Voir de ses propres yeux

Plus de 500 per­sonnes ont par­ti­ci­pé à la Marche pour la gué­ri­son et aux cé­ré­mo­nies l’en­tou­rant à Fort McMurray les 5 et 6 juillet der­niers.

Le Franco - - A FORT MACMURRAY / A EDMONTON - An­gé­lique Biels­ki

L’évè­ne­ment, or­ga­ni­sé par Kee­pers of the Atha­bas­ca et la pre­mière na­tion Atha­bas­ca Chi­peyewyan, est com­po­sé d’ate­liers, de cé­ré­mo­nies et d’une marche d’une di­zaine de ki­lo­mètres à tra­vers les ter­rains d’ex­ploi­ta­tion des sables bi­tu­mi­neux dans le but de gué­rir l’en­vi­ron­ne­ment et les per­sonnes af­fec­tées par cette in­dus­trie. « C’était notre qua­trième édi­tion et ça s’est très bien pas­sé, men­tionne la co­or­don­na­trice des com­mu­ni­ca­tions d’Atha­bas­ca Chi­peyewyan, Eriel De­ran­ger. Les gens viennent parce qu’ils sont cu­rieux de voir cette réa­li­té et sont concer­nés par les ef­fets de cette in­dus­trie sur les hommes qui vivent près. » Se­lon elle, les par­ti­ci­pants ont été cho­qués par la mau­vaise qua­li­té de l’air. Plu­sieurs por­taient des masques. Les camps pour les tra­vailleurs ont éga­le­ment été com­pa­rés à des prisons. « On veut édu­quer les gens sur les im­pacts et la réa­li­té de l’ex- ploi­ta­tion des sables bi­tu­mi­neux », ajoute Eriel De­ran­ger.

Une dé­lé­ga­tion qué­bé­coise Dans le coeur des dis­cus­sions sur la ligne 9 d’En­bridge, un pro­jet d’in­ver­se­ment de la ligne pour ache­mi­ner le pé­trole al­ber­tain vers l’est, une dé­lé­ga­tion qué­bé­coise s’est ren­due à Fort McMurray et a pris part à la marche. Sous l’aile de Mi­chel Lam­bert, le di­rec­teur gé­né­ral de l’or­ga­ni­sa­tion de so­li­da­ri­té Al­ter­na­tives, une quin­zaine de per­sonnes de dif­fé­rents mi­lieux - ar­tistes, en­vi­ron­ne­men­ta­listes, pro­fes­seurs, étu­diants, jour­na­listes, etc. – sont ar­ri­vées sur le sol al­ber­tain avec une opi­nion dé­fa­vo­rable de l’ex­ploi­ta­tion, mais l’es­prit ou­vert. « Cette vi­site a confir­mé et ren­for­cé notre opi­nion, dé­clare Mi­chel Lam­bert, de re­tour à Mon­tréal lors de l’en­tre­vue. La marche a été très dif­fi­cile. J’avais l’im­pres­sion d’être sur la lune, puis­qu’il n’y a plus au­cune vie dans le sol. » Conscient que cette in­dus­trie crée de l’em­ploi dans la pro­vince, le di­rec­teur gé­né­ral d’Al- ter­na­tives sou­ligne que le boum éco­no­mique n’est qu’éphé­mère. « Tout ça, c’est à court terme. À un cer­tain mo­ment, il n’y au­ra plus de pé­trole alors il va fal­loir créer des em­plois ailleurs. Pour­quoi ne pas faire le vi­rage tout de suite », se ques­tionne-t-il. M. Lam­bert dé­plore les coupes bud­gé­taires dans de nom­breux do­maines là où « les gens trou­vaient du tra­vail avant ». Se­lon lui, le gou­ver­ne­ment de­vrait in­ves­tir ailleurs, comme dans le dé­ve­lop­pe­ment d’éner­gies al­ter­na­tives qui pour­rait éga­le­ment créer des em­plois. De­puis leur re­tour, les membres de la dé­lé­ga­tion font part de leurs ob­ser­va­tions de plu­sieurs fa­çons à tra­vers les mé­dias. Une lettre ou­verte est éga­le­ment pré­vue, ain­si qu’un film. Le gou­ver­ne­ment qué­bé­cois re­pen­se­ra sa politique éner­gé­tique dans les pro­chains mois. « Avec la tra­gé­die de Lac-Mégantic, mal­heu­reu­se­ment, ça crée un bon ti­ming. Le dé­bat sur le pé­trole est en­core plus fort », fait re­mar­quer Mi­chel Lam­bert.

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