Cap­sule lin­guis­tique : si­lo

Le Franco - - CHRONIQUE_ENVIRONNEMENT -

On parle de plus en plus du phé­no­mène du tra­vail en si­lo, le plus sou­vent pour le cri­ti­quer. Il faut tou­te­fois sa­voir que cette ex­ten­sion sé­man­tique de si­lo, qui ré­sulte d’une mé­ta­phore avec les si­los agri­coles, s’est faite en an­glais ( wor­king in si­lo, si­lo wor­king, si­lo thin­king, si­lo men­ta­li­ty, si­lo ef­fect, si­lo ma­na­ge­ment, etc.). C’est donc sous l’in­fluence de l’an­glais que le même em­ploi fi­gu­ré de si­lo est de plus en plus uti­li­sé. Dans un contexte de ges­tion, l’image des si­los ren­voie à cha­cun des élé­ments d’une struc­ture or­ga­ni­sa­tion­nelle (per­sonne, équipe, ser­vice, etc.) qui fonc­tionne de ma­nière au­to­nome, sans lien étroit ni par­tage d’in­for­ma­tion avec le reste de l’or­ga­ni­sa­tion.

Exemples d’em­plois cri­ti­qués :

- L’en­tre­prise a gran­di, s’est di­ver­si­fiée, mais les gens ont conti­nué à tra­vailler en si­lo dans leur propre sec­teur d’ac­ti­vi­té. - L’éla­bo­ra­tion d’une politique in­dus­trielle ne peut se faire en si­lo, il doit y avoir concer­ta­tion. - La vo­lon­té du maire de mettre fin à la cul­ture des si­los a me­né à une plus grande concer­ta­tion des ac­teurs dans le dos­sier. - L’or­ga­ni­sa­tion en si­lo fa­vo­rise un double em­ploi cou­teux des res­sources. - La struc­ture en si­lo des ser­vices est vue comme le prin­ci­pal obs­tacle à la ren­ta­bi­li­té de l’en­tre­prise. - Il faut re­voir nos pra­tiques de ges­tion et évi­ter de nous en­fer­mer dans des si­los. Plus lar­ge­ment, on peut trou­ver la lo­cu­tion ad­ver­biale en si­lo pour qua­li­fier l’ac­tion ou le tra­vail de tout in­ter­ve­nant dans un do­maine ou, plus par­ti­cu­liè­re­ment, dans un dos­sier. Le dé­fi avec les images que l’on trans­pose d’une langue à une autre est de trou­ver un équi­valent qui soit aus­si évo­ca­teur dans l’autre langue, et de le trou­ver ra­pi­de­ment. À cette image des si­los qui ap­par­tient à l’an­glais, le fran­çais pour­ra sub­sti­tuer entre autres celles de vase clos ou de cloi­son.

On di­ra plu­tôt :

- L’en­tre­prise a gran­di, s’est di­ver­si­fiée, mais les gens ont conti­nué à tra­vailler en vase clos dans leur propre sec­teur d’ac­ti­vi­té. - L’éla­bo­ra­tion d’une politique in­dus­trielle ne peut se faire iso­lé­ment, il doit y avoir concer­ta­tion. - L’or­ga­ni­sa­tion en vase clos fa­vo­rise un double em­ploi cou­teux des res­sources. - La vo­lon­té du maire de mettre fin à la cul­ture du cloi­son­ne­ment a me­né à une plus grande concer­ta­tion des ac­teurs dans le dos­sier. - La struc­ture cloi­son­née des ser­vices est vue comme le prin­ci­pal obs­tacle à la ren­ta­bi­li­té de l’en­tre­prise. - Il faut re­voir nos pra­tiques de ges­tion et évi­ter de nous en­fer­mer dans des com­par­ti­ments étanches.

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