Avoir som­meil et s’en­dor­mir

Le Franco - - CAPSULE LINGUISTIQUE -

La lo­cu­tion avoir som­meil et le verbe s’en­dor­mir ex­priment tous les deux l’idée d’« avoir be­soin de dor­mir », mais ils ne sont pas par­fai­te­ment sy­no­nymes pour au­tant. La lo­cu­tion avoir som­meil si­gni­fie « res­sen­tir une grande en­vie de dor­mir », mais n’im­plique pas né­ces­sai­re­ment l’ac­tion de dor­mir. On peut uti­li­ser cette ex­pres­sion, par exemple, lorsque l’on res­sent une grande fa­tigue qui nous plon­ge­rait dans le som­meil si on avait la pos­si­bi­li­té de dor­mir. Exemples :

- Luc avait som­meil pen­dant la réunion; il a dû bâiller une di­zaine de fois. - J’ai tel­le­ment som­meil que je ne sais pas si je pour­rai re­gar­der le film au com­plet. - Ma­rie a dû conduire à la place de son ma­ri puis­qu’il avait

som­meil. Le verbe s’en­dor­mir si­gni­fie plu­tôt « com­men­cer à dor­mir, en­trer dans le som­meil ». Il est aus­si uti­li­sé au sens fi­gu­ré d’« être moins at­ten­tif à ses oc­cu­pa­tions, faire preuve de né­gli­gence ». En­fin, on no­te­ra dans la langue cou­rante qu’on em­ploie aus­si ce verbe au sens d’« avoir som­meil ». Exemples : - Ni­co­las était si fa­ti­gué qu’il

s’est en­dor­mi sans avoir ré­glé

son ré­veil. - Il avait som­meil en dé­but de soi­rée, mais il ne s’est en­dor­mi qu’à 11 heures. - La po­pu­la­ri­té in­cite cer­tains ac­teurs à s’en­dor­mir dans la com­plai­sance. - Quelques mi­nutes après le dé­but de la confé­rence, j’ai com­men­cé à m’en­dor­mir. (ou : j’ai com­men­cé à avoir som

meil). *Cette cap­sule lin­guis­tique est four­nie par l’Of­fice qué­bé­cois de la langue fran­çaise (OQLF).

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.