Sol­dat Al­phonse La­force : hé­ros de chez-nous!

Le Franco - - AVANT QUE J'OBLIE... -

Al­phonse La­force est né à Legal, le 21 oc­tobre 1923. Il est le fils de Louis La­force et Léo­na Blan­chard. Al­phonse était membre du Loyal Ed­mon­ton Re­gi­ment (The Loyal Ed­dies) et bran­car­dier du ré­gi­ment. Sa tâche était de se­cou­rir les sol­dats bles­sés sous le feu de l’en­ne­mi. On ne peut pas ima­gi­ner le stress trau­ma­tique qu’Al­phonse éprou­vait comme in­fir­mier de pre­miers soins. Dans une lettre à son père, Al­phonse ex­prime sa dé­tresse : « … Der­niè­re­ment ma Com­pa­gnie a lan­cé une forte at­taque. Des 30 hommes de mon pe­lo­ton, huit seule­ment sont res­tés de­bout. Bran­car­dier que je suis, j’ai pas­sé la jour­née à cou­rir au se­cours des bles­sés, à tra­vers une averse de balles et un orage de shrap­nels. J’avais tel­le­ment peur que les larmes me cou­laient des yeux comme un ruis­seau. J’ai te­nu bon, j’ai fait mon de­voir jus­qu’au bout… Plus tard, par une nuit d’en­fer, en tra­ver­sant une ri­vière sous la mi­trailleuse et les gre­nades, j’avais de l’eau jusque sous les bras et je trem­blais de peur. Mon né­ces­saire de se­cours était troué de balles, mes ci­seaux dedans étaient cas­sés, mon masque pen­du à ma cein­ture était tout ef­fri­té. … » C’est dans la nuit du 12 avril 1945 qu’Al­phonse ren­con­tra son des­tin. L’ar­mée ca­na­dienne était en­ga­gée dans les der­nières phases de la li­bé­ra­tion des Pays-Bas (la Hol­lande). Son ré­gi­ment The Loyal Ed­dies fran­chis­sait la ri­vière Ljs­sel près de Gors­sel. Al­phonse fi­nis­sait de ban­der les bles­sures d’un confrère d’armes lors­qu’il fut fau­ché par une balle au crâne, mort dou­lou­reuse pour la fa­mille. Il avait sur­vé­cu à la Cam­pagne d’Ita­lie et fut tué trois se­maines avant la fin des hos­ti­li­tés. La mé­daille mi­li­taire, mé­daille don­née aux hommes et aux femmes pour un ou plu­sieurs actes de bra­voure et de dé­voue­ment sous le feu de l’en­ne­mi, fut dé­cer­née à Al­phonse La­force. De plus, en re­con­nais­sance pour son ser­vice mi­li­taire ex­cep­tion­nel, le gou­ver­ne­ment ca­na­dien nom­ma un lac à son nom. Lac La­force est si­tué seule­ment 75 ki­lo­mètres au NordEst de Fa­ro, au Yu­kon. C’est un lac très fré­quen­té par les pê­cheurs spor­tifs. En éloge au Sol­dat Al­phonse La­force, hé­ros fran­co-al­ber­tain, j’ai choi­si quelques lignes d’un poème de guerre dé­dié aux in­fir­miers : « S’il y a des hommes que l’on doit re­mer­cier Sans au­cun doute, ce sont les in­fir­miers. Pro­té­gés seule­ment par une croix rouge sur un bras­sard Ils pan­saient les sol­dats bles­sés Ils ont su don­ner d’eux-mêmes, ce qu’il y a de meilleur Sou­vent pour sau­ver une vie, ils per­daient la leur. »

-Hu­bert De­nis, sol­dat fran­co-amé­ri­cain.

Je me sou­viens.

La mé­daille mi­li­taire. Source : Site Web An­ciens Com­bat­tants Ca­na­da

La pierre tom­bale du sol­dat Al­phonse La­force. Source : Site Web An­ciens Com­bat­tants Ca­na­da

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