L’es­souf­fle­ment bé­né­vole

Le Franco - - ÉDITORIAL - -Étienne Ala­ry

Deux as­sem­blées gé­né­rales an­nuelles, deux or­ga­nismes qui peinent à trou­ver le nombre de bé­né­voles né­ces­saires pour as­su­rer leur plein dé­ve­lop­pe­ment; l’an­née 2013 se­ra-t-elle mar­quée par l’es­souf­fle­ment des bé­né­voles dans la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine? C’est du moins ce qui se dé­gage de l’AGA du Club des re­trai­tés d’Ed­mon­ton (CRE), te­nue le 20 jan­vier der­nier. En ef­fet, alors que la po­pu­la­tion fran­co-al­ber­taine est vieillis­sante, comment ex­pli­quer que le CRE se re­trouve au­jourd’hui sans per­sonne à la pré­si­dence, se­cré­taire et tré­so­re­rie? Certes, l’ab­sence d’in­té­res­sés lors de la ren­contre est une chose, mais ne pas avoir réus­si à dé­ni­cher des can­di­dats et confir­mer leur in­té­rêt avant ce ras­sem­ble­ment dé­montre que les élus po­ten­tiels ne font pas la file à la porte. Heu­reu­se­ment, le CRE peut comp­ter sur un noyau d’élus qui se­ra en me­sure de fonc­tion­ner jus­qu’à ce que les perles rares soient trou­vées! La si­tua­tion d’Éduk, dont l’AGA a eu lieu le 30 jan­vier der­nier, est en­core plus in­quié­tante. L’or­ga­nisme a pei­né pour at­teindre son quo­rum, et ce, après avoir re­pous­sé l’as­sem­blée à une re­prise, faute d’avoir le nombre de membres né­ces­saire. Au terme de cette réunion, seule­ment trois per­sonnes forment le nou­veau conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, alors que les sta­tuts et rè­gle­ments in­diquent que le CA doit être com­po­sé d’au moins six élus et d’au plus 10. Ayant des man­dats bien dif­fé­rents, ces deux or­ga­nismes par­tagent tou­te­fois une chose en com­mun : l’ab­sence de res­sources hu­maines pour as­su­rer le fonc­tion­ne­ment des ac­ti­vi­tés de l’or­ga­nisme. En d’autres mots, le CRE et Éduk ont eu la chance de pou­voir comp­ter sur des élus en­ga­gés et dé­voués qui n’ont pas comp­té leurs heures pour le bien de leur or­ga­nisme. Ce­la ne re­met pas en ques­tion l’en­ga­ge­ment des autres élus que l’on re­trouve dans la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine, mais tous convien­dront que la tâche des élus est fa­ci­li­tée lors­qu’un or­ga­nisme peut comp­ter sur un sa­la­rié. Faire le constat de cette si­tua­tion est une chose, mais trou­ver les so­lu­tions pour y re­mé­dier en est une autre, si so­lu­tions il y a, évi­dem­ment… De­vant ces constats, faut-il par­ler d’es­souf­fle­ment ou se­rait-il plu­tôt ap­pro­prié d’uti­li­ser le mot dés­in­té­res­se­ment?

Se­cré­ta­riat fran­co­phone me­na­cé?

Par ailleurs, le gou­ver­ne­ment de l’Al­ber­ta a créé une lé­gère com­mo­tion dans la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine en of­frant aux Al­ber­tains l’op­tion d’éli­mi­ner le Se­cré­ta­riat fran­co­phone dans leur exer­cice d’équilibre budgétaire ( bud­get­choice.ca). Puisque le dé­fi­cit at­tein­dra 4 mil­liards $ se­lon plu­sieurs ex­perts, et non 2,6 mil­liards $ tels qu’avan­cés il y a quelques se­maines par la pro­vince, épar­gner 650 000 $ pa­rait très su­per­fi­cielle comme me­sure, sur­tout lors­qu’on prend en consi­dé­ra­tion le rôle clé que joue cet in­ter­mé­diaire entre les fran­co­phones et le gou­ver­ne­ment. Il était plu­tôt mal­adroit par le mi­nistre des Fi­nances d’in­sé­rer cette pos­si­bi­li­té dans les com­pres­sions pos­sibles du mi­nis­tère de la Culture et il se­rait très éton­nant que cette op­tion soit réel­le­ment im­plan­tée.

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