Dé­jà 10 ans et le meilleur est à ve­nir!

L’école Desro­chers a cé­lé­bré son 10e an­ni­ver­saire par un ban­quet, le 10 no­vembre der­nier à l’hô­tel Sa­wridge de­vant près de 130 per­sonnes, dont près d’une tren­taine d’Ed­mon­ton.

Le Franco - - ÉDUCATION FRANCOPHONE À JASPER - Étienne Ala­ry

« Mer­ci de vous être dé­pla­cés en si grand nombre, vous ne pou­vez pas sa­voir com­bien ce­la nous fait chaud au coeur », a lan­cé le conseiller sco­laire Laurent Bol­duc en fai­sant al­lu­sion à toutes les per­sonnes qui s’étaient dé­pla­cées de la ca­pi­tale al­ber­taine pour l’oc­ca­sion. « Ce­la a été 10 ans d’ef­forts et ce­la n’a vrai­ment pas été fa­cile, comme vous pou­vez l’ima­gi­ner », ajoute-t-il.

Le di­rec­teur gé­né­ral du Con­seil sco­laire Centre-Nord (CSCN), Hen­ri Le­mire, abonde dans le même sens. « Il faut, dans un pre­mier temps, re­con­naitre les em­ployés. C’est in­ima­gi­nable ce que cer­taines per­sonnes ont don­né, comme Diane La­marre, pour que ce pro­jet se réa­lise », a-t-il sou­te­nu.

Ce der­nier a aus­si te­nu à re­con­naitre les pa­rents qui ont cru en ce pro­jet, en l’oc­cur­rence quatre femmes qui ont été der­rière ce pro­jet : Lu­cie Beau­champ, Mé­la­nie Crouse, Ca­ro­line Gro­leau et Na­tha­lie Ray­mond. « Pen­dant une an­née et de­mie, avant 2002, on ve­nait à des ren­contres et un soir, j’ai lan­cé une phrase aux pa­rents : comme con­seil sco­laire, on peut tout faire pour vous, sauf une chose, on ne peut pas dé­si­rer l’école pour vous. Par la suite, on a réa­li­sé ra­pi­de­ment que les pa­rents de Jas­per la dé­si­raient vrai­ment leur école », ex­plique M. Le­mire.

Lu­cie Beau­champ se rap­pelle les débuts de l’école. « À cette époque, je n’étais pas pa­rent, mais par mon rôle à Parcs Ca­na­da, où j’ai à m’oc­cu­per du dos­sier des langues of­fi­cielles, un pa­rent est ve­nu me voir et se de­man­dait comment on fai­sait pour avoir une édu­ca­tion fran­co­phone. Is­sue d’une fa­mille exo­game, elle avait trois en­fants et elle vou­lait que le fran­çais reste dans la fa­mille», se sou­vient celle qui, au­jourd’hui, est pré­si­dente du con­seil d’école.

C’est fi­na­le­ment en sep­tembre 2002, avec 21 élèves ré­par­tis de la ma­ter­nelle à la 6e an­née que l’école Desro­chers ouvre ses portes. La pre­mière di­rec­trice de l’école est Ma­rie-Claude Faucher.

« J’en­sei­gnais à Saint-Paul et c’est là que j’ai connu Diane La­marre. Son ma­ri a par la suite été trans­fé­ré à Jas­per et de fil en ai­guille, j’ai su qu’il y avait dans l’air, un pro­jet d’édu­ca­tion fran­co­phone pour Jas­per », ex­plique Mme Faucher.

Dé­si­reuse d’en­sei­gner à Ed­mon­ton, Ma­rie-Claude Faucher a pas­sé une en­tre­vue avec Hen­ri Le­mire pour en­sei­gner au CSCN. « C’est à ce mo­ment que le pro­jet Jas­per m’a été pré­sen­té », dé­clare-t-elle.

« Nous avons com­men­cé avec deux en­sei­gnantes. Je n’avais que 27 ans et trois an­nées d’ex­pé­rience der­rière moi, mais puisque j’avais plus d’ex­pé­rience que l’autre, c’est moi qui ai hé­ri­té des fonc­tions de di­rec­trice », se re­mé­more celle qui au­ra fi­na­le­ment été di­rec­trice pen­dant sept an­nées, avant d’op­ter l’an der­nier, de se consa­crer uni­que­ment à l’en­sei­gne­ment puis­qu’elle est main­te­nant mère de deux jeunes en­fants. « Il fal­lait une belle naï­ve­té, à l’époque, pour em­bar­quer dans ce pro­jet », note-t-elle.

Feu de paille?

Mal­gré l’ou­ver­ture de l’école, il y avait de l’in­cer­ti­tude. « Plu­sieurs per­sonnes se de­man­daient si le pro­jet d’école fran­co­phone al­lait se pour­suivre. Il y avait beau­coup de mé­con­nais­sance du dos­sier. Cer­tains pa­rents ont pré­fé­ré re­gar­der le train pas­ser pen­dant une an­née avant d’em­bar­quer », in­dique Ma­rie-Claude Faucher. Laurent Bol­duc était un des convain­cus de la pre­mière heure. « Quand on s’est em­bar­qué dans le pro­jet, on avait confiance que ce­la était pour fonc­tion­ner, que ce­la n’était pas juste un es­sai », lance ce­lui qui est conseiller sco­laire au CSCN de­puis neuf ans main­te­nant.

« Ce­la a été dif­fi­cile au dé­but. Le chan­ge­ment est quelque chose qui fai­sait peur aux gens de Jas­per. Qu’on le veuille ou non, la for­mule de fi­nan­ce­ment (par élève) fait en sorte qu’on est en com­pé­ti­tion di­recte avec l’autre école, alors qu’elle pour­rait être, pour une com­mu­nau­té comme Jas­per, notre meilleure al­liée », sou­tient Laurent Bol­duc.

Pour le maire de Jas­per, Ri­chard Ire­land, la pré­sence de l’école Desro­chers fait en sorte « que l’on ap­pré­cie da­van­tage de­puis 10 ans l’im­por­tance de la culture fran­co­phone dans notre ville. Une com­mu­nau­té fran­co­phone forte, vi­brante et en­ga­gée fait de Jas­per une ville plus forte, vi­brante et en­ga­gée ».

Un se­con­daire

D’ailleurs, loin de fer­mer ses portes, l’école Desro­chers voit, deux ans après son ou­ver­ture, une aile se­con­daire être créée.

« Nous étions cen­sés of­frir des cours à cinq élèves en par­te­na­riat avec l’école an­glo­phone, mais quelques jours avant la ren­trée sco­laire, on nous a avi­sés que l’en­tente ne fonc­tion­nait plus. Pen­dant le long congé de sep­tembre, j’ai dû me pré­pa­rer pour en­sei­gner à cinq élèves qui com­men­çaient leur se­con­daire à temps plein à Desro­chers. Et non seule­ment elles étaient cinq à com­men­cer, mais elles ont toutes ob­te­nu leur di­plôme », s’ex­clame Ma­rieC­laude Faucher.

L’école est, à ses débuts, si­tuée dans deux classes mo­du­laires. Mais ra­pi­de­ment, celles-ci sont loin de ré­pondre aux be­soins de la cin­quan­taine d’élèves main­te­nant ins­crits à l’école fran­co­phone, nombre qui se main­tient de­puis. Si bien qu’en sep­tembre 2006, l’école Desro­chers dé­mé­nage dans un es­pace loué à la Lé­gion ca­na­dienne, un lo­cal dont l’es­pace li­mi­té ne peut mal­heu­reu­se­ment pas ré­pondre équi­ta­ble­ment à tous les be­soins en édu­ca­tion des élèves.

« Que d’aven­tures nous avons vé­cues en 10 ans… en­sei­gner dans le ju­bé de l’église avec des es­ca­liers casse-cou, en­sei­gner dans des cou­loirs, etc. Ce­la nous a pous­sés à être créa­tifs. Sou­vent, nous avions des gens qui ve­naient ici et en quit­tant, ils di­saient que do­ré­na­vant, ils ar­rê­te­raient de se plaindre », pré­sente Mme Faucher.

Tour­née vers l’avenir

En mai 2011, la nou­velle tant at­ten­due est ve­nue : l’école Desro­chers au­ra une nou­velle école à temps pour la ren­trée sco­laire 2014-2015. Cette nou­velle cons­truc­tion se fe­ra en par­te­na­riat avec le con­seil sco­laire an­glo­phone. « Ce­la fait long­temps qu’on l’at­tend cette école, mais à force de per­sé­vé­rance, de lutte et de beau­coup d’éner­gie, nous l’au­rons », sou­ligne Lu­cie Beau­champ.

« Le gros de la tâche est fi­na­le­ment ter­mi­né, mais cette nou­velle in­fra­struc­ture ne se­ra pas la fin. Il res­te­ra du tra­vail à faire pour s’as­su­rer que l’équi­va­lence soit at­teinte. Nous pour­rons dire mis­sion ac­com­plie lorsque la seule dif­fé­rence entre fré­quen­ter l’école an­glo­phone et l’école fran­co­phone se­ra la langue. Pré­sen­te­ment, pour les élèves, il y a un prix à payer pour fré­quen­ter l’école fran­co- phone », avance Laurent Bol­duc en évo­quant, no­tam­ment les cours op­tion­nels.

De ce cô­té, Ma­rie-Claude Faucher es­time que l’école Desro­chers ar­rive à se dé­mar­quer. « Mal­gré nos lo­caux, nous avons réus­si à dé­ve­lop­per des cours d’op­tions, comme la cui­sine. De plus, le fait que nous ayons des pe­tits nombres nous a per­mis de faire plu­sieurs voyages échange », note-t-elle.

Comme les autres membres qui gra­vitent au­tour de Desro­chers, Mme Faucher à bien hâte au mois de sep­tembre 2014. « On pense sou­vent à notre fu­ture nou­velle école. C’est évident! Mais aus­si, on se dit qu’il se­ra im­por­tant de ne pas perdre, avec le pro­chain dé­mé­na­ge­ment, l’es­prit de fa­mille que l’on pos­sède à l’heure ac­tuelle. On est tri­co­tés ser­ré et on est conscients qu’il fau­dra gar­der cet as­pect bien vi­vant », fait-elle re­mar­quer.

Comme l’a pré­sen­té l’ac­tuelle di­rec­trice de l’école, Hé­lène Gen­dron, « les pion­niers de l’école ont fait leur bout de che­min. Main­te­nant, nous sommes tour­nés vers l’avenir avec notre nou­velle école ».

Le maitre de cé­ré­mo­nie de la soi­rée, Co­rey Lo­ran­ger, a pré­sen­té l'his­toire de l'école Desro­chers en 10 cha­pitres, seg­ment qui a été par­se­mé de dis­cours de di­gni­taires.

Lu­cie Beau­champ, l'une des quatre pion­nières de l'école, a re­çu un cer­ti­fi­cat des mains de ses fils Eli et Tris­tan.

La contri­bu­tion de Diane La­marre a été évo­quée à plu­sieurs re­prises pen­dant la soi­rée.

Trois élèves ont été re­con­nus puis­qu'ils fré­quentent l'école Desro­chers de­puis ses débuts. Il s'agit de Ma­do­lan McKen­zie et Ash­ley Hayes ( 2e et 3e à par­tir de la gauche) ain­si que Ma­nuel Bol­duc- Her­nan­dez. Ces der­niers ont ac­cep­té un cer­ti­fi­cat des...

Pen­dant la soi­rée, Pierre Desro­chers, au nom de la fa­mille, a an­non­cé qu'il créait un Fonds de do­ta­tion pour l'école, le Fonds Da­vi­gnon- Desro­chers pour l'école Desro­chers, as­sor­ti d'une mise de fonds de 15 000 $. Il a, de plus, confir­mé que ses...

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