Jo­seph-mo­reau : la bonne op­tion?

Le Franco - - ÉDITORIAL -

Après plu­sieurs mois d’ana­lyse et de tra­vail, le Conseil sco­laire Centre-Nord (CSCN) va de l’avant avec son pro­jet de se por­ter ac­qué­reur et de ré­no­ver l’école Jo­seph-Mo­reau, si le gou­ver­ne­ment de l’Al­ber­ta ac­cepte, évi­dem­ment, de ver­ser les quelque 11 mil­lions $ né­ces­saires pour re­don­ner un re­nou­veau à l’édi­fice. Le CSCN, qui opte donc pour la rénovation plu­tôt que de de­man­der la construc­tion d’une nou­velle école, ne pou­vait faire au­tre­ment. En ef­fet, il au­rait pu faire par­ve­nir au gou­ver­ne­ment l’in­ten­tion de de­man­der une construc­tion toute neuve, mais le conseil a dé­jà éta­bli, et avec rai­sons d’ailleurs, que la prio­ri­té en ma­tière de nou­velle construc­tion était l’école se­con­daire fran­co­phone Alexandre-Ta­ché de Saint-Al­bert. Four­nir deux pro­jets sur la table en même temps alors que le gou­ver­ne­ment an­non­ce­ra, dé­but 2013, la construc­tion de 50 nou­velles écoles au­rait été un jeu dan­ge­reux. D’une part, au­cune ga­ran­tie n’a été faite par le mi­nistre de l’Édu­ca­tion Jeff John­son qu’un pro­jet fran­co­phone se­rait du lot. D’autre part, on peut ima­gi­ner le tol­lé des pa­rents de Saint-Al­bert, ad­ve­nant que le gou­ver­ne­ment dé­cide de construire une nou­velle école Jo­seph-Mo­reau tout en igno­rant Alexandre-Ta­ché. Mieux vaut cou­rir un seul lièvre à la fois et cette fois-ci, il se trouve à SaintAl­bert… Pour Jo­seph-Mo­reau, le CSCN es­père qu’elle fi­gu­re­ra dans la liste des 70 écoles qui se­ront ré­no­vées. De ce cô­té, l’es­poir est de mise, mais il ne fau­drait pas non plus re­te­nir son souffle trop long­temps. L’agran­dis­se­ment et la mo­der­ni­sa­tion de cette école se­con­daire fran­co­phone de pre­mier cycle ont été es­ti­més à 11 mil­lions $ par les ar­chi­tectes. Étant don­né que le gou­ver­ne­ment a in­ves­ti en 2011, 550 mil­lions $ pour 35 écoles, ce qui re­pré­sente 15,714 mil­lions $ en moyenne par école, ac­cep­te­rat-il de ver­ser 70 % de cette somme pour la rénovation de l’une d’entre elles? C’est ce que sou­haite un co­mi­té de pa­rents for­mé à la mi-no­vembre afin de faire pres­sion sur le gou­ver­ne­ment… si jamais ce­la ne fonc­tionne pas cette fois-ci, ce ne se­ra que par­tie re­mise et si Saint-Al­bert ob­tient son école, Jo­seph-Mo­reau de­vien­dra LA prio­ri­té du Centre-Nord.

Les 6es an­nées à Jo­seph-Mo­reau?

Tou­jours au ni­veau de l’in­fra­struc­ture fran­co­phone, lors de sa plus ré­cente ren­contre, les conseillers scolaires du CSCN ont ra­ti­fié une re­com­man­da­tion pour de­man­der à la pro­vince l’ajout d’une classe mo­du­laire à Notre-Dame, quatre à Sain­teJeanne-d’Arc et deux pour Père-La­combe. L’ob­jec­tif pour Notre-Dame est de désen­gor­ger l’école et an­ti­ci­per une crois­sance dans l’ouest de la ville, alors que pour les deux autres, il s’agit de désen­gor­ger et rem­pla­cer quatre vieilles classes mo­du­laires exis­tantes. Si la ré­ponse ob­te­nue s’avé­rait négative, le CSCN n’au­rait d’autre choix que de plan­cher sur un plan B. Dans cette op­tique, pour­quoi ne pas consi­dé­rer une re­fonte du sys­tème d’édu­ca­tion ca­tho­lique fran­co­phone dans la ca­pi­tale al­ber­taine. On pour­rait alors faire de Notre-Dame, Sainte-Jeanne-d’Arc et Père-La­combe des écoles of­frant la pré­ma­ter­nelle à la 5e an­née et re­grou­per les élèves de la 6e an­née à Jo­seph-Mo­reau. Ce­la en­trai­ne­rait un ef­fet do­mi­no ame­nant les élèves de 9e an­née à étu­dier à Mau­rice-La­val­lée pour en faire une école se­con­daire fran­co­phone de la 9e à la 12e an­née. Puisque l’école Mau­rice-La­val­lée, qui compte quelque 215 élèves cette an­née, a dé­jà vu près de 600 élèves la fré­quen­ter au cours d’une même an­née, la ques­tion de l’es­pace n’en­tre­rait pas en ligne de compte. Tous convien­dront que ce scé­na­rio s’éloigne des normes stan­dards aux­quelles les pa­rents sont ha­bi­tués, soit des écoles pri­maires (mat- 6e an­née), Ju­nior High (7e-9e an­née) et se­con­daire (10e-12e an­née), mais la fran­co­pho­nie al­ber­taine doit sou­vent s’éloi­gner des cadres ré­gu­liers pour as­su­rer le plein rayon­ne­ment de sa clien­tèle. D’ailleurs, l’idée, qui n’est pas nou­velle soit dit en pas­sant, si elle était réa­li­sable en terme lo­gis­tique, mé­rite peut-être une ana­lyse plus pous­sée, si la pro­vince dé­cide de ne pas ré­no­ver l’école à court terme, car il se­rait im­pos­sible de re­grou­per à Mau­ri­ceLa­val­lée des élèves de la 6e à la 12e an­née…

- Étienne Ala­ry

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