Un gain réel?

Le Franco - - ÉDITORIAL -

Sur la scène fé­dé­rale, le gou­ver­ne­ment conser­va­teur a confir­mé, en dé­but de se­maine, qu’il al­lait ap­puyer le pro­jet de loi C-419, éma­nant de la dé­pu­tée néo-dé­mo­crate Alexan­drine La­ten­dresse. Ce pro­jet in­ti­tu­lé Loi sur les com­pé­tences lin­guis­tiques, qui obli­ge­rait 10 agents du Par­le­ment à être bi­lingue dès leur en­trée en poste, avait été dé­ve­lop­pé à la suite de la no­mi­na­tion en no­vembre 2011 d’un vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral uni­lingue an­glo­phone. Faut-il vrai­ment s’éton­ner de voir le gou­ver­ne­ment Har­per ap­puyer ce pro­jet de loi, qui vient de pas­ser l’étape de la pre­mière lec­ture? Pas vrai­ment, puisque le pre­mier mi­nistre du Ca­na­da a même re­con­nu, il y a quelques se­maines, que la no­mi­na­tion de Mi­chael Fer­gu­son avait été une er­reur, puisque ce der­nier ne par­lait pas fran­çais. D’ailleurs, M. Fer­gu­son s’était im­po­sé l’échéan­cier d’ap­prendre la langue de Mo­lière au cours de sa pre­mière an­née en poste et tout in­dique que le vé­ri­fi­ca­teur gé­né­ral ne ren­con­tre­ra pas cet ob­jec­tif… La bonne nou­velle avec l’ap­pui conser­va­teur au pro­jet de loi de Mme La­ten­dresse est que les mi­no­ri­tés lin­guis­tiques sont as­su­rées d’une chose : le pro­chain com­mis­saire aux langues of­fi­cielles se­ra bi­lingue! Plus sé­rieu­se­ment, il fau­dra voir comment les conser­va­teurs en­tendent mo­di­fier ce pro­jet de loi au cours des pro­chaines se­maines avant de dé­ter­mi­ner quel est leur ap­pui en­vers le bi­lin­guisme à ces postes clés au Par­le­ment. En ef­fet, en ap­puyant le pro­jet de loi néo-dé­mo­crate en deuxième lec­ture, après son dé­pôt en mai 2011, les conser­va­teurs sont en fa­veur avec le « prin­cipe » du pro­jet de loi, mais ils sont aus­si d’avis que des ajus­te­ments tech­niques de­vront être ap­por­tés en co­mi­té par­le­men­taire. C’est donc vé­ri­ta­ble­ment en fé­vrier ou mars, lorsque ce pro­jet de loi re­vien­dra à la Chambre des com­munes pour un vote en 3e lec­ture que la po­pu­la­tion se­ra en me­sure de voir si le vé­ri­table prin­cipe du bi­lin­guisme a été noyé par une pa­no­plie d’ajus­te­ments. Ad­ve­nant qu’il soit adop­té aux Com­munes, ce pro­jet de­vra en­suite être adop­té par le Sé­nat où là aus­si, les conser­va­teurs ont la ma­jo­ri­té! Pré­ci­sons que ce pro­jet de loi ne touche en rien la ques­tion du bi­lin­guisme des juges à la Cour su­prême du Ca­na­da. Une ques­tion où les conser­va­teurs se sont mon­trés pas mal moins ou­verts!

***** ***** ***** C’est le wee­kend der­nier que s’est te­nue la 18e édi­tion du RiRe. Une fois de plus les adeptes de ce ren­dez-vous hu­mo­ris­tique de fin d’an­née n’ont pas été dé­çus grâce à une per­for­mance ins­pi­rée des Jo­sée Thi­beault, Pa­trick Hen­ri, Eve-Ma­rie For­cier et Steve Jo­doin. Il est dom­mage que Vincent For­cier a été re­te­nu par d’autres en­ga­ge­ments pro­fes­sion­nels, mais cette ab­sence a per­mis au pu­blic de dé­cou­vrir Éric Thi­beault. Sa pres­ta­tion a d’ailleurs été re­le­vée par plu­sieurs par­ti­ci­pants qui ont vu en son nu­mé­ro de joueur de hockey en lock-out le mo­ment fort du spec­tacle. Les spec­ta­teurs ont éga­le­ment pu ap­pré­cier la touche d’An­na-Ma­ria Le­Maistre. Dom­mage qu’il s’agis­sait en quelque sorte de la fin du Rire, avec le dé­mé­na­ge­ment à la fin du mois de dé­cembre de Jo­sée Thi­beault et l’an­nonce d’une der­nière par­ti­ci­pa­tion comme co­mé­dien de Pa­trick Hen­ri. Lan­cé en 1994, le RiRe était de­ve­nu un in­con­tour­nable dans les moeurs fran­co-al­ber­taines d’Ed­mon­ton et de par­tout en pro­vince, par le tru­che­ment de la ra­dio de Ra­dio-Ca­na­da. Il n’est pas dit qu’il ne re­vien­dra pas, mais la barre a été pla­cée très haute pour la pro­chaine Gang du RiRe…

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