Vers une re­con­nais­sance pour Mis­sion-rou­leau­ville

C’est avec grande fier­té, convic­tion et en­thou­siasme que le conseiller mu­ni­ci­pal du quar­tier 11 de la Ville de Calgary, Brian Pin­cott, s’ex­pri­mait en fran­çais de­vant le maire Na­heed Nen­shi et les autres élus, le 25 fé­vrier der­nier, lors de la réunion pu­bl

Le Franco - - ÉDITORIAL - Su­zanne de Cour­ville Ni­col

Le fran­co­phile ori­gi­naire des Can­tons de l’Est pré­sen­tait une mo­tion, ré­di­gée en an­glais et tra­duite en fran­çais, au su­jet de la no­mi­na­tion de l’éta­blis­se­ment de la co­lo­nie fran­co­phone Mis­sion-Rou­leau­ville dans le Sud de l’Al­ber­ta comme étant un évè­ne­ment d’une si­gni­fi­ca­tion his­to­rique na­tio­nale pour le Ca­na­da. AT­TEN­DU que l’éta­blis­se­ment de la co­lo­nie fran­co­phone Mis­sion-Rou­leau­ville re­pré­sente un évè­ne­ment dé­ter­mi­nant dans l’his­toire du Ca­na­da; ET AT­TEN­DU que l’éta­blis­se­ment de la co­lo­nie fran­co­phone Mis­sion-Rou­leau­ville re­pré­sente un as­pect de l’his­toire et de la culture ca­na­dienne d’une im­por­tance his­to­rique na­tio­nale; ET AT­TEN­DU que les édi­fices de la mis­sion ca­tho­lique au coeur du quar­tier Mis­sion-Rou­leau­ville sont le sym­bole de la vi­sion des pères Oblats de créer une en­clave fran­co-ca­tho­lique sur les plaines du sud de l’Ouest ca­na­dien; ET AT­TEN­DU que la Mis­sion oblate Notre-Dame de la Paix, éta­blie à Calgary en 1875, consti­tue le plus an­cien centre spi­ri­tuel ca­tho­lique per­ma­nent dans le Sud de l’Al­ber­ta et est à l’ori­gine de la ca­thé­drale Sain­teMa­rie ain­si que des autres édi­fices re­li­gieux dans le quar­tier; ET AT­TEN­DU que la salle pa­rois­siale Sainte-Ma­rie et le Couvent du Sa­cré Coeur sont re­con­nus pour leur lien avec l’Ordre des Fi­dèles Com­pa­gnons de Jé­sus qui sont à l’ori­gine des pre­miers sys­tèmes d’édu­ca­tion fran­co­phones et ca­tho­liques dans le Sud de l’Al­ber­ta en 1885; ET AT­TEN­DU que l’hô­pi­tal Sainte- Croix est va­lo­ri­sé pour son lien avec les Soeurs grises qui sont à l’ori­gine des pre­miers ser­vices ré­gio­naux de san­té qu’elles ont conti­nué à of­frir pen­dant plus de cent ans; ET AT­TEN­DU que d’émi­nents ré­si­dents de Mis­sion et Cliff Bun­ga­low, tels que Charles et Édouard Rou­leau, Jules et Victor Des­pins et Léon Beau­che­min, qui ont mi­li­té pour et réus­si à fon­der et éta­blir la pa­roisse fran­co­phone Sainte-Fa­mille, des ser­vices d’édu­ca­tion en fran­çais et bien d’autres ser­vices cultu­rels et lin­guis­tiques fran­co- phones ré­gio­naux qui existent en­core au­jourd’hui, ha­bi­taient le quar­tier ré­si­den­tiel au­tour de ces ins­ti­tu­tions, ET AT­TEN­DU que l’éta­blis­se­ment de la co­lo­nie fran­co­phone Mis­sion-Rou­leau­ville sur les plaines du sud de l’Ouest ca­na­dien est clai­re­ment un évè­ne­ment d’une si­gni­fi­ca­tion his­to­rique na­tio­nale pour le Ca­na­da, PAR CONSÉ­QUENT, qu’il soit ré­so­lu que les membres du conseil mu­ni­ci­pal de la Ville de Calgary no­minent l’éta­blis­se­ment de Mis­sion-Rou­leau­ville comme évè­ne­ment dé­si­gné d’im­por­tance his­to­rique na­tio­nale par la Com­mis­sion des lieux et mo­nu­ments his­to­riques du Ca­na­da (CLMHC). « Je crois qu’il est très im­por­tant de re­con­naitre notre his­toire fran­co­phone en Al­ber­ta et ici à Calgary », de lan­cer Brian Pin­cott. « Il faut en être fier, la cé­lé­brer et ne pas l’ou­blier », at-il ajou­té. Le conseiller mu­ni­ci­pal An­dré Cha­bot, ori­gi­naire de la Sas­kat­che­wan, a ra­con­té que lors­qu’il est dé­mé­na­gé à Calgary en 1971, il de­meu­rait dans le nordest de la ville, mais se ren­dait à l’église Sainte-Fa­mille dans le quar­tier de Mis­sion, et ce n’est que ré­cem­ment qu’il s’éton­nait d’ap­prendre les dé­tails de l’his­toire de Rou­leau­ville. Pour sa part, Ri­chard Poot­mans a sou­li­gné l’im­por­tance de pré­ser­ver le pa­tri­moine fran­co­phone de la ville et de cé­lé­brer cette réa­li­té si pré­cieuse à l’his­toire de la Ville de Calgary. Quel mer­veilleux ac­cueil pour les membres du groupe de tra­vail pour la no­mi­na­tion de Mis­sion-Rou­leau­ville et les fran­co­phones qui les ac­com­pa­gnaient, d’en­tendre le maire Nen­shi s’ex­pri­mer en fran­çais pour ré­pondre aux al­lo­cu­tions des trois conseillers mu­ni­ci­paux en fa­veur de cette ré­so­lu­tion. « C’était tout à fait ex­tra­or­di­naire d’en­tendre tout ce fran­çais par­lé dans ce mi­lieu of­fi­ciel­le­ment an­glo­phone », a af­fir­mé la pré­si­dente de la So­cié­té fran­co-ca­na­dienne de Calgary, Da­nielle Lau­nière. Le maire a stu­pé­fié lors­qu’il a évo­qué ses sou­ve­nirs d’ado­les­cent au se­con­daire. S’ex­pri­mant en an­glais afin que tous puissent le com­prendre, il a ré­su­mé l’his­toire de l’affaire Léo Pi­quette, alors dé­pu­té à l’As­sem­blée lé­gis­la­tive, qui avait adres­sé la pa­role en fran­çais lors d’une ses­sion à la lé­gis­la­ture et les re­mous que ça avait cau­sés. « Je suis tel­le­ment heu­reux que nous puis­sions trai­ter de dos­siers dans l’autre langue of­fi­cielle du Ca­na­da », a-t-il sou­te­nu. À la suite de l’adop­tion de la ré­so­lu­tion par la Ville de Calgary, les do­cu­ments per­ti­nents à la de­mande de no­mi­na­tion se­ront ache­mi­nés à la CLMHC dans les pro­chains jours. On nous pré­vient que le pro­ces­sus peut s’éti­rer jus­qu’à une pé­riode de deux ans, avant de connaitre les ré­sul­tats an­ti­ci­pés. Pour la pré­si­dente du Groupe de tra­vail pour la no­mi­na­tion de Mis­sion-Rou­leau­ville, Ma­ri­lyn Williams, l’évè­ne­ment his­to- rique du 25 fé­vrier der­nier a été la pre­mière grande ré­com­pense pour ces an­nées de re­cherche et de tra­vail ar­du.

Pho­to : Da­ny Cô­té

Le conseiller An­dré Cha­bot prend la pa­role pour par­ler en fran­çais en fa­veur de la ré­so­lu­tion.

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