On dit quoi au mi­nistre de l’édu­ca­tion?

Le Franco - - NOUVEAUX_TRAJETS_ALBERTAINS_ -

Les ex­perts-conseils en po­li­tique ont la sug­ges­tion sui­vante pour les ci­toyens en­ga­gés à re­ven­di­quer un dos­sier pré­cis : bien gar­der en tête les quelques mes­sages clés qu’ils trans­met­traient à un mi­nistre si jamais ils se re­trou­vaient seuls avec lui ou elle dans un as­cen­seur. Pen­dant des an­nées, les mi­nistres de l’Édu­ca­tion re­fu­saient presque sys­té­ma­ti­que­ment de ren­con­trer les re­pré­sen­tants des 62 au­to­ri­tés scolaires de la pro­vince. Mais voi­là qu’avec les deux der­niers, Thomas Lu­kas­zuk et main­te­nant Jeff John­son, c’est le contraire, une évo­lu­tion très en­cou­ra­geante, car ce sont eux qui de­mandent de ren­con­trer les élus scolaires. Fait plus in­té­res­sant en­core, c’est que le mi­nistre John­son a de­man­dé de vi­si­ter une de nos écoles le 14 fé­vrier. Vu qu’il avait dé­jà vi­si­té l’école Ci­ta­delle en sep­tembre et ren­con­tré les pa­rents de l’école Alexandre-Ta­ché en no­vembre, nous l’avons in­vi­té à vi­si­ter l’école Jo­seph-Mo­reau pour faire d’une pierre quatre coups : pas­ser du temps en classe à échan­ger avec des élèves, par­ti­ci­per à une dé­mons­tra­tion de robotique, ren­con­trer quatre pa­rents membres du Co­mi­té d’ac­qui­si­tion de l’école Jo­seph-Mo­reau et avoir le temps d’échan­ger avec Ka­ren Dou­cet, pré­si­dente du conseil sco­laire, et la conseillère sco­laire, Na­tha­lie La­chance. Avant la ren­contre, le bu­reau du mi­nistre nous avait de­man­dé de sou­mettre une des­crip­tion de nos quatre prin­ci­paux dé­fis… nos mes­sages clés, quoi. Dé­fi 1 – Im­mo­bi­li­sa­tions : Quoique le mi­nistre connaisse très bien la si­tua­tion à l’école Alexandre-Ta­ché (Saint-Al­bert), ma­dame Dou­cet a ac­cen­tué la né­ces­si­té de don­ner suite à cette pre­mière prio­ri­té du plan d’im­mo­bi­li­sa­tion du Conseil, soit la construc­tion d’une école dis­tincte conçue pour 400 élèves, ou la construc­tion d’une école conjointe avec St. Al­bert Ca­tho­lic High School et les élèves du pro­gramme d’im­mer­sion de l’école Ste-Mar­gue­rite-d’You­ville. Ma­dame Dou­cet a ex­pli­qué que la deuxième prio­ri­té était l’ac­qui­si­tion de l’école Jo­seph-Mo­reau (Ed­mon­ton), ce qui re­pré­sen­te­rait l’achat des deux édi­fices et du ter­rain de Rit­chie School du Ed­mon­ton Pu­blic School Dis­trict. La condi­tion né­ces­saire à cette tran­sac­tion est un en­ga­ge­ment ferme de la pro­vince de mo­der­ni­ser l’école exis­tante confor­mé­ment aux normes d’Al­ber­ta In­fra­struc­ture. Quant à la troi­sième prio­ri­té, là aus­si le mi­nistre était bien au cou­rant, ayant vi­si­té l’école Ci­ta­delle (Legal) en sep­tembre der­nier. La pré­si­dente lui a rap­pe­lé qu’on at­ten­dait tou­jours un fi­nan­ce­ment de 500 000 $ pour com­plé­ter des amé­na­ge­ments dans l’école et dans le Centre sco­laire com­mu­nau­taire : ajou­ter une salle de classe et re­lo­ca­li­ser le pro­gramme du se­con­daire 1er cycle et les bu­reaux ad­mi­nis­tra­tifs de l’école. Le mi­nistre a dit être bien conscient de la si­tua­tion, mais ne s’est pas en­ga­gé ce­pen­dant. La pré­si­dente a en­suite abor­dé un pro­jet plus à moyen terme en lui pré­sen­tant la con­clu­sion d’un co­mi­té d’étude réu­ni en dé­cembre der­nier : une mo­der­ni­sa­tion ma­jeure et un agran­dis­se­ment de Legal School pour y ac­cueillir tous les élèves du vil­lage sous un même toit, tout en main­te­nant des iden­ti­tés dis­tinctes pour les deux écoles qui au­raient exac­te­ment la même taille. Dé­fi 2 – Les pe­tites écoles et les pro­grammes au se­con­daire : Ma­dame Dou­cet a fait va­loir l’im­por­tance de mieux sub­ven­tion­ner les pro­grammes des ni­veaux 7 à 12. Elle a de­man­dé au mi­nistre d’éta­blir un seuil mi­ni­mal d’en­sei­gnants, de res­sources et de ser­vices pour l’opération des pe­tites écoles se­con­daires en Al­ber­ta, et plus par­ti­cu­liè­re­ment, les écoles fran­co­phones. Dans un deuxième temps, elle l’a in­for­mé de la pro­blé­ma­tique in­ces­sante du Centre fran­co­phone d’édu­ca­tion à dis­tance qui, d’an­née en an­née, se voit me­na­cé de dispa­raitre faute d’un fi­nan­ce­ment de base ga­ran­ti. Dé­fi 3 – Fi­nan­ce­ment équi­valent : Dans sa dé­fi­ni­tion la plus simple, « équi­va­lence » est l’obli­ga­tion po­si­tive que par­tagent le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial et les au­to­ri­tés scolaires fran­co­phones de four­nir l’ac­cès à des pro­grammes, ser­vices et édi­fices qui sont équi­va­lents à ceux four­nis aux élèves qui fré­quentent les autres écoles de l’Al­ber­ta. De­puis quelques an­nées, les cinq au­to­ri­tés scolaires fran­co­phones re­çoivent des fonds sup­plé­men­taires, le Fran­co­phone Equi­va­len­cy Grant, qui rap­porte 624 $ par élève. Le pro­blème est que cette somme est in­suf­fi­sante pour ré­pondre à l’en­semble des be­soins d’une édu­ca­tion fran­co­phone équi­va­lente à celle of­ferte aux élèves de la ma­jo­ri­té. La pré­si­dente a ré­ité­ré la de­mande de la Fé­dé­ra­tion des conseils scolaires fran­co­phones en mars der­nier pour la for­ma­tion d’un co­mi­té d’étude conjoint pour exa­mi­ner à fond la ques­tion d’un fi­nan­ce­ment équi­valent adé­quat. Dé­fi 4 – Élèves ayant un grand re­tard sco­laire : nous es­ti­mons de 10 à 15 % le nombre d’élèves qui, pour maintes rai­sons prin­ci­pa­le­ment liées à la mi­gra­tion et à l’im­mi­gra­tion, pré­sentent un re­tard sco­laire de deux à trois ans. Pour la plu­part, il s’agit d’élèves in­tel­li­gents et po­ten­tia­li­sés à réus­sir; tou­te­fois, ces réus­sites leur échappent trop sou­vent vu des cir­cons­tances per­son­nelles et fa­mi­liales dif­fi­ciles. Cette an­née, 757 de nos élèves sont iden­ti­fiés comme ayant des be­soins en ma­tière d’ap­pren­tis­sage de l’an­glais langue se­conde, et 296 en ma­tière de fran­ci­sa­tion. Par consé­quent, ma­dame Dou­cet a de­man­dé au mi­nistre d’en­tre­prendre une étude com­plète de cette ques­tion en vue d’in­tro­duire un fi­nan­ce­ment ex­pres­sé­ment con­çu pour fa­ci­li­ter la tran­si­tion de ces élèves dans les écoles de l’Al­ber­ta. La pré­si­dente s’est dite très heu­reuse de la ren­contre et de la com­pré­hen­sion du mi­nistre John­son re­la­ti­ve­ment à nos plus grands dé­fis. Le dé­fi du mi­nistre John­son s’il dé­sire vé­ri­ta­ble­ment don­ner suite à nos dé­fis, ain­si qu’à ceux des 62 conseils scolaires al­ber­tains, c’est de per­sua­der ses col­lègues au Ca­bi­net du bien­fon­dé de sou­te­nir un sys­tème d’édu­ca­tion de classe mon­diale. Comment il re­lè­ve­ra un tel dé­fi vu les im­por­tantes com­pres­sions bud­gé­taires im­mi­nentes, dé­fi­ni­ra sur­ement son man­dat en tant que mi­nistre de l’Édu­ca­tion.

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