour sep­tembre 1989. À Mo­rin­ville-Le­gal, les pa­rents ont en­tre­pris les dé­marches au­près des com­mis­sions sco­laires de la ré­gion. À Le­th­bridge un co­mi­té de pa­rents vient tout juste de se for­mer. En mars 1986, le pro­jet d’une école fran­çaise à Saint-Paul a été mis au ran­cart pour les deux pro­chaines an­nées et le 27 no­vembre 1987, un groupe de pa­rents fran­co­phones de la ré­gion de Saint-Paul dé­pose en Cour du Banc de la Reine un avis de pour­suite contre trois com­mis­sions sco­laires de la ré­gion et la pro­vince de l’Al­ber­ta. Dans la ré­gion de Ri­vière-la-Paix, l’école Hé­ri­tage et la com­mis­sion sco­laire fran­co­phone de SaintI­si­dore consti­tuent des vic­toires et ce­la en dé­pit des nom­breux pro­blèmes.

...la FPFA

L’idée d’éta­blir une fé­dé­ra­tion de co­mi­tés de pa­rents fran­co­phones en Al­ber­ta est sou­le­vée for­mel­le­ment lors du Con­seil gé­né­ral de l’ACFA le 29 sep­tembre 1985 et le lan­ce­ment of­fi­ciel a lieu lors du Con­grès de la fran­co­pho­nie à Ed­mon­ton en oc­tobre 1986. Se­lon sa cons­ti­tu­tion, la FPFA pour­suit les in­té­rêts des pa­rents dont la langue pre­mière est le fran­çais en ma­tière d’édu­ca­tion. Hé­lène Gi­gnac (pré­si­dente), Do­lo­rès Ca­drin (vice-pré­si­dente), Thé­rèse Bé­gin, An­nette La­belle, Ma­de­leine Mer­cier et Si­mone Ro­bin­son font par­tie du pre­mier bu­reau de di­rec­tion. Une en­tente si­gnée le 23 mai 1987 entre la FPFA et l’ACFA dé­li­mite le champ d’ac­tion de cha­cun. La FPFA et l’ACFA se donnent aus­si un mé­ca­nisme de liai­son qui veille­ra à la mise en oeuvre du plan de trans­fert des dos­siers ain­si qu’à l’har­mo­nie des re­la­tions et de la collaboration. À la fin aout 1987, la FPFA est à la veille d’ou­vrir son bu­reau au Centre 82 et d’em­bau­cher son pre­mier di­rec­teur, Alain Trem­blay. Il se­ra rem­pla­cé par Yvan Beau­bien. La fran­co­pho­nie se­ra mise en évi­dence lors de la te­nue du pre­mier con­grès de la FPFA en mars 1988 puisque le con­grès coïn­cide avec la Ca­bane à sucre, la Ren­contre Fran­co Jeu­nesse II et le Con­seil gé­né­ral de l’ACFA pro­vin­ciale. Par­mi les ora­teurs in­vi­tés, on re­marque la pré­sence du pré­sident du Con­seil Na­tio­nal des pa­rents fran­co­phones, Ray­mond Poi­rier, de Léo Pi­quette, d’Yvon Mahé et de Georges Arès de l’ACFA. Le deuxième col­loque de la FPFA a lieu les 3 et 4 mars 1989. On pro­fite de la ren­contre pour par­ler de la re­la­tion que doit avoir l’école et la com­mu­nau­té, des be­soins par­ti­cu­liers des élèves fran­co­phones et des ou­tils à dé­ve­lop­per pour sen­si­bi­li­ser la com­mu­nau­té. Ce deuxième col­loque marque aus­si la pre­mière jour­née pro­vin­ciale consa­crée au pré­sco­laire. Et, lors de l’as­sem­blée an­nuelle de 1989, les membres de la FPFA ont élu un nou­veau con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion sous la pré­si­dence de Vi­viane Beau­doin Le nou­vel or­ga­nisme cha­peau­te­ra bien­tôt une ving­taine de regroupements de pa­rents fran­co­phones à tra­vers toute la pro­vince. Pour l’an­née 1988-1989, la FPFA a pré­pa­ré une pro­gram­ma­tion di­vi­sée en trois grands dos­siers : le tra­vail au­près des pa­rents, une force de frappe à dé­ve­lop­per avec d’autres groupes et la re­ven­di­ca­tion. En no­vembre 1988, la FPFA dé­cide de pré­pa­rer deux vi­déos tour­nés dans les trois écoles fran­çaises de l’Al­ber­ta et leurs com­mu­nau­tés res­pec­tives. On cherche à dé­mon­trer l’at­mo­sphère et la vie propre à l’école fran­çaise et son in­ter­re­la­tion avec la com­mu­nau­té. La FPFA va aus­si pu­blier Le Chaî­non Man­quant, un bul­le­tin tri­mes­triel aux ser­vices de tous les groupes de pa­rents.

Et le tra­vail conti­nue tou­jours....

Do­lo­rès Ca­drin et Hé­lène Gi­gnac, res­pec­ti­ve­ment pre­mière vice-pré­si­dente de la FPFA et pre­mière pré­si­dente. Pho­to : F84 - APA.

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