Se rap­pro­cher de la com­mu­nau­té

Lynne Ouel­let a été nom­mée chef des Ser­vices fran­çais par in­té­rim à la fin jan­vier; elle suc­cède ain­si à Fran­çois Pa­geau qui, après près de 15 ans en poste, avait quit­té à l’au­tomne 2011 pour un congé sab­ba­tique.

Le Franco - - RADIO-CANADA ALBERTA -

Ren­contre avec l’As­so­cia­tion ca­na­dienne-fran­çaise de l’Al­ber­ta (ACFA), pré­sen­ta­tion au ré­seau des dif­fu­seurs du Re­grou­pe­ment ar­tis­tique fran­co­phone de l’Al­ber­ta, les pre­mières se­maines de Lynne Ouel­let à titre de chef des Ser-Ser­vices fran­çais par in­té­rim­rim se dé­roulent sous le signe du rap­pro­che­ment avec la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine. « Il y a beau­coup de ques­tions es­tions concer­nant la struc­ture ac­tuelle à Ra­dio-Ca­na­da,, comment les choses fonc­tionnent ici en Al­ber­ta, mais aus­si dans le ré­seau. Ce­la m’a aus­si per­mis de pré­sen­ter pour­quoii nous pre­nons par­fois cer­tai­neses dé­ci­sions qui plaisent et d’autres ’autres qui ne plaisent pas », a lan­cé Lynne Ouel­let. En ef­fet, bien que le di­rec­teur des ser­vices fran­çais dans l’Ouest, Pierre Gué­rin, ait as­su­mé ll’in­té­rim au cours des 15 der­niers mois, l’ab­sence d’une per­sonne en Al­ber­ta a eu des im­pacts. Se­lon, Mme Ouel­let, il est im­por­tant de voir « la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine comme un par­te­naire et j’ai ll’in­ten­tion d’être à l’écoute et de main­te­nir de bonnes re

la­tions », sou­tient-elle. Ce­pen­dant, il ne faut pas in­ter­pré­ter la no­mi­na­tion d’une Fran­coAl­ber­taine de nais­sance à la

tête des ser­vices fran­çais

en Al­ber­ta comme une

pa­na­cée à tous les en­jeux. Par exemple, les gens qui sou­haitent voir une pré­sence jour­na­lis­tique de la so­cié­té d’État à tous les évè­ne­ments com­mu­nau­taires en ré­gion risquent d’être dé­çus. « Ce n’est pas une ques­tion de mau­vaise vo­lon­té, mais la réa­li­té c’est qu’il n’y a pas plus d’ar­gent au­jourd’hui. Il faut donc faire les choses dif­fé­rem­ment », avance-t-elle. L’éli­mi­na­tion par le Conseil de la ra­dio­dif­fu­sion et des té­lé­com­mu­ni­ca­tions ca­na­diennes (CRTC) du Fonds d’aide à la pro­gram­ma­tion lo­cale (FAPL) vien­dra com­pli­quer les choses. « Le dé­fi fi­nan­cier est réel. Il n’y au­ra pas plus d’ar­gent, sur­tout avec l’abo­li­tion du FAPL. Nous de­vrons faire des choix, éta­blir les prio­ri­tés. Par contre, nous sa­vons que d’avoir un bul­le­tin de nou­velles tous les jours est im­por­tant, les gens y tiennent beau­coup », avance-telle. Lynne Ouel­let pro­met d’être à l’écoute. « On est là pour ap­puyer la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine, pour l’ai­der à la faire rayon­ner à l’échelle du pays », sou­ligne celle qui a gran­di dans la ré­gion de Fort McMurray avant de faire ses études se­con­daires au Col­lège Mathieu de Gra­vel­bourg, en Sas­kat­che­wan. Se­lon Mme Ouel­let, cette vi­sion d’une pré­sence de la fran­co­pho­nie al­ber­taine à la gran­deur du pays existe même au siège so­cial de la so­cié­té d’État à Montréal. « Lors de ma pre­mière ren­contre à Montréal ré­cem­ment, j’ai été en me­sure de voir qu’il y avait une ou­ver­ture en­vers les ré­gions, pas seule­ment au Qué­bec, mais en mi­lieu mi­no­ri­taire », sou­tien­telle. La nou­velle chef des Ser­vices fran­çais par in­té­rim donne l’exemple de la créa­tion ré­cente d’un poste de re­por­ter na­tio­nal pour le Té­lé­jour­nal qui est ba­sé à Ed­mon­ton. « Ce­la per­met une pré­sence, un re­flet de ce qui se passe ici sur tout le ré­seau », énonce Lynne Ouel­let.

Une vie ra­dio-ca­na­dienne

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Ra­dio-Ca­na­da a tou­jours été à l’avant-plan dans la vie de Lynne Ouel­let. « Lorsque j’étais jeune, nous n’avions pas le droit de par­ler an­glais à la mai­son. Ra­dio-Ca­na­da a donc tou­jours été im­por­tant dans la fa­mille », af­firme la Fran­co-Al­ber­taine. Après ses études au Col­lège Mathieu, elle fait des études uni­ver­si­taires à Ot­ta­wa et à l’Université de Re­gi­na. En 1992, elle fait son en­trée à la so­cié­té d’État comme as­sis­tante à la réa­li­sa­tion en af­faires pu­bliques pour Ra­dio-Ca­na­da Sas­kat­che­wan. Elle de­vient peu de temps après, as­sis­tante à la mise en ondes pour l’émis­sion Sas­kat­che­wan ce soir. Au fil des ans, elle se spé­cia­lise au ni­veau des émis­sions jeu­nesse C’est qui, c’est moi, et Clan Des­tin). C’est en 2003, sous sa réa­li­sa­tion, que l’émis­sion ONIVA! est créée. Cette émis­sion jeu­nesse est tou­jours à l’an­tenne et fête même son 10e an­ni­ver­saire cette an­née. « ONIVA! est cer­tai­ne­ment une de mes plus grandes réus­sites. Lorsque je vois l’émis­sion al­ler, avec une pré­sence par­tout dans l’Ouest et même jus­qu’en On­ta­rio cette an­née, c’est quelque chose dont je suis fière. Ce­la a été un pin­ce­ment au coeur de la quit­ter, mais j’étais prête pour un nou­veau dé­fi », pré­sente Lynne Ouel­let. Par­mi ses dé­fis, la ré­ten­tion du per­son­nel ar­rive en tête de liste. « Éta­blir une sta­bi­li­té est une prio­ri­té. Au ni­veau des res­sources hu­maines, oui ce­la bouge tou­jours, mais on semble ob­ser­ver une cer­taine sta­bi­li­té de­puis quelque temps. Mon ob­jec­tif est de créer un en­vi­ron­ne­ment de tra­vail où on re­trouve une culture d’ex­cel­lence », af­firme-t-elle. À quand le re­trait du mot « in­té­rim » à son poste. « Un jour, peut-être », s’ex­clame Lynne Ouel­let. Plus sé­rieu­se­ment, « à Ra­dio-Ca­na­da, on est en pro­ces­sus de ré­flexion pour voir comment on pour­rait faire les choses dif­fé­rem­ment. Ce­la fait par­tie de la Stra­té­gie 2015 an­non­cée par M. Hu­bert La­croix (pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral) qui nous amène à re­voir tout ce que l’on fait, et ce, par­tout au pays, non seule­ment de fa­çon ver­ti­cale, mais éga­le­ment à l’ho­ri­zon­tal ». Pour Lynne Ouel­let, le titre im­porte peu, ce qui compte, c’est de « s’as­su­rer que l’on fait les choses cor­rec­te­ment, avec ef­fi­cience, et ce, en met­tant de l’avant trois grandes prio­ri­tés, soit of­frir un conte­nu de qua­li­té, main­te­nir une offre de conte­nu ca­na­dien et s’as­su­rer de l’ex­pan­sion des pla­te­formes nu­mé­riques », tout en per­met­tant à la fran­co­pho­nie al­ber­taine, qui a tou­jours ap­puyé Ra­dio-Ca­na­da Al­ber­ta, d’avoir une place de choix.

Pho­to : courtoisie

La nou­velle chef des Ser­vices fran­çais par in­té­rim à Ra­dio- Ca­na­da Al­ber­ta, Lynne Ouel­let.

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