Une sur­prise pour la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine!

La ville de Saint-al­bert a dé­ci­dé, le 27 no­vembre der­nier, d’ho­no­rer ses fon­da­teurs. Dé­sor­mais, le 14 jan­vier se­ra pro­cla­mé la jour­née de re­con­nais­sance aux fon­da­teurs de cette com­mu­nau­té qui a cé­lé­bré, en 2011, son 150e an­ni­ver­saire.

Le Franco - - Journée Des Pionniers Á Saint-Albert -

« C’est une agréable sur­prise. On ne s’y at­ten­dait pas du tout », s’est ex­cla­mé le pré­sident de l’As­so­cia­tion ca­na­dien­ne­fran­çaise de l’Al­ber­ta (ACFA) ré­gio­nale de Cen­tral­ta, Da­vid Fré­chette, en réac­tion à la dé­ci­sion du conseil mu­ni­ci­pal de pro­cla­mer le 14 jan­vier, la Jour­née des pion­niers. Se­lon l’his­toire, ce se­rait le 14 jan­vier 1861, ou au­tour de cette date, que le Père Al­bert La­combe et Mgr Alexandre-Ta­ché, en re­ve­nant de la mis­sion du lac Saint-Anne, s’étaient ar­rê­tés sur la haute col­line qui sur­plombe la ri­vière Es­tur­geon. Mgr Ta­ché au­rait alors plan­té son bâ­ton de marche et don­né son ap­pro­ba­tion pour que la mis­sion de Saint-Al­bert soit éri­gée à cet en­droit. « Saint-Al­bert a une his­toire riche et nous de­vons nous en sou­ve­nir et ho­no­rer ceux qui l’ont créée et qui ont contri­bué à son dé­ve­lop­pe­ment pour qu’elle de­vienne une ville », s’est ex­cla­mé le maire No­lan Crouse. « En pro­cla­mant cette jour­née, nous nous as­su­rons que l’importante contri­bu­tion soit sou­li­gnée chaque an­née », ajoute-t-il. De­puis cette an­nonce, Da­vid Fré­chette a dé­jà été en contact avec le maire Crouse. « Dans le com­mu­ni­qué que la ville a pu­blié, on parle de pro­cla­mer le Foun­ders’ Day. À mon avis, il fau­drait plu­tôt pro­cla­mer le 14 jan­vier comme étant la Jour­née des pion­niers/Foun­ders’ Day. J’ai eu un échange avec le maire à cet ef­fet et il re­con­nait que le nom de­vrait être bi­lingue », avance M. Fré­chette. Ce der­nier es­time que cet ou­bli est lié au fait que pour la mu­ni­ci­pa­li­té, « ajou­ter le fran­çais n’est pas une réac­tion au­to­ma­tique ». Pour France Le­vas­seur-Oui­met, tou­jours très im­pli­quée dans tout ce qui touche l’his­toire fran­co-al­ber­taine, cette an­nonce té­moigne de l’évo­lu­tion de l’Al­ber­ta. « Len­te­ment, pe­tit à pe­tit, les at­ti­tudes changent et on vient à re­con­naitre la contri­bu­tion de la fran­co­pho­nie », avance-t-elle. Pour ob­te­nir ces ré­sul­tats, il faut aus­si que des or­ga­nismes et des in­di­vi­dus croient dans la pré­ser­va­tion de l’his­toire. « Si on ne fait pas notre part, si on ne prend pas notre place, des fois, on rate des oc­ca­sions. Par exemple, lors du cen­tième an­ni­ver­saire de l’Al­ber­ta, qui a été cé­lé­bré en 2005, on n’était pas prêt à prendre notre place », sou­ligne Mme Le­vas­seur-Oui­met en pré­ci­sant que la créa­tion de la So­cié­té his­to­rique fran­co­phone de l’Al­ber­ta contri­bue­ra à com­bler ce vide.

Le dé­clic

Pour Da­vid Fré­chette, il ne fait au­cun doute que le 150e an­ni­ver­saire de Saint-Al­bert a per­mis à la com­mu­nau­té fran­co­phone de se­mer ce qu’elle ré­colte au­jourd’hui. « C’est in­croyable à quel point la men­ta­li­té à Saint-Al­bert a chan­gé de­puis 2011. Notre ob­jec­tif à l’époque était de mettre la fran­co­pho­nie sur la place pu­blique. Ce­la n’a pas été évident au dé­part, car la ré­cep­ti­vi­té n’était pas au ren­dez-vous. Nous en étions même dé­cou­ra­gés par mo­ment, mais nous n’avons pas bais­sé les bras », es­time M. Fré­chette. Le pré­sident de l’ACFA ré­gio­nale Cen­tral­ta croit que la te­nue de la Fête fran­co-al­ber­taine à Saint-Al­bert a chan­gé la donne. « Avant, nous n’étions pas de­vant un sen­ti­ment anti-fran­co­phone, mais nous fai­sions face à un dés­in­té­res­se­ment à la fran­co­pho­nie. Le maire était pré­sent à la Fête fran­co-al­ber­taine et on a sen­ti qu’il ve­nait de faire une dé­cou­ver­ture de la ri­chesse et de la joie de vivre fran­co­phone. De­puis, la men­ta­li­té des élus mu­ni­ci­paux et même de cer­tains lea­ders de la com­mu­nau­té re­con­naissent que la fran­co­pho­nie a dé­jà exis­té et qu’elle existe en­core », ex­plique Da­vid Fré­chette.

Pro­chaine étape

Pour M. Fré­chette, la pro­cla­ma­tion du 14 jan­vier n’est qu’une étape. « Mon ob­jec­tif est tou­jours que la ville de SaintAl­bert soit re­con­nue comme une ville bi­lingue », dé­clare-t-il. D’ici là, les fran­co­phones en­tendent bien être pré­sents, le 14 jan­vier 2013, lorsque la ville pro­cla­me­ra of­fi­ciel­le­ment la pre­mière Jour­née des pion­niers/ Foun­ders’ Day.

- Le Fran­co

Se­lon Da­vid Fré­chette, la Fête fran­co- al­ber­taine 2011 a joué un grand rôle pour de conscien­ti­sa­tion. Sur la pho­to, quelques di­gni­taires pré­sents lors de la cé­ré­mo­nie d’ou­ver­ture de cette fête : Da­vid Fré­chette, Hec­tor Gou­dreau (qui était alors mi­nistre res­pon­sable du Se­cré­ta­riat fran­co­phone, le maire de Saint- Al­bert No­lan Crouse, Pierre Ber­ge­ron, Jean- Claude La­joie et Ken All­red (dé­pu­té pro­vin­cial de Saint- Al­bert de 2008 à 2012).

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