L’ACFA : un par­te­naire de longue date

Le Franco - - ACFA RÉGIONALE DE JASPER - - Ly­sane Sé­né­cal Mas­tro­pao­lo

Si le dé­ve­lop­pe­ment du do­maine de l’his­toire et du pa­tri­moine font par­tie du man­dat de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne-fran­çaise de l’Al­ber­ta (ACFA) de­puis sa fon­da­tion en 1926, les be­soins gran­dis­sants de ce sec­teur ren­daient la tâche im­po­sante et ar­due pour l’or­ga­nisme pro­vin­cial, qui s’est, de­puis, dé­voué à plu­sieurs causes im­por­tantes. « Nous ne lais­sons pas de cô­té notre man­dat de pro­mo­tion et dif­fu­sion de l’his­toire, mais nous croyons que la meilleure fa­çon d’as­su­rer la pé­ren­ni­té de ce do­maine est de créer un or­ga­nisme qui ral­lie les forces vives », met de l’avant le di­rec­teur gé­né­ral de l’ACFA, De­nis Per­reaux. Ces forces vives sont les his­to­riens, les pro­fes­seurs au Cam­pus Saint-Jean, les or­ga­nismes qui oeuvrent dans le do­maine de l’his­toire, tels les so­cié­tés gé­néa­lo­giques et les mu­sées et tout in­di­vi­du qui s’in­té­resse à ce sec­teur. Bien que beau­coup d’ac­ti­vi­tés aient cours dans ce champ d’études, les in­ter­ve­nants tra­vaillent, pour la plu­part, en vase clos. « Nous ne sommes pas là pour su­per­vi­ser la So­cié­té his­to­rique, in­siste De­nis Per­reaux. Nous re­con­nais­sons qu’eux font le tra­vail et nous se­rons là pour les ap­puyer. Nous fai­sons confiance au cou­reur », as­sure le di­rec­teur. L’ACFA s’en­gage d’ailleurs à ver­ser 30 000$ par an­née pour trois ans afin d’as­su­rer un dé­mar­rage ef­fec­tif de la So­cié­té his­to­rique fran­co­phone de l’Al­ber­ta (SHFA). L’or­ga­nisme pro­vin­cial offre aus­si un sou­tien plus tech­nique d’un point de vue ad­mi­nis­tra­tif. Même si l’ACFA siège au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la SHFA, le di­rec­teur rap­pelle qu’il ne s’agit que de deux re­pré­sen­tants sur huit. « Nous avons une in­fluence et nous se­rons un membre en­ga­gé, mais nous ne sommes pas ma­jo­ri­taires », pré­ci­set-il. L’ACFA as­su­re­ra do­ré­na­vant une in­ter­ven­tion in­di­recte dans ce do­maine, à tra­vers la SHFA. Les re­pré­sen­tants au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion sont De­nis Per­reaux et Adèle Amyotte. Cette der­nière est éga­le­ment re­pré­sen­tante pro­vin­ciale au sein de l’as­so­cia­tion.

Les his­to­riens sont im­pa­tients

La pro­po­si­tion de créer un or­ga­nisme dé­dié à mettre en place un conti­nuum dans ce do­maine, de la col­lecte de don­nées et leur or­ga­ni­sa­tion en do­cu­ments syn­thèses, jus­qu’à la dif­fu­sion de ces der­niers a éma­né de l’Ins­ti­tut pour le pa­tri­moine. En ef­fet, l’Ins­ti­tut avait mis en lu­mière le tra­vail épars ef­fec­tué dans ce do­maine et le manque de co­or­di­na­tion entre les pro­ta­go­nistes. Cer­tains sec­teurs étaient bien do­cu­men­tés alors que d’autres sem­blaient né­gli­gés. « Il faut de la mo­bi­li­sa­tion et de la concer­ta­tion puis­qu’il y a beau­coup d’in­té­rêt pour l’his­toire », af­firme M. Per­reaux qui es­père que la créa­tion de la SHFA mo­ti­ve­ra les his­to­riens à se plon­ger dans des re­cherches. His­to­rien de for­ma­tion, ce der­nier in­siste sur l’im­por­tance de sen­si­bi­li­ser les gens à pré­ser­ver les do­cu­ments si­gni­fi­ca­tifs à la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine. « Chaque or­ga­nisme a la res­pon­sa­bi­li­té de dé­po­ser ses do­cu­ments aux ar­chives, mais ce­la illustre bien les la­cunes. Per­sonne ne sait vrai­ment comment ou en­core où dé­po­ser ces do­cu­ments. Nous avions be­soin d’un centre de ré­fé­rence », fait-il men­tion. Au mo­ment d’ef­fec­tuer leurs re­cherches, les his­to­riens se rap­portent aux do­cu­ments exis­tants. « Si l’on n’as­sure pas la col­lecte des do­cu­ments, on risque de s’ef­fa­cer nous-mêmes. Si l’on ne dé­pose pas les pro­cès-ver­baux des pre­miers Jeux fran­co­phones par exemple, nous pour­rons dif­fi­ci­le­ment écrire sur l’his­toire du sport ama­teur fran­co­phone en Al­ber­ta », donne-t-il en exemple. Ce be­soin de­ve­nait d’au­tant plus criant avec la forte im­mi­gra­tion au sein de la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine. Il de­vient alors im­pé­ra­tif que ces nou­veaux ar­ri­vants connaissent la com­mu­nau­té dans la­quelle ils s’in­sèrent afin de contri­buer à sa vi­ta­li­té et ten­ter de frei­ner l’as­si­mi­la­tion.

Tra­vailler en amont

Jus­qu’à main­te­nant, deux pro­grammes au sein de l’ACFA s’em­ployaient à dif­fu­ser ac­ti­ve­ment la mé­moire col­lec­tive fran­co-al­ber­taine : une ex­po­si­tion bi­lingue iti­né­rante sur la contri­bu­tion des fran­co­phones dans le dé­ve­lop­pe­ment de la pro­vince et le cahier Avant que j’ou­blie, pu­blié men­suel­le­ment dans les pages du Fran­co. Cette der­nière ini­tia­tive se­rait un bon ou­til de mo­bi­li­sa­tion, croit M. Per­reaux. « On y pu­blie des ar­ticles sur les fa­milles fran­co-al­ber­taines et des su­jets connexes. Nous ap­pre­nons à connaitre les ac­teurs de notre his­toire. » La SHFA est main­te­nant res­pon­sable de ces pro­grammes. L’ACFA a éga­le­ment contri­bué à ce qu’un mo­nu­ment per­ma­nent soit éri­gé à la lé­gis­la­ture al­ber­taine, l’Em­preinte fran­co­phone. Pa­ral­lè­le­ment à ce mo­nu­ment, un disque re­grou­pant des pièces pro­duites par des ar­tistes fran­co-al­ber­tains qui illus­trent l’his­toire fran­co­phone a été lan­cé pour sou­li­gner l’évè­ne­ment. Le gou­ver­ne­ment de l’Al­ber­ta a d’ailleurs de­man­dé à ce que quelques-unes des chan­sons du disque se re­trouvent dans les res­sources pé­da­go­giques au sein du cur­ri­cu­lum du pro­gramme de sciences so­ciales de ni­veau élé­men­taire. D’un point de vue plus po­li­tique, l’ACFA a contri­bué à la re­con­nais­sance de la mai­son Rou­leau, à Calgary, ain­si que celle du lieu ori­gi­nal de Fort Ed­mon­ton, qui a été dé­ve­lop­pé par des fran­co­phones. « Nous conti­nue­rons la re­pré­sen­ta­tion d’un point de vue po­li­tique et com­mu­nau­taire, nous ne pou­vons pas aban­don­ner notre man­dat d’as­su­rer la conti­nui­té de ce sec­teur », s’en­gage De­nis Per­reaux.

La troupe Les gais trou­ba­dours est, en quelque sorte, l’an­cêtre de la Cho­rale Saint-Jean. À l’époque, celle-ci n’était com­po­sée que de gar­çons.

Le di­rec­teur de l’Ins­ti­tut pour le pa­tri­moine, Frank McMa­hon, pose de­vant les Ar­chives Saint-Jean.

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