Re­don­ner confiance aux consom­ma­teurs

Qui n’est jamais sor­ti de son ga­ra­giste avec un sen­ti­ment d’avoir été floué, d’avoir plus de ques­tions que de ré­ponses, sur­tout si la fac­ture s’élève à quelques cen­taines de dol­lars? Mes freins étaient-ils aus­si usés que ce qu’on m’a dit? Mon al­ter­na­teur

Le Franco - - Mike Et Sam Djerroud -

Tout ce qui touche la mé­ca­nique au­to­mo­bile peut s’avé­rer un vrai casse-tête pour les gens, sur­tout si les échanges se font en an­glais et qu’on ne mai­trise pas la langue. Il de­vient alors fa­cile de lais­ser échap­per cer­taines sub­ti­li­tés. Pour les nou­veaux ar­ri­vants fran­co­phones – qu’ils soient mi­grants ou im­mi­grants – il est pos­sible de par­ler de son au­to­mo­bile en fran­çais chez Pride Au­to­mo­tive, un ga­rage qui ap­par­tient à deux fran­co­phones. D’ori­gine ma­gré­bine – leur mère est Al­gé­rienne et leur père est Fran­çais – Mike et Sam Djer­roud sont ar­ri­vés en Al­ber­ta il y a quatre et deux ans et de­mi res­pec­ti­ve­ment. « Nous avons pas­sé notre vie au Qué­bec et nous étions à la re­cherche d’un nou­veau dé­fi : avoir notre propre ga­rage. L’Al­ber­ta, de par sa crois­sance éco­no­mique, le nombre d’achats de vé­hi­cules par an­née et son haut taux d’ac­ci­dents, s’avé­rait une des­ti­na­tion in­té­res­sante qui of­frait les meilleurs avan­tages », a avoué Mike Djer­roud. Ar­ri­vé à Ed­mon­ton en 2008, le jeune mé­ca­ni­cien de mé­tier doit par­faire sa for­ma­tion avant de réa­li­ser son rêve. « J’ai ou­vert un ga­rage dans le nord de la ville et c’était du style « faites-le vous-mêmes ». Le ga­rage don­nait du sup­port et four­nis­sait des ou­tils aux gens.

Ce ga­rage a été opé­ré pen­dant un an, ce qui m’a aus­si per­mis de faire mon cours d’équi­va­lence comme mé­ca­ni­cien à NAIT ( Nor­thern Al­ber­ta Ins­ti­tute

of Tech­no­lo­gy). J’ai été conseiller tech­nique au Qué­bec, mais en al­lant cher­cher les équi­va­lences, ce­la m’a aus­si per­mis de mieux dé­cou­vrir les termes en an­glais », men­tionne-t-il. Les équi­va­lences ob­te­nues, Mike Djer­roud, qui a au­jourd’hui 29 ans, fait ve­nir son pe­tit frère Sam. « J’ai tra­vaillé dans le sec­teur ban­caire, mais j’étais bla­sé. Je sen­tais que le Qué­bec n’avait plus rien à m’ap­por­ter. J’ai dé­ci­dé de ve­nir joindre Mike pour nous lan­cer, en­semble, en af­faires », lance Sam Djer­roud. Les deux fran­gins se mettent à la re­cherche d’un site pour réa­li­ser leur rêve. Lors­qu’ils vi­sitent un en­tre­pôt de 12 000 pieds car­rés, si­tué au coin de la 99e Rue et de la 63e Ave­nue, ils n’hé­sitent pas long­temps avant de si­gner un bail de 10 ans. « Cet en­tre­pôt nous per­met­tait d’at­teindre un ob­jec­tif que nous nous étions fixé : être en me­sure de tout faire sous un même toit, que ce soit la mé­ca­nique-élec­tro­nique, la car­ros­se­rie et la créa­tion ar­tis­tique per­son­na­li­sées ( cus­tom brush) », sou­ligne Mike Djer­roud. « Nous sommes aus­si en me­sure de faire l’ins­pec­tion pro­vin­ciale qui est né­ces­saire pour les gens qui dé­mé­nagent ici », ajoute-t-il. Les deux hommes passent plu­sieurs mois à construire « leur ga­rage ». « Nous l’avons amé­na­gé comme nous vou­lions, l’aire d’at­tente, la ré­cep­tion, nos bu­reaux ad­mi­nis­tra­tifs au 2e étage. Une pas­se­relle à aire ou­verte per­met­tant aux clients de voir le tra­vail qui se fait, etc. », pré­sente Sam. « On a ache­té tout le ma­té­riel. Comme notre ca­bine de pein­ture qui est ve­nue de la Ca­li­for­nie. Ce­la a pris trois mois à as­sem­bler », en­chaine Mike. C’est en avril 2011 que Pride Au­to­mo­tive a ou­vert of­fi­ciel­le­ment ses portes. « Si l’on fait abs­trac­tion des conces­sion­naires au­to­mo­biles, on est le plus gros ga­rage au­to­mo­bile en ville », lance fiè­re­ment l’ai­né.

Clien­tèle fran­co­phone

Au­jourd’hui, l’en­tre­prise em­ploie neuf per­sonnes. Outre les deux pro­prié­taires, au moins un autre em­ployé peut ser­vir les clients en fran­çais. De­puis leur ou­ver­ture, Pride Au­to­mo­tive ac­cueille une af­fluence constante de clients fran­co­phones. « Je n’avais jamais pen­sé qu’il y avait une aus­si grande com­mu­nau­té fran­co­phone à Ed­mon­ton et en Al­ber­ta. Des gens ve­nus d’ailleurs, mais aus­si des per­sonnes qui sont nées ici », sou­tient Mike Djer­roud, qui es­time que les fran­co­phones re­pré­sentent plus de 25 % de sa clien­tèle. Les deux frères sont heu­reux de pou­voir ser­vir au­tant de fran­co­phones. Pour eux, ce­la consti­tue un avan­tage. « On ne se le ca­che­ra pas, pour la ma­jo­ri­té des gens, les ga­ra­gistes n’ont pas une bonne ré­pu­ta­tion. C’est notre chal­lenge de dé­mon­trer qu’on est hon­nête et on veut prou­ver à nos clients qu’ils peuvent nous faire confiance », avance Mike. Ce der­nier n’a pas à al­ler trop loin dans ses pen­sées pour ima­ger ses pro­pos. « En­core au­jourd’hui, un fran­co­phone est ve­nu. Il ar­ri­vait de son conces­sion­naire pour des pro­blèmes sur un vé­hi­cule qui affiche plus de 200 000 ki­lo­mètres au comp­teur. Il vou­lait une deu- xième opi­nion sur une fac­ture pou­vant s’éle­ver à 3000 $. En re­gar­dant le vé­hi­cule, on a vite re­mar­qué que le conces­sion­naire vou­lait lui faire chan­ger des choses qui n’étaient même pas né­ces­saires, mais qu’il avait omis de lui pré­sen­ter d’autres pro­blèmes pou­vant en­trai­ner des couts as­tro­no­miques s’ils n’étaient pas ré­glés », té­moigne Mike Djer­roud. « Nous avons pris le temps de l’ame­ner avec nous et lui mon­trer exac­te­ment, sous le vé­hi­cule, les pro­blèmes. En fin de compte, cette fois-ci, ce­la va lui cou­ter seule­ment 500 $. Nous com­men­çons en af­faires. Pour nous, il est im­por­tant de bâ­tir de bonnes re­la­tions avec le client. Le bouche-à-oreille est plus im­por­tant, car ce contact va nous ame­ner d’autres gens », pré­sente l’ai­né des deux frères. « On au­rait pu cor­ro­bo­rer ce que le conces­sion­naire lui de­man­dait de faire. Oui, ce­la au­rait été plus payant pour nous à court terme, mais cer­tai­ne­ment pas à moyen et long terme. On veut vrai­ment, à Pride Au­to­mo­tive, bâ­tir ce lien de confiance avec notre clien­tèle », ajoute-t-il.

Conti­nuer à bâ­tir

Dans leur plan d’af­faires, Pride Au­to­mo­tive at­teint ses ob­jec­tifs. « Dans toute nou­velle en­tre­prise, les pre­mières an­nées sont im­por­tantes. On s’est don­né trois an­nées pour dé­pas­ser le seuil de la ren­ta­bi­li­té. Les choses vont bien », fait re­mar­quer Sam, qui est le comp­table de la com­pa­gnie, tout en étu­diant lui aus­si pour de­ve­nir mé­ca­ni­cien. Étant re­la­ti­ve­ment nou­veau à Ed­mon­ton, le nom du ga­rage gagne à être connu. « Par exemple, c’est nous qui sommes main­te­nant res­pon­sables de l’ins­tal­la­tion d’ac­ces­soires pour les vé­hi­cules qui pro­viennent de Der­rick Dodge », af­firme Mike Djer­roud. Ils sou­haitent aus­si ac­croitre le nombre de vé­hi­cules im­pli­qués dans des col­li­sions qu’ils ac­cueillent. « On ne sou­haite pas d’ac­ci­dents à per­sonne, mais ce­la ar­rive. Des fois, les per­sonnes pensent que c’est leur com­pa­gnie d’as­su­rance qui dé­cide où va le vé­hi­cule, mais ce­la est faux, se­lon le Bu­reau d’as­su­rance du Ca­na­da. Le client peut choi­sir », lance Sam Djer­roud Quel se­rait l’avan­tage d’al­ler à Pride Au­to­mo­tive plu­tôt qu’ailleurs? « On peut tout faire sous un même toit. Donc, les ré­pa­ra­tions pren­dront moins de temps ici qu’ailleurs. Sou­vent, dans d’autres en­droits, un ga­rage va faire la mé­ca­nique, en­suite va l’en­voyer ailleurs pour la car­ros­se­rie, etc. », dé­clare Mike Djer­roud. Ceux qui sou­haitent dé­cou­vrir Pride Au­to­mo­tive : le ga­rage est si­tué pas trop loin du quar­tier fran­co­phone d’Ed­mon­ton, soit au coin de la 99e Rue et de la 63e Ave­nue (9831 – 63e Ave.). Il est pos­sible de vi­si­ter le site In­ter­net : www.pri­deau­to­mo­tive.ca

Pride Au­to­mo­tive des frères Djer­roud est si­tué pas trop loin du quar­tier fran co­phone, soit au coin de la 99e Rue et de la 63e Ave­nue ( 9831 – 63e Ave.).

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