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« Elles s’ap­pe­laient Ma­rie », l’oeuvre com­po­sée par France Le­vas­seur-oui­met, se­ra in­ter­pré­tée aux deux ex­tré­mi­tés du Ca­na­da en mai.

Le Franco - - CHANT CHORAL -

La pièce a dé­jà eu un franc suc­cès au pays et ou­tre­mer, no­tam­ment aux Cho­ra­lies In­ter­na­tio­nales Ed­mon­ton 2012, te­nues en juillet der­nier, où elle fai­sait l’ob­jet d’un ate­lier ras­sem­blant des cho­ristes pan­ca­na­diens. C’est d’ailleurs à cette oc­ca­sion que Les Échos du Pa­ci­fique et Les Voix du Large, deux cho­rales fran­co­phones de la Co­lom­bie-Bri­tan­nique et de la Gaspésie, res­pec­ti­ve­ment, ont ma­ni­fes­té leur in­té­rêt de mon­ter Elles s’ap­pe­laient Ma­rie. Ces choeurs chan­te­ront la suite de 16 chan­sons re­la­tant l’his­toire de la mère et de la grandmère de France Le­vas­seurOui­met, qui per­son­ni­fie celles de la plu­part des pion­nières du Ca­na­da. « Elles avaient la vie dure. Les fa­milles vi­vaient dans des trous dans la terre! » C’est ce qu’étaient, lit­té­ra­le­ment, les an­ciens shacks dans les­quelles vi­vaient des fa­milles de 13, 20 en­fants, re­late l’au­teure. Le pu­blic peut se faire une idée de ces condi­tions de vie grâce à la vaste col­lec­tion de pho­tos d’ar­chives qui sont pro­je­tées du­rant le spec­tacle. La fille de France Le­vas­seurOui­met, Ma­rie-Jo­sée Oui­met, in­ter­prè­te­ra Ma­rie en com­pa­gnie des so­listes et cho­ristes lo­caux, comme elle l’a fait lors des dates qué­bé­coises en 2008. Elle es­time que pour elle, c’est « une fa­çon de rendre hom­mage et de se rap­pro­cher de sa grand-mère et à son ar­rière-grand-mère », qu’elle n’a pas connues. De plus, l’ex­pé­rience de tra­vailler avec d’autres cho­rales en tant que chef de choeur la ra­vit.

« Elles s’ap­pe­laient Ma­rie est une oeuvre magnifique qui semble tou­cher tous ceux qui la chantent et qui l’en­tendent de fa­çon très pro­fonde », at­teste le di­rec­teur de la Cho­rale SaintJean, Lau­rier Fa­gnan, se re­mé­mo­rant plu­sieurs anec­dotes où les spec­ta­teurs sont ve­nus à sa ren­contre à la fin des re­pré­sen­ta­tions pour lui té­moi­gner leur émo­tion. Il re­late les pro­pos de l’un d’eux : « Lau­rier, je dois de­man­der par­don à toi et à toute ta com­mu­nau­té. De­puis plus de 20 ans, j’ai un dis­cours que nous, les Qué­bé­cois, nous sommes seuls à lut­ter pour notre culture et notre sou­ve­rai­ne­té. En plein mi­lieu de votre pré­sen­ta­tion, j’ai com­men­cé à brailler comme un bé­bé, car j’ai com­pris que je n’avais pas du tout rai­son. Vous avez lut­té ici aus­si, et ce, avec joie et beau­té et je vous en re­mer­cie. J’au­rai un tout nou­veau dis­cours main­te­nant. » Lau­rier Fa­gnan croit que c’est cet impact uni­ver­sel et la beau­té mu­si­cale de l’oeuvre qui font en sorte que de plus en plus de choeurs sou­haitent la chan­ter. « Main­te­nant que la par­ti­tion est édi­tée et dis­po­nible, je crois que nous ver­rons une ex­plo­sion de Ma­rie dans les an­nées à ve­nir », ajoute-t-il. France Le­vas­seur-Oui­met avait ap­pris par sur­prise que sa suite al­lait être re­prise après les Cho­ra­lies. Sa fille sou­ligne que la « tour­née est une coïn­ci­dence ». Pour l’ins­tant, les pro­chaines dates, celles du mois de mai 2013, doivent la clore, mais il reste à voir si d’autres cho­rales ne join­dront pas l’aven­ture. « Je crois que c’est un nou­veau clas­sique ca­na­dien qui res­te­ra avec nous long­temps », épilogue Lau­rier Fa­gnan.

Source : Col­lec­tion Hé­ri­tage, Ar­chives Saint- Jean, pho­to # A342

Une des pho­tos d’ar­chives qui est dif­fu­sée du­rant le spec­tacle : la fa­mille d’Eu­cha­riste Trem­blay de La­fond, Al­ber­ta (1910).

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