Confé­rence Louis Des­ro­chers sur la ques­tion de l’eu­tha­na­sie

Le Franco - - RADIO-CANADA ALBERTA -

Pour sa pre­mière confé­rence de l’an­née 2013, l’Ins­ti­tut d’études ca­na­diennes avait fait ap­pel au doc­teur Mar­cel Bois­vert. Ce der­nier, qui était au

Cam­pus Saint-Jean le 14 fé­vrier der­nier, a don­né ses im­pres­sions en ma­tière d’eu­tha­na­sie

et de soins ap­pro­priés.

Près d’une tren­taine de per­sonnes se sont réunies au Grand sa­lon pour cette confé­rence qui se don­nait dans le cadre de la sé­rie de confé­rences Louis

Des­ro­chers. « Nous sommes ici pour ré­flé­chir sur la très dif­fi­cile, épi­neuse et trou­blante ques­tion de l’eu­tha­na­sie. Un su­jet qui re­fait sur­face dans l’ac­tua­li­té, no­tam­ment

au Qué­bec, avec le pro­jet de loi du Par­ti qué­bé­cois re­la­tif à l’aide à mou­rir qui de­vrait

être pré­sen­té dans les pro­chains mois », a sou­te­nu le nou­veau di­rec­teur – en poste de­puis le 1er jan­vier der­nier – de l’Ins­ti­tut d’études

ca­na­diennes, le pro­fes­seur Fré­dé­ric Boi­ly. Comme l’a rap­pe­lé le pro­fes­seur ad­joint Étienne

Ha­ché, qui a ef­fec­tué la pré­sen­ta­tion du confé­ren­cier in­vi­té, le Dr Mar­cel Bois­vert est vu comme un des pion­niers des soins pal­lia­tifs au pays.

Il a d’ailleurs été en­ten­du comme ex­pert et comme ci­toyen de­vant la com­mis­sion spéciale sur

la ques­tion de mou­rir dans la di­gni­té, créée en dé­cembre 2009 par le gou­ver­nen­ment du Qué­bec. Di­plô­mé de l’Université McGill, il est re­con­nu pour avoir dé­non­cé la loi fé­dé­rale qui, se­lon lui, viole sans rai­son l’au­to­dé­ter­mi­na­tion des mou­rants à choi­sir li­bre­ment entre la vie et la mort, choix

re­con­nu par la Cour su­prême du Ca­na­da. « C’est un dé­bat de so­cié­té. Le choix d’être pour ou

contre l’eu­tha­na­sie re­lève des va­leurs mo­rales et re­li­gieuses de cha­cun. En ce sens, per­sonne n’a tort ou rai­son, a lan­cé, d’en­trée de jeu, Dr Bois­vert. Il ne fait au­cun doute qu’il s’agit d’une ques­tion épi­neuse, comme l’étaient il y a trois ou quatre dé­cen­nies des su­jets comme le ma­riage de conjoints de même sexe,

l’avor­te­ment ou le contrôle des nais­sances. »

Tout au long de sa confé­rence, le Dr Bois­vert a pré­sen­té des faits qui ont fait les man­chettes, et ce, par­tout dans le monde, par exemple des ju­ge­ments, comme ce­lui de la Cour su­prême du Ca­na­da

qui a re­je­té, en 1993, la re­quête de Sue Ro­dri­guez, une mère de fa­mille qui était at­teinte de la ma­la­die de Lou Geh­rig

(sclé­rose la­té­rale amyo­tro­phique).

Il est aus­si re­ve­nu sur des études ef­fec­tuées dans des en­droits où le sui­cide as­sis­té est lé­gal, no­tam­ment dans l’état de l’Ore­gon, ain­si qu’en

Belgique et dans les Pays-Bas.

Mar­cel Bois­vert, de par son ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle au ni­veau des soins pal­lia­tifs, en a vu de toutes les cou­leurs. « Com­bien de fois j’ai en­ten­du des pa­tients me dire qu’ils vi­vaient trop long­temps, que le mot vivre ne de­vait pas se

ré­su­mer à être en vie », lance-t-il. Se­lon le confé­ren­cier, quand un ma­lade de­mande à mou­rir parce qu’il n’en peut plus on de­vrait

l’ai­der. « Les gens font ce qu’ils veulent de leur vie, pour­quoi ne pas faire ce qu’on veut de notre mort. Il faut ac­cep­ter que le pa­tient dé­cide de son sort. En ne le fai­sant pas, on in­fan­ti­lise les pa­tients »,

conclut Mar­cel Bois­vert.

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