LETTRE OU­VERTE AU PAPE FRAN­ÇOIS

Le Franco - - ÉDITORIAL - Éloi DeGrâce Ed­mon­ton

J’ai sil et sui­vi je avec tiens un à vous grand dire in­té­rêt que votre j’ai beau­coup ré­cente vi­site ap­pré­cié au Bré- les dis­cours que vous avez pro­non­cés. J’ai été tout par­ti­cu­liè­re­ment im­pres­sion­né par votre dis­cours aux évêques du Bré­sil et ce­lui au Co­mi­té de co­or­di­na­tion du CE­LAM. Moi aus­si, je pense que nous avons be­soin d’une Église, non pas comme une sur­vi­vante du pas­sé, mais une Église qui ap­porte des ré­ponses pour les ques­tions nou­velles, des ré­ponses non pas pour l’en­fance de l’hu­main, mais pour son âge adulte. Oui, comme vous le di­siez si bien, il nous faut « une Église qui ac­com­pagne le che­min en se met­tant en che­min avec les per­sonnes », « une Église ca­pable de ré­chauf­fer le coeur ». Je me ré­jouis aus­si du fait que vous avez si­gna­lé aux évêques qu’il faut pro­mou­voir le « rôle ac­tif des femmes dans la com­mu­nau­té ec­clé­siale », elles qui jouent un rôle fon­da­men­tal dans la trans­mis­sion de la foi. Dans votre dis­cours au Co­mi­té de co­or­di­na­tion du CE­LAM, vous avez pro­po­sé la né­ces­saire conver­sion pas­to­rale. Quelle mer­veilleuse idée! Après le concile Va­ti­can II, les laïcs ont ai­mé être consultés et ont été ha­bi­tués à par­ti­ci­per dans les conseils pa­rois­siaux de pas­to­rale et des af­faires éco­no­miques. Ces der­nières an­nées, on s’est éloi­gné de cette pra­tique et j’ai­me­rais bien que le rôle des laïcs dans ces conseils soit re­va­lo­ri­sé, sur­tout si nous vou­lons que nos prêtres soient plus des pas­teurs que des ad­mi­nis­tra­teurs. Ici, tout comme en Amé­rique du Sud, « la conver­sion pas­to­rale concerne prin­ci­pa­le­ment les at­ti­tudes et une ré­forme de vie ». Sans tar­der, nous de­vons faire de cette conver­sion notre pro­gramme de vie en Église.

Nous pen­sons sou­vent à la nou­velle évan­gé­li­sa­tion, à RSus TIRcLIV suV PI « Qys­trVI dMJ­ficMPI dI cIux UuM UuMttent l’Église ». Une conver­sion pas­to­rale fruc­tueuse de­vra né­ces­sai­re­ment ame­ner l’Église à ap­por­ter une « ré­ponse aux ques­tions exis­ten­tielles de l’homme d’au­jourd’hui, spé­cia­le­ment des nou­velles gé­né­ra­tions, en prê­tant at­ten­tion à leur lan­gage ». Notre Église de­vra croi­ser la route de ceux qui souffrent, leur an­non­cer la Bonne Nou­velle. Le mes­sage de Jé­sus reste ac­tuel; il est ca­pable de « ré­chauf­fer le coeur ». Les Béa­ti­tudes et Mat­thieu 25, que vous pro­po­sez comme pro­gramme de vie, contiennent les rai­sons d’un pos­sible re­tour. Et puis, comment ne pas avoir été tou­ché par la te­neur du dis­cours que vous avez don­né à la ca­thé­drale SaintSé­bas­tien le 25 juillet! Oui, il faut « de la pa­gaille dans les dio­cèses! » Comme vous le dites si bien, les jeunes portent la force, sont l’es­pé­rance de l’ave­nir et les vieux, les an­ciens, « doivent ou­vrir la bouche » pour trans­mettre l’his­toire, les va­leurs et la mé­moire du peuple. Je sou­haite ar­dem­ment que les jeunes à qui vous par­liez prennent aus­si conscience que notre ci­vi­li­sa­tion mon­diale est al­lée trop loin. Le culte du dieu de l’ar­gent a de sé­rieuses consé­quences sur leur vie et sur leur ave­nir. Il est juste de dire : « les jeunes doivent sor­tir et se battre pour les va­leurs ». Comme les an­ciens, ils ne doivent pas se lais­ser ex­clure. Mer­ci de nous faire re­dé­cou­vrir la fraî­cheur et la sa­veur du mes­sage évan­gé­lique. Vos pa­roles sont une in­vi­ta­tion pour nous, bap­ti­sés, d’as­su­mer un rôle de co­res­pon­sa­bi­li­té dans notre Église. Comme vous nous l’avez sou­vent de­man­dé, sa­chez que je vous garde dans mes prières.

Bon pape Fran­çois,

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.