Pas de fi­nan­ce­ment, pas de for­ma­tion

Il n’y a pas eu de ren­contre na­tio­nale de pa­rents fran­co­phones cet au­tomne. Faute de fonds, la Com­mis­sion na­tio­nale des pa­rents fran­co­phones (CNPF) a dû sus­pendre pour l’an­née 2013-2014 l’es­sen­tiel des ser­vices of­ferts à ses as­so­cia­tions membres.

Le Franco - - CULTURE - - APF

C’est main­te­nant of­fi­ciel. Res­sources hu­maines et Dé­ve­lop­pe­ment des com­pé­tences Ca­na­da (RHDCC) n’ac­corde pas le fi­nan­ce­ment que ce mi­nis­tère ver­sait par le pas­sé à la CNPF pour ses ac­ti­vi­tés re­liées à la pe­tite en­fance. C’est ce qu’ont in­di­qué le 22 no­vembre der­nier Vé­ro­nique Le­gault, pré­si­dente de la CNPF, et la di­rec­trice par in­té­rim Ghis­laine Pilon, dans une pré­sen­ta­tion sur le thème de la pe­tite en­fance lors du Fo­rum des lea­deurs, or­ga­ni­sé par la Fé­dé­ra­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne (FCFA) du Ca­na­da. Ce fi­nan­ce­ment, d’une va­leur moyenne an­nuelle de 600 000 $, avait ser­vi en 2012-2013 à or­ga­ni­ser, entre autres, une quin­zaine de ren­contres, d’ate­liers et de for­ma­tions. De plus, il per­met­tait à la CNPF de co­or­don­ner les ac­ti­vi­tés en si­tua­tion mi­no­ri­taire du Groupe in­ter­sec­to­riel na­tio­nal en pe­tite en­fance fran­co­phone. Fon­dé en 2003 sous le nom de la Table na­tio­nale en dé­ve­loppe- ment de la pe­tite en­fance fran­co­phone, son but est de fa­vo­ri­ser une ap­proche sec­to­rielle entre par­te­naires pour prio­ri­ser la pe­tite en­fance et faire va­loir l’im­por­tance d’in­ves­tir tôt au­près des pa­rents et de leurs en­fants. La contri­bu­tion de RHDCC re­pré­sen­tait l’an der­nier plus de 70 % du bud­get de l’or­ga­nisme. Fon­dée en 1979 pour four­nir un lea­deur­ship na­tio­nal et des ser­vices d’ap­pui aux or­ga­nismes de pa­rents fran­co­phones de neuf pro­vinces et trois ter­ri­toires, la CNPF dis­pose aus­si an­nuel­le­ment de quelque 235 000 $, dont 212 000 $ pro­viennent de Pa­tri­moine ca­na­dien (PC), pour main­te­nir une pré­sence na­tio­nale et pour oeu­vrer au dé­ve­lop­pe­ment glo­bal de l’édu­ca­tion fran­çaise. Dis­po­sant cette an­née uni­que­ment des ar­gents pro­ve­nant de PC – un « mon­tant qui n’a pas aug­men­té de­puis 10 ans », sou­ligne la di­rec­trice gé­né­rale par in­té­rim –, la ques­tion est po­sée : « Qu’est-ce qu’on fait avec nos em­ployés, dont l’une était avec nous de­puis 12 ans et l’autre de­puis 11 ans », de­mande-t-elle. « Doit-on re­com­men­cer de nou­veau au 1er avril? » La ré­ponse? D’un per­son­nel de quatre au secrétariat na­tio­nal, deux ont été mises à pied : l’agente de dé­ve­lop­pe­ment au dé­but de l’été et l’agente de di­rec­tion et des com­mu­ni­ca­tions fin oc­tobre. Quant à l’agent de dé­ve­lop­pe­ment stra­té­gique ba­sé en Al­ber­ta, sa charge a été ré­duite à trois jours se­maine. De plus, la di­rec­trice gé­né­rale est en congé de ma­la­die. L’in­té­rim est as­su­ré par Ghis­laine Pilon, pré­si­dente de la CNPF de 2002 à 2012, qui ne re­çoit au­cune ré­mu­né­ra­tion et qui ne ré­clame pas de rem­bour­se­ment de frais de dé­pla­ce­ment entre son do­mi­cile dans la ré­gion de To­ron­to, et le bu­reau na­tio­nal d’Ot­ta­wa. Com­ment ex­pli­quer cet état de choses? Il y au­rait la vul­né­ra­bi­li­té tou­jours pré­sente chez un or­ga­nisme qui ne re­çoit pas un fi­nan­ce­ment plu­ri­an­nuel et la len­teur re­con­nue du gou­ver- ne­ment ne­ment fé­dé­ral fé­dé­ral ac­tuel ac­tuel à à rendre rendre ré­ponse. ré­ponse. Le Le fait fait aus­si, aus­si, se­lon se­lon la la CNPF, CNPF, que que le le gou­ver­ne­ment gou­ver­ne­ment semble semble vou­loir vou­loir pri­vi­lé­gier pri­vi­lé­gier la la fa­mille fa­mille plu­tôt plu­tôt que que l’en­fant. l’en­fant. Il Il y y a a en­fin en­fin le le chan­ge­ment chan­ge­ment au au sein sein du du mi- mi­nis­tère nis­tère qui, qui, de­puis de­puis le le re­ma­nie- re­ma­nie­ment ment mi­nis­té­riel mi­nis­té­riel de de juillet juillet 2013, 2013, a a un un nou­veau nou­veau mi­nistre, mi­nistre, Ja­son Ja­son Ken­ny, Ken­ny, et et un un nou­veau nou­veau nom, nom, Em­ploi Em­ploi et et Dé­ve­lop­pe­ment Dé­ve­lop­pe­ment so- so­cial cial Ca­na­da. Ca­na­da. Le fi­nan­ce­ment pour les pro­jets de la pe­tite en­fance « n’était ni pro­mis ni ga­ran­ti, » concède la di­rec­trice gé­né­rale par in­té­rim. « Mais il est tou­jours ve­nu, d’an­née en an­née. Au dé­but, on croyait qu’il était tout sim­ple­ment re­tar­dé, comme c’est sou­vent le cas avec le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral ac­tuel. On est même al­lées per­son­nel­le­ment les ren­con­trer. Il a fal­lu at­tendre une lettre pour ap­prendre que notre de­mande avait été re­fu­sée. » Pour­tant, Pour­tant, la la di­rec­tion di­rec­tion de de la la CNPF CNPF était était convain­cue convain­cue d’avoir d’avoir un un nou­veau nou­veau pro­jet pro­jet ga­gnant. ga­gnant. Ex- Ex­pli­ca­tion pli­ca­tion de de la la di­rec­trice di­rec­trice gé­né- gé­né- rale par in­té­rim : « Nous avions sou­mis un gros pro­jet pour la pré­pa­ra­tion d’un “coffre à ou­tils” pour nos pa­rents fran­co­phones et an­glo­phones pour les ai­der à la mai­son. Un pro­jet de 750 000 $. Et ce n’est pas pas­sé. » La CNPF vient es­sen­tiel­le­ment de perdre une an­née de for­ma­tion et de sen­si­bi­li­sa­tion. Ce­pen­dant, le re­grou­pe­ment ne se compte pas bat­tu pour au­tant. « On va conti­nuer de co­gner aux portes, af­firme Ghis­laine Pilon. Il faut trou­ver un fi­nan­ce­ment et des de­mandes de pro­jets pour l’an­née pro­chaine se­ront sou­mises. » Mais en at­ten­dant, il n’y au­ra « pas de for­ma­tion sans fi­nan­ce­ment ». Il n’y au­ra pas non plus de ren­contres face-à-face des pa­rents, des ren­contres qui per­mettent le temps d’une fin de se­maine, d’échan­ger sur com­ment on fait, chez soi dans sa pro­vince et son ter­ri­toire, pour « in­ves­tir tôt » dans la pe­tite en­fance, pour l’ave­nir de la fran­co­pho­nie.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.