Le sort des fran­co­phones va­rie se­lon les pro­vinces et ter­ri­toires

Le Franco - - REVENU DES CANADIENS -

Un peu plus d’un mil­lion de Ca­na­diens ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle font par­tie de la po­pu­la­tion à faible re­ve­nu. C’est donc 14,6 % des fran­co­phones qui se re­trouvent dans cette si­tua­tion se­lon les don­nées sur le re­ve­nu dif­fu­sées par Sta­tis­tique Ca­na­da le 11 sep­tembre.

Ti­rées de l’En­quête na­tio­nale

au­près des mé­nages de 2011, ces don­nées in­diquent que dans six pro­vinces, la fré­quence du faible re­ve­nu est moins éle­vée chez les per­sonnes ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle que chez ceux ayant l’an­glais. Pour Terre-Neuve et La­bra­dor, le Nou­veau-Bruns­wick, la Sas­kat­che­wan et la Co­lom­bieB­ri­tan­nique, on ob­serve plu­tôt le contraire, donc il est plus fré­quent que les fran­co­phones aient un faible re­ve­nu que les an­glo­phones. Sou­li­gnons que le seuil de faible re­ve­nu est éta­bli à 19 460 $ après im­pôts pour un mé­nage d’une seule per­sonne pour un mé­nage de quatre per­sonnes, il est ques­tion d’un peu moins de 39 000 $. Si l’En­quête a été me­née en mai 2011, l’an­née de ré­fé­rence pour les ques­tions por­tant sur le re­ve­nu était 2010. Donc, pour les gens qui ont tra­vaillé pen­dant toute l’an­née 2010 à temps plein, à l’ex­cep­tion du Qué­bec et des Ter­ri­toires du NordOuest, par­tout au pays, les re­ve­nus d’em­ploi mé­dians sont plus éle­vés pour les per­sonnes ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle com­pa­ra­ti­ve­ment à ceux dont la langue ma­ter­nelle est l’an­glais. Si mal­gré cette ten­dance les fran­co­phones du Ter­ri­toires du Nord-Ouest comptent quand même sur un re­ve­nu d’em­ploi mé­dian qui at­teint le deuxième rang juste der­rière le Nu­na­vut, pour sa part, le re­ve­nu d’em­ploi mé­dian pour les fran­co­phones au Qué­bec est le deuxième moins éle­vé, sur­pas­sant de 663 $ ce­lui du Nou­veauB­runs­wick. D’ailleurs, on ne re­trouve que 38 205 per­sonnes ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle dans le 1 % su­pé­rieur. Les Ca­na­diens de­vaient avoir un re­ve­nu to­tal d’au moins 191 000 $ pour ob­te­nir une place dans le pa­lier su­pé­rieur. En pour­cen­tage, des 272 600 per­sonnes qui forment ce 1 % su­pé­rieur, 14 % ont le fran­çais comme langue ma­ter­nelle alors que les an­glo­phones re­pré­sentent 68,56 %. Le reste de ce groupe est for­mé par des gens qui n’ont ni le fran­çais ni l’an­glais comme langue ma­ter­nelle.

Por­trait ca­na­dien

Près de 70 % des Ca­na­diens âgés de 15 ans et plus ont ga­gné un re­ve­nu d’em­ploi, qui consti­tuait à peu près les trois quarts du re­ve­nu to­tal au Ca­na­da. Le pour­cen­tage du re­ve­nu to­tal ti­ré de l’em­ploi était le plus éle­vé dans les trois ter­ri­toires, les Ter­ri­toires du Nord-Ouest ve­nant en tête, à 87,8 %. Par­mi les pro­vinces, ce pour­cen­tage os­cil­lait entre 81,3 % en Al­ber­ta et 68,6 % à l’Île-du-Prin­ceÉ­douard. L’On­ta­rio, où la part du re­ve­nu d’em­ploi s’éta­blis­sait à 74,8 %, était proche du taux na­tio­nal de 74,7 %. Le Ma­ni­to­ba et la Sas­kat­che­wan se si­tuaient lé­gè­re­ment au-des­sus du taux na­tio­nal, à 75,4 % et à 75,6 % res­pec­ti­ve­ment.

Com­pa­ra­bi­li­té des don­nées

Après avoir dû re­por­ter d’un mois la di­vul­ga­tion des don­nées sur le re­ve­nu des Ca­na­diens en rai­son de pro­blèmes tech­niques, Sta­tis­tique Ca­na­da n’est pas en me­sure de com­pa­rer les don­nées re­cueillies sur le re­ve­nu dans l’En­quête na­tio­nale au­près des mé­nages de 2011 avec celles pro­ve­nant des re­cen­se­ments. Si, pour le mo­ment, il est im­pos­sible de faire les com­pa­rai­sons de cou­tume avec les don­nées des re­cen­se­ments, rien n’in­dique que les don­nées de l’En­quête na­tio­nale au­près des mé­nages ser­vi­ront de base de com­pa­rai­son pour les an­nées à ve­nir. « On ne sait pas ce que l’ave­nir nous ré­serve. On ne sait pas si on condui­ra une En­quête na­tio­nale au­près des mé­nages dans trois ans », in­dique l’ana­lyste prin­ci­pal de la di­vi­sion des statistiques sur le re­ve­nu de Sta­tis­tique Ca­na­da, Eric Ol­son. Ce­lui-ci ex­plique que le chan­ge­ment de mé­tho­do­lo­gie n’a pas le même ef­fet sur toutes les don­nées. « Cer­taines des autres ca­rac­té­ris­tiques sont plus im­muables. Il y a aus­si cer­taines ca­rac­té­ris­tiques qu’on re­trou­vait aus­si sur le re­cen­se­ment », ajoute-t-il. Les ta­bleaux dis­po­nibles ac­tuel­le­ment ne per­mettent pas d’iden­ti­fier les va­ria­tions du re­ve­nu en fonc­tion des com- mu­nau­tés fran­co­phones en si­tua­tion mi­no­ri­taire, mais il n’est pas ex­clu que des pro­duits statistiques puissent s’ajou­ter. « On n’a pas fait de res­tric­tions géo­gra­phiques. Les ta­bleaux pré­sen­tés sont des ta­bleaux som­maires, mais il y a au moins un autre ta­bleau pré­vu plus tard », fait re­mar­quer Eric Ol­son.

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