Les écoles, un moyen na­tu­rel de pro­mou­voir et dif­fu­ser l’his­toire

Le Franco - - ACFA RÉGIONALE DE JASPER - - Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

Avec 34 écoles et plus de 5000 élèves, la Fé­dé­ra­tion des conseils scolaires fran­co­phones de l’Al­ber­ta (FCSFA) s’en­gage à pro­mou­voir et faire connaitre les res­sources qui se­ront dé­ve­lop­pées par la So­cié­té his­to­rique fran­co­phone de l’Al­ber­ta (SHFA). « Ce­la reste spé­cu­la­tif du tra­vail qui se­ra ef­fec­tué par la So­cié­té dans le fu­tur et notre rôle pour­rait chan­ger, mais nous sommes un ex­cellent moyen de com­mu­ni­ca­tion et de dis­tri­bu­tion », croit le di­rec­teur gé­né­ral de la FCSFA, Gé­rard La­vigne. En tant que membre fon­da­teur de la SHFA, la Fé­dé­ra­tion des conseils scolaires fran­co­phones de l’Al­ber­ta compte être di­rec­te­ment im­pli­quée dans les ac­ti­vi­tés qui se­ront en­tre­prises par la So­cié­té. La FCSFA s’en­gage à ce que deux membres du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion pro­viennent du mi­lieu sco­laire. Pour l’ins­tant, il s’agit du di­rec­teur gé­né­ral du Conseil sco­laire Centre-Nord, Hen­ri Le­mire, ain­si que de Gé­rard La­vigne. Ce der­nier ajoute que le suc­cès de l’or­ga­nisme ré­side en par­tie dans le fait que les membres fon­da­teurs, la FCSFA, le Cam­pus Saint-Jean, ain­si que l’As­so­cia­tion ca­na­dienne-fran­çaise de l’Al­ber­ta sont des joueurs is­sus de la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine. Ils sont éga­le­ment des par­te­naires du­rables qui as­surent un lien avec cette der­nière. La FCSFA a un in­té­rêt tout par­ti­cu­lier de s’in­té­res­ser à la mise sur pied d’un tel or­ga­nisme. « Nous vou­lons que nos jeunes et notre per­son­nel en­sei­gnant aient ac­cès à des sources fiables d’in­for­ma­tions afin de rendre vi­sible et vi­vante l’his­toire ca­na­dienne », af­firme le di­rec­teur de la Fé­dé­ra­tion. Un ap­port per­ti­nent puisque de­puis les cinq à 10 der­nières an­nées de plus en plus d’élèves pro­viennent de l’ex­té­rieur de la pro­vince. M. La­vigne se ré­jouit que les sources qui se­ront uti­li­sées en classes pro­viennent d’un or­ga­nisme lo­cal plu­tôt que de l’étran­ger ou du mi­lieu com­mer­cial.

La pointe de l’ice­berg

Les deux hommes s’en­tendent tou­te­fois pour dire que la SHFA a du pain sur la planche avant que son impact ne se fasse vé­ri­ta­ble­ment res­sen­tir. « Comme tout groupe qui s’or­ga­nise au­tour d’un thème dans la com­mu­nau­té fran­co­phone, ce­lui­ci doit ef­fec­tuer un tra­vail de fon­da­tion. Elle doit éta­blir son man­dat, ses prin­cipes, sa mis­sion et sa vi­sion. La SHFA en est à ce stade », avance M. Le­mire. Des fon­de­ments so­lides as­su­re­ront la pé­ren­ni­té de l’or­ga­nisme et lui per­met­tra d’avoir un ef­fet por­teur. Par la suite, il fau­dra un cer­tain temps avant que la SHFA ne ré­per­to­rie ce qui existe dé­jà dans le do­maine de l’his­toire fran­co­phone en Al­ber­ta. « Nous sommes conscients qu’à un ni­veau anec­do­tique, il y a beau­coup plus de choses qui existent que ce qui se fait main­te­nant. Nous ne sau­rons pas s’il existe des la­cunes dans notre pro­gramme avant que la SHFA n’ait ef­fec­tué un cer­tain tra­vail », in­dique M. La­vigne. Ce der­nier sou­haite voir un ré­seau­tage et une meilleure dif­fu­sion du tra­vail ef­fec­tué dans le do­maine de l’his­toire fran­co­phone dans la pro­vince. Il se dit con­fiant de voir des pro­jets se concré­ti­ser à me­sure que le tra­vail s’ef­fec­tue­ra à la SHFA.

Ra­con­ter l’his­toire

Hen­ri Le­mire s’in­ter­roge à sa­voir comment la So­cié­té his­to­rique pour­ra dé­ve­lop­per des le­çons sur un su­jet pré­cis pour en­ri­chir le pro­gramme. « Si l’on se pen­chait sur le rôle des hommes et des femmes pen­dant les grandes guerres, par exemple, on dé­cou­vri­rait sur­ement des his­toires à vous cre­ver le coeur », dit-il, per­sua­dé.

Les té­moi­gnages, les pho­tos et les anec­dotes per­mettent de créer des le­çons riches et ac­ces­sibles. « Les jeunes sont fas­ci­nés par les ré­cits de faits his­to­riques qu’ils peuvent re­lier à leurs an­cêtres. Ce sont des choses aptes à sus­ci­ter leur in­té­rêt », laisse sa­voir Gé­rard La­vigne. Se­lon lui, des dé­marches de­vront être en­tre­prises au­près d’Al­ber­ta Edu­ca­tion afin d’éva­luer si cer­taines res­sources qui se­ront pro­duites pour­ront ve­nir com­plé­ter le cur­ri­cu­lum. Hen­ri Le­mire men­tionne éga­le­ment un pro­jet pi­lote au CSCN où les élèves vi­sitent Fort Ed­mon­ton dans le cadre de leur cours d’études so­ciales, afin d’étu­dier le pre­mier contact des co­lons avec les autochtones. « La So­cié­té pour­rait dé­ve­lop­per des pro­jets si­mi­laires, comme une tour­née des mu­sées fran­co­phones en pro­vince », pro­pose M. Le­mire. Se­lon ce der­nier, les conseils scolaires se­ront avant tout des consom­ma­teurs des tra­vaux pro­duits par la SHFA. Il reste tou­te­fois bien pré­cis sur le type de do­cu­ments qu’il en­vi­sage em­ployer. « Nous ne sa­vons pas si les ma­nuels scolaires se­ront en­core là de­main, sou­lève ce der­nier. Nous nous di­ri­geons vers du ma­té­riel nu­mé­rique, de type wi­ki, plus au­to­nome et in­ter­ac­tif », met de l’avant le di­rec­teur du CSCN.

Les ar­chives Saint-Jean sont si­tuées au sous-sol du Pa­villon La­certe du Cam­pus Saint-Jean et ren­ferment plus de 200 000 do­cu­ments.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.