Ra­len­tir la pro­duc­tion

Se­lon une re­cherche de l’ins­ti­tut Park­land, le rythme de pro­duc­tion du bi­tume dans la pro­vince ne bé­né­fi­cie pas aux Al­ber­tains.

Le Franco - - DANSE - - Angélique Biels­ki

Dans un rap­port in­ti­tu­lé Ta­king the Reins : The Case for Slo­wing Down Al­ber­ta’s Bi­tu­men Pro­duc­tion, pu­blié le 17 avril der­nier, des cher­cheurs de l’Université de l’Al­ber­ta dé­montrent que le ré­cent es­sor de la pro­duc­tion a beau­coup d’im­pacts né­ga­tifs et qu’il est né­ces­saire de ra­len­tir la ca­dence. Entre autres, le rap­port men­tionne une très grande in­fla­tion des prix qui a ré­duit le pou­voir d’achat, de grandes heures de tra­vail et très peu de va­cances, de l’iti­né­rance, une aug­men­ta­tion des in­éga­li­tés et une éco­no­mie moins di­ver­si­fiée de­puis la ruée vers le bi­tume de 2005 à 2008. L’en­vi­ron­ne­ment se voit, lui aus­si, mal­me­ner. Le rap­port si­gnale l’aug­men­ta­tion des émis­sions de CO2, la pol­lu­tion de l’air et de l’eau, les pé­nu­ries d’eau et la pres­sion sur les éco­sys­tèmes. « Cette vi­tesse de pro­duc­tion ne bé­né­fi­cie pas à l’Al­ber­ta; elle avan­tage les com­pa­gnies », aver­tit la di­rec­trice de la re­cherche de l’Ins­ti­tut Park­land de l’Université de l’Al­ber­ta et co­au­teure du rap­port, Shan­non Sun­den Bo­wer. Elle in­forme éga­le­ment que ce sont ces mêmes com­pa­gnies, prin­ci­pa­le­ment étran­gères, qui dictent le rythme et choi­sissent comment les res­sources doivent être dé­ve­lop­pées, puisque le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial n’a pas as­sez de rè­gle­men­ta­tions. « Les me­sures d’aus­té­ri­té an­non­cées par le gou­ver­ne­ment pour cette an­née ne de­vraient pas se faire, croit la di­rec­trice de la re­cherche. Le gou­ver­ne­ment doit al­ler cher­cher les pro­fits dans les sables bi­tu­mi­neux, tout en ra­len­tis­sant la pro­duc­tion. » Da­vid Cam­pa­nel­la, cher­cheur à l’Ins­ti­tut Park­land et au­teur prin­ci­pal de cette re­cherche, avance qu’il est temps que le gou­ver­ne­ment mette un sys­tème en place qui per­met­trait à la pro­vince de réel­le­ment jouir de cette res­source. Le rap­port pro­pose cer­taines me­sures, comme une sé­lec­tion plus ri­gou­reuse des pro­jets se­lon des cri­tères pré­cis, ce qui ra­len­ti­rait la pro­duc­tion, tout en fa­vo­ri­sant les ci­toyens. Li­mi­ter le nombre de per­mis de construc­tion et exi­ger que les com­pa­gnies ac­quittent la to­ta­li­té des couts pour l’en­vi­ron­ne­ment, les in­fra­struc­tures et la re­mise en état sont des so­lu­tions éga­le­ment en­vi­sa­gées. « Toutes ces me­sures doivent être réa­li­sées dans la plus grande trans­pa­rence, ajoute Su­zanne Sun­den Bo­wer. Au final, c’est la na­tio­na­li­sa­tion de l’in­dus­trie qui as­su­re­rait un vrai un man­dat d’in­té­rêt pu­blic pour les Al­ber­tains. »

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